Dans la famille des beat'em all, Guardian Heroes apparaît comme le grand frère modèle. Certes, ses parents étaient là avant lui, certes ce sont eux qui lui ont dicté la plupart de ses règles de conduite, mais dans les faits, c'est lui que ses petits frères admirent et prennent comme modèle. Conçu en 96 par Saturn, Guardian Heroes est venu apporter un immense vent de fraîcheur sur le genre, proposant un scénario étonnamment développé, des modes multijoueurs élaborés, ou encore une progression orientée RPG. Encore aujourd'hui, Guardian Heroes apparaît comme la référence absolue du genre pour de nombreux joueurs. Dans de telles conditions, on comprend sans mal l'impact qu'a pu avoir l'annonce d'un nouveau jeu présenté comme sa suite spirituelle. Ce jeu, c'est évidemment Code of Princess. D'ailleurs, celui-ci ne se contente pas de revendiquer ses influences, mais affiche carrément plusieurs développeurs de Guardian Heroes à ses crédits. Autant dire que ça sent très bon...

Comme pour s'affirmer directement en tant que digne successeur de son estimé modèle, Code of Princess entame par une introduction animée, assez longue pour le genre. Une introduction qui nous présente un monde dans lequel humains et monstres cohabitaient autrefois en paix. Bien entendu, ce n'est plus le cas au moment où se déroule le jeu, les attaques de monstres tendent même à se multiplier à travers le royaume. Dans ce contexte, tout à fait propice au départ d'une aventure très classique, nous est présenté une princesse au statut, à l'allure et à la tenue aguicheuse tout aussi classique. Seul son nom vient jouer les agitateurs puisque la jeune femme répond à l’appellation complètement fantasque de Solange Blanchefleur de Lux. Malheureusement, suite à un quiproquo avec l'armée en place, la famille royale est accusée d'être à l'origine de certaines attaques de villages, ce qui oblige la princesse à fuir de son propre royaume, sans oublier d'embarquer la légendaire épée de Luxcalibur. Comme vous l'aurez deviné, la suite est tout aussi prévisible que sa mise en place : Solange va bien évidemment voyager pour mettre fin à cet infâme complot, tout en se faisant de nouveaux amis pour la vie. Un peu plus étonnant dans cet océan de clichés, le ton de l'histoire se veut très détendu voire carrément parodique par moments. Si on ne prendra pas franchement de plaisir à suivre un scénario très convenu, on aura donc un peu plus de chance d'apprécier les dialogues entretenus par des personnages aussi variés qu'Ali la voleuse, Allegro le sage bidon, Lady Zozo la zombie ou encore le guerrier Master T. complètement idiot. Tout en affichant un scénario dont de nombreux beat'em all se passeraient, Code of Princess a donc le bon goût de ne pas se prendre au sérieux, et cela reste appréciable même si le tout ne vole pas toujours bien haut. Les plus difficiles pourront de toutes façons passer les dialogues rapidement grâce à une fonction skip bienvenue, pour ainsi se concentrer sur le gameplay.


Points forts
- Un gameplay riche et dynamique
- Beaucoup de personnages jouables
- L'aspect RPG, très sympathique
- Un contenu impressionnant...
- ... pour une durée de vie qui l'est tout autant
Points faibles
- Techniquement misérable
- Missions principales trop courtes et répétitives
- Une aventure rythmée à la hache
- Difficulté complètement aléatoire
Quel dommage de voir un jeu alignant un contenu si impressionnant passer à côté du succès au contrôle technique. Extrêmement généreux et plein de bonne volonté, Code of Princess peine malheureusement à convaincre sur son aspect le plus important et cela pourrait légitimement suffire à l'oublier. S'il reste très séduisant sur le papier, avec ses nombreux modes de jeu, son gameplay poussé et sa ribambelle de personnages jouables, il convient donc de faire d'importantes concessions pour profiter pleinement de ce Code of Princess, uniquement proposé en dématérialisé en France.

