Casque et micro rivés sur le crâne, vous vous déplacez virtuellement parmi les débris d’un bâtiment que la nature s’est empressée de se réapproprier. Allongé dans les fougères, vous faites un petit signe à vos coéquipiers qui vous rejoignent, l’arme au poing. La tension est palpable et le silence total. Brusquement, un bruit sourd se fait entendre. Quelque chose de lourd avance lentement vers vous. Votre doigt raffermit son emprise sur la détente… Un tank ? Un blindé léger ? Ce n’est que trop tard que vous comprenez votre erreur. Et alors que le carnotaure vous charge tête baissée, ne comptez pas sur vos alliés pour vous sauver. Ils ne sont plus là, emportés par deux raptors que vous n’aviez même pas vu arriver. Dans un nuage de poudre et d’écailles brisées, la bataille commence. Bienvenue dans Primal Carnage.
Vous voulez dire qu’il y a deux îles avec des dinosaures ?
N’en déplaise à Michael Crichton, qui de toute manière ne peut se plaindre de là où il est, c’est bel et bien le cas. Sur une île inconnue, des scientifiques visiblement inspirés par une série à succès ont créé toute une gamme de dinosaures pour un but autre que celui de la mise en place d’un parc à thème. Comme par hasard, les bestioles n’ont pas tardé à s’échapper et à écharper. Pour réguler ce sacré lézard, toute une bande de mercenaires a répondu à l’appel et se retrouve sur l’île, bien décidée à régler le problème par la force. Difficile de faire mieux quand il s’agit de présenter un contexte intéressant pour un carnage des plus primaux…
Airsaurus A300Saurien en phase d’atterrissage.
Conçu par d’anciens développeurs de Jurassic Park : Opération Genesis au sein du studio indépendant Lukewarm Media, l’idée de base de Primal Carnage est simple : faire combattre en ligne des humains contre des dinosaures, le tout sur différentes maps aussi variées que conséquentes. Si les modes de jeu s’avèrent intéressants et thématisés, tels que "Capture the egg" (Capture de drapeau version "Maman est très en colère") ou encore "Get to the chopper" (le dernier arrivé finit en steak haché), c’est en match à mort que le chaos se fait le plus total. Car si une goutte de sang ne tombe jamais au même endroit (merci Jeff Goldblum), les affrontements offrent une variabilité surprenante, et ce à travers le casting improbable de ses participants.
Sélection non naturelle et théorie du chaos
En tant qu’être humains (normalement), les joueurs seront sûrement attirés dans un premier temps par l’idée de rejoindre l’équipe des mercenaires. Ces derniers se présentent sous une vue à la première personne, et se découpent en cinq classes distinctes, chacune ayant un arsenal, une personnalité et un gameplay unique.
Petite futée…
Armé d’un fusil mitrailleur lance-grenades, le soldat représente la classe à même de défaire la plupart de ses adversaires et de faire le ménage dans une zone pour protéger ses alliés. Une cible privilégiée pour les adversaires, d’autant qu’il est tout sauf invincible ! La scientifique, elle, est plutôt du genre à s’embusquer, fusil sniper dans une main et pistolet tranquillisant dans l’autre. Adepte du tir à longue distance, elle verra les rôles chasseur-chassé s’inverser quand la proie se retrouve au bout du canon de son fusil. Plus adapté à la courte distance, le pisteur saura repousser les dinosaures à coups de fusil à pompe, tout en les aveuglant grâce à ses fusées éclairantes. Gare cependant à ne pas oublier que la portée de ses armes est aussi limitée que leur capacité en munitions ! Le trappeur, quant à lui, est un soutien unique grâce à son lance-filet à même d’immobiliser (au moins partiellement) n’importe quel dinosaure, compensant ainsi son faible potentiel offensif. Enfin, le pyro est l’assaillant courte portée par excellence puisque sa tronçonneuse lance-flammes est capable de faire frire ses adversaires… à condition toutefois que ces derniers ne soient pas trop imposants !
Si les capacités de chacun sont suffisantes pour affronter la plupart des créatures, l’équipe humaine prend tout son sens en jouant ensemble. La faiblesse des uns est compensée par la capacité des autres, rendant ces chers bipèdes plus forts que le plus grand des dinos s’ils fonctionnent de concert. Pour les humains, l'adage "vivre en équipe ou mourir seul" prend tout son sens.
« Vous l’avez retrouvé ? » « Juste les morceaux qu’ils n’ont pas aimés… »
Comme dirait Arnold : ‘Get to da Chopper ! ‘. Même si ici, les ‘predators’ sont différents.
Si les humains sont des combattants hors pair, la nature a créé des adversaires à leur hauteur, dans le seul but de tuer. Les dinosaures ne sont pas seulement uniques dans leur design mais également dans leur gameplay, aussi asymétrique qu’efficace. Et comme chez les humains, cela se conjugue en cinq classes bien précises. Aussi iconique que terrifiant, le T.rex occupe la place d’honneur, capable de dévorer tout adversaire se trouvant face à lui et pétrifiant les autres par son cri. Pour autant, sa taille en fait une cible privilégiée, et son armure d’écailles n’est pas impénétrable. Plus rapide, le carnotaure assoit son statut de taureau carnivore grâce à sa charge surpuissante, capable d'envoyer voler les ennemis quand il voit rouge. Cependant, quelques explosifs pourront sans mal stopper cette fusée squameuse.
Coup de filet sur les carnotaures : quel dilo-dilemme !
Dans un registre plus discret, mieux vaut opter pour le raptor, capable de se glisser dans le dos de ses adversaires pour tailler le bout de gras au sens propre. Mais sauter haut et courir vite ne garantit pas d’éviter les balles… Un peu plus résistant et axé distance, le dilophosaure fera le plaisir des langues de vipères, crachant son venin aveuglant sur ses cibles perdant alors leurs capacités et devenant totalement vulnérables. Enfin, d’humeur plus volatile, le ptéranodon est l’unité idéale pour prendre ses adversaires de haut, puisque doté de la possibilité de voler ! Son œil perçant marquera les ennemis là où hélas sa faible constitution physique le condamnera à ne pouvoir supporter beaucoup plus de dégâts qu’un pigeon d’argile…
S’ils peuvent survivre seuls, les dinosaures ne sont pourtant pas à considérer comme des combattants solitaires. Une équipe mixte peut faire un réel carnage, combinant le marquage du ptéranodon, l’aveuglement du dilophosaure, ou encore la terreur induite par la charge du T.rex. Encore une fois, c’est le groupe qui fait la force, au point de le rendre quasi invincible.
Et le pire, c’est que vous êtes encore en vie quand ils se mettent à table !
Y’a pas de lézard : vous tombez comme des mouches !
Le constat est assez simple : voilà un défouloir aussi efficace que jouissif. Surprenant par ses équipes diamétralement opposées et ses personnages aux capacités fonctionnant sur la base d’un pierre-feuille-ciseaux préhistorique, Primal Carnage est un FPS / TPS compétitif-coopératif unique et dynamique. Si des bugs de collisions et autres effets ragdolls parfois étranges viendront parfois gâcher une partie, le plaisir général ne s’en trouve pas pour autant diminué. Avec un contenu sans cesse renouvelé gratuitement (nouvelles cartes, nouveaux modes, nouveaux skins, nouvelles classes) et un système de jeu aux petits oignons, le joueur trouvera son bonheur durant des affrontements tous différents et une expérience à coup sûr (pré)historique !
Un FPS / TPS compétitif-coopératif avec des dinosaures !
Le système de classes, aussi intuitif qu’efficace
Les équipes au gameplay asymétrique
Les environnements, variés et de taille impressionnante
La réalisation, graphiquement très travaillée
Les DLC gratuits
Le prix (une quinzaine d’euros)
Points faibles
Quelques bugs de textures ou de collision
Le jeu en équipe est déterminant (pas de lone wolf)
Le nombre de joueurs limité sur certaines classes (T.rex par exemple)
Primal Carnage est un titre unique, tant pour son casting improbable que pour ses choix de gameplay. Avec un système de classes simple en apparence, on se rend vite compte de l’importance cruciale de chaque membre de l’équipe, la faiblesse des uns faisant la force des autres. Dans des environnements aussi beaux que grands, les combats surprennent sans cesse, tant par leur intensité que par ce côté jouissif d’incarner par moments des dinosaures surpuissants ou des humains à l’arsenal adapté à toutes les situations. Quant au plaisir, il est à la hauteur du carnage : on ne saurait faire plus primal.
Note de la rédaction
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