La guerre, c'est une affaire d'hommes, de vrais. Avec des bras poilus, un torse musclé et des guns. Et ça c'est pas l'agent Armstrong qui vous dira le contraire, non ma bonne dame ! Vous pouvez d'ores et déjà oublier l'infiltration subtile, les cachettes sous les caisses, Armstrong porte bien son nom : inutile avec Agent Armstrong de jouer dans la finesse.

Ces dernières années, l'industrie vidéoludique a su assez bien faire ressusciter le prototype du héros musclé, viril et au look balafré. Un peu oublié, Duke a malgré tout des héritiers spirituels que l'on peut retrouver dans un Borderlands ou un Shoot Many Robots. Librement inspirés de certains Rambo ou autres Mad Max, ces héros décomplexés sont davantage des caricatures de leurs aînés qui eux, se prenaient sans doute un peu trop au sérieux. C'est dans cette veine que s'inscrit Agent Armstrong sorti un an après Duke Nukem 3D. Et il faut avouer que ce jeu ne va pas se contenter de répondre au cliché du héros de guerre.



- Graphismes15/20
Dès la cinématique d'introduction, on est sous le charme. Une large palette de couleurs au service d'un aspect cartoon très agréable à l'oeil. Les animations sont très fluides et les décors bénéficient d'une véritable direction artistique. Peu de redondance dans chaque série de décors et même à l'intérieur des stages.
- Jouabilité13/20
Les niveaux se suivent et ne se ressemblent pas. On appréciera un level design sobre mais qui aura l'occasion de transformer des phases run and gun répétitives en phases de plates-formes et d'exploration. Le choix d'une 2D à couloir plutôt qu'une 3D isométrique ou qu'une 3D tout court pourra surprendre au premier abord mais se révèle tout à fait charmant. Malheureusement une optimisation un peu douteuse et un angle de caméra mal choisi n'aident pas forcément le joueur à se sentir à l'aise et à bien se situer dans l'espace.
- Durée de vie16/20
Comme de nombreux shoot'em up, la durée de vie est significative. L'agent Armstrong accompagnera le joueur au sein de 30 niveaux où il aura l'occasion d'affronter 5 boss. La rejouabilité est d'ailleurs au rendez-vous étant donné qu'en plus des objectifs principaux à accomplir pour terminer chaque niveau, de nombreux objectifs secondaires seront proposés afin de parfaire l'exploration.
- Bande son12/20
Bien que très convenus, les bruits d'explosions et de balles tirées savent convaincre. On aurait apprécié une plus grande variété de sons, notamment peut-être avec les ennemis que l'on dégomme à toute berzingue. Les musiques ne volent pas très haut, se contentant souvent de reprendre celles entendues dans des films de guerre des années 1970-1980.
- Scénario11/20
Encore une fois, Agent Armstrong ne brille pas par son scénario. Très cliché, il sert davantage de fil rouge pour lier les niveaux entre eux. De plus, il aura tendance à se prendre un peu trop au sérieux, comparé à la jaquette du jeu et la cinématique d'introduction qui auraient supposé une plus grande place à l'humour.
Agent Armstrong a tout pour plaire. Plutôt joli, bien fini avec une direction artistique irréprochable qui vieillit très bien. On notera une certaine sobriété dans le game design, mais qui sera largement au service d'un plaisir de jeu qui saura alterner des phases répétitives et d'autres plus réfléchies. Néanmoins on pourra regretter un manque de partis pris bien assumés : S'agit-il d'un jeu uniquement arcade ou le gameplay est-il au service d'une histoire ? Peu d'éléments permettent de trancher, et même après plusieurs heures de jeu on se demande encore s'il s'agit d'un hommage ou d'une parodie des films de guerre aux héros musclés.