Ce qui a fait le succès de la scène indépendante, c'est en partie le renouveau constant des mécaniques de jeu. Tout commence souvent par une idée, simple mais géniale, capable de donner naissance à un jeu frais n'ayant au final rien à envier aux grosses productions. Hammerfight est là pour nous rappeler que si avoir une idée originale est un bon début, encore faut-il pouvoir la concrétiser.

Depuis l'aube des temps, l'humanité trouve d'étranges machines lorsqu'elle descend dans les profondeurs des abysses. Si manipulées avec soin, ces machines peuvent être modifiées pour voler et pour guerroyer. Les engins étaient partagés entre trois grandes nations en paix : les Kelete, les Kadish et les Gaiars. Un jour, un seigneur Gaiar voulu établir sa domination sur les autres nations. Il se frayât un chemin sanglant jusqu'au sommet, et fonda le premier royaume. En tout logique, les Kelete et les Kadish se rebellèrent, et les Gaiars, vaincus, durent se cacher pour survivre. Le personnage incarné est un jeune guerrier de la tribu Gaiar qui fût emprisonné pendant la guerre, et dont le seul but est de venger les siens en répandant le sang à l'aide de sa machine de guerre. Ces engins sont en fait composés d'un module central auquel est attachée une arme. En effectuant des rotations à l'aide de la souris, l'arme est entraînée et finit par effectuer des mouvements de balancier autour du cockpit. Il suffit alors d'assener l'arme à pleine vitesse sur le cockpit de votre adversaire pour l'endommager, tout en évitant de vous faire percuter par la sienne.



- Graphismes8/20
Techniquement, c'est assez horrible. On croirait jouer à un titre Flash et pourtant on a droit à de graves ralentissements omniprésents. Il faut cependant avouer que le jeu a un cachet bien particulier qui fait son effet. On déambule dans des environnements qui ne sont pas sans rappeler Dune, où les étendues de sables et les monts rocheux côtoient les vers géants. Les décors sont inspirés et on pourrait penser que les graphismes sont un des points forts du jeu si le tout n'était pas aussi mal rendu. Mentionnons aussi que si les effets pendant les combats ne sont pas laids, ils rendent tout simplement l'action illisible.
- Jouabilité6/20
Contrôler un vaisseau autour duquel se balance une arme est original et pourrait même être plaisant si autant de défauts ne venaient pas gâcher le tout. Pour apprécier Hammerfight, il faut passer outre des mouvements de la souris mal calibrés, un immense temps d'adaptation, un moteur qui capote sans raison et fait déraper l'engin, des ennemis qui bloquent complètement les mouvements, qui disparaissent de l'écran ou se cachent derrière l'interface, sans oublier de nombreux ralentissements... Heureusement que les différentes armes et combinaisons viennent varier les possibilités.
- Durée de vie8/20
L'aventure n'offre qu'environ cinq heures de jeu et si des modes à débloquer au fil de la partie viendront enrichir le tout, ce ne sera que pour une courte durée. Le soft ne donne pas envie d'y revenir car après une longue période de temps sans jeu il faudra longtemps avant de se réadapter au gameplay particulier. Quand au multijoueur, pas la peine d'y penser. Le mode online n'a jamais été disponible et le offline ne se joue qu'en branchant d'autres souris à l'ordinateur. Quand on sait que le manque de place pour les mouvements amples de la souris est un des principaux problèmes de gameplay, on comprend que ce n'était peut-être pas la façon la plus efficace de faire les choses.
- Bande son14/20
Sans doute le plus gros point fort du jeu. Les musiques sont peu nombreuses mais de très bonne facture et on pourrait probablement les apprécier si elles n'étaient pas presque constamment enterrées sous la cacophonie des combats. Non pas que les bruitages soient mauvais ; il y en a seulement tellement que ça devient incompréhensible. L'atmosphère guerrière est tout de même bien retranscrite grâce à de bonnes idées, comme l'effet assourdissant qui atténue tous les autres sons lorsqu'une déflagration se produit près du vaisseau.
- Scénario11/20
L'histoire raconte la traditionnelle lutte de clans pour le contrôle du pouvoir et se révèle presque sans aucun rebondissement. Le jeu à tout de même le mérite de proposer plusieurs intersections scénaristiques mais, sauf pour le choix final, elles ramènent toutes au même point et le scénario global reste donc linéaire. De plus, les textes sont uniquement en anglais et d'un niveau plutôt élevé. Mais le plus intéressant reste l'atmosphère "Dunesque", le monde s'inspirant fortement de la culture arabe et, au final, on se laisse séduire par les environnements dans lesquels on évolue.
Hammerfight est doté d'une atmosphère intéressante et prenante et de musiques de haute volée. Certes, les graphismes sont laids, mais là où le bât blesse vraiment, c'est dans l'exécution du gameplay. S'adonner à la création d'un tout nouveau jeu si différent des normes est périlleux, et ici, c'est l'accumulation d'une montagne d'erreurs liées au maniement de l'engin qui font que l'expérience est décevante. Dommage, car lorsque la formule fonctionne, on se prend vraiment au jeu et on profite de grands moments de plaisir. Un jeu original mais mal exécuté donc, et dont l'expérience de création pourrait sans doute servir aux développeurs pour faire une suite qui en reprendrais le concept mais en améliorerait les contrôles.