Deux ans se seront quasiment écoulés entre le premier Alan Wake et cette nouvelle épopée de l'écrivain maudit. Si d'un point de vue purement technique, l'aspect visuel stagne tout en se complaisant dans un univers graphique ayant déjà fait ses preuves, l'histoire délaisse la ville de Bright Falls pour nous transporter dans un monde télévisuel mû par un flot de ténèbres incessant. Est-ce une bonne raison pour y avancer afin d'en percer les mystères ? Voici quelques lignes qui pourront faire office de phare dans la nuit.

Vous connaissiez Alan Wake l'écrivain mais saviez-vous qu'en plus d'être un auteur à succès, l'homme avait également officié pour la télévision et plus particulièrement le show Night Springs ? Non ? Eh bien, American Nightmare vous propose de plonger dans l'un des épisodes de cette série dont Alan se révèle être le scénariste mais aussi le principal protagoniste. Si l'idée a le mérite d'être intéressante, elle permet également de faire le lien avec le jeu original par le biais d'un travelling nous présentant Barry, endormi devant son poste de télévision diffusant ledit épisode de Night Springs. Pour autant, si la qualité d'écriture est une fois encore indéniable, on regrettera que le tout ne soit qu'un spin-off du jeu de base et délaisse de facto la plupart des personnages principaux. De fait, si les clins d'oeil abondent par le biais d'émissions radio ou de pages de manuscrits, l'impression de passer à côté de quelque chose d'important prévaut et ce n'est pas la fin ouverte qui nous fera dire le contraire. Pour autant, la progression reste limpide même si elle aurait gagné à être plus solide via un synopsis plus conséquent. Pour pallier cet état de fait, les développeurs ont donc choisi la solution la plus simple consistant à orienter leur bébé vers l'action pure et dure.


- Graphismes14/20
Moins torturé et recherché que le jeu original, Alan Wake's American Nightmare n'en reste pas moins très agréable graphiquement, même si le rendu semble encore une fois un peu daté sur PC. Rendant hommage à quelques figures incontournables de l'Amérique profonde, le soft nous propulse dans un univers télévisuel peuplé de créatures inédites bien plus véloces et belliqueuses que par le passé et trois environnements relativement vastes.
- Jouabilité14/20
Sur ce point, Remedy n'a quasiment rien modifié, le gameplay étant identique à celui des précédents épisodes. On pourra alors regretter une caméra parfois trop proche afin de bien anticiper les attaques ennemies. A part ce détail, on trouve une belle panoplie d'armes dont la clouteuse représente un morceau de choix. Notons enfin qu'Alan s'essouffle moins vite et que vous pourrez visualiser sa santé sous la forme d'une jauge prévue à cet effet même si on optera davantage pour l'absence de HUD synonyme de plus grande immersion.
- Durée de vie12/20
Il vous faudra entre 4 et 5 heures pour terminer l'aventure solo qui se révèle plus facile que celles des opus précédents. Le mode Arcade ne servant pas à grand-chose, on en fera vite le tour d'autant que le seul objectif est de débloquer les cinq maps de base en version Cauchemar.
- Bande son17/20
S'il est très frustrant de ne pas avoir droit aux très bons doublages français, il faut avouer que la version anglaise se montre à la hauteur. De plus, ce nouveau chapitre d'Alan Wake fait encore une fois montre d'une grande qualité sonore tant dans les bruitages que les musiques choisies pour accompagner notre aventure.
- Scénario12/20
En s'inspirant de La Part des Ténèbres de Stephen King tout en jouant avec les codes des séries télévisées, à commencer par The Twilight Zone, le scénario d'American Nightmare avait de quoi titiller notre curiosité. Malheureusement, et ce malgré une bonne qualité d'écriture, le tout reste un peu trop décousu pour convaincre sans parler des personnages gravitant autour d'Alan qui brillent ici par leur absence ou une construction bloquée dans une boucle temporelle. On regrettera également une fin relativement frustrante mais aussi porteuse d'espoir quant à une éventuelle suite.
Bien que se replonger dans l'univers d'Alan Wake soit des plus délectables, on pourra néanmoins regretter la dimension «action» omniprésente. Si on peut comprendre qu'il était difficile de développer les personnages ou bien encore l'histoire via le format «jeu téléchargeable», on regrettera l'aspect spin-off de l'histoire originale même si le tout entretient bien entendu des liens très forts avec cette dernière et une construction honteusement redondante légitimée par son scénario. Cependant, entre les nombreux hommages à Rod Serling et Stephen King, la réalisation efficace, l'excellente bande-son, la nouvelle panoplie d'armes et le plaisir procuré, on aurait tort de bouder notre plaisir d'autant qu'Alan est encore loin de s'être complètement réveillé.