Précurseur du J-RPG moderne, Dragon Quest est indéniablement la série qui a lancé le jeu de rôle sur consoles. Puisant son inspiration dans des jeux phares tels que Ultima ou Wizardry, ce premier épisode de la série conserve les rouages classiques du jeu de rôle tout en y accolant diverses idées novatrices encore jamais vues auparavant.

Dragon Quest paraît au Japon en 1986. Son succès est alors inimaginable puisqu'il ne tarde pas à devenir une référence absolue du jeu de rôle et une icône à part entière auprès des joueurs. Malheureusement le constat est tout autre concernant l'Europe puisque le jeu n'est jamais sorti sur le continent. Il arrive néanmoins aux Etats-Unis en 1989 sous l'appellation de Dragon Warrior. Dans le fond, Dragon Quest est très classique, sa structure s'inspire grandement des règles du jeu de rôle papier Dungeons&Dragons. De même, le scénario se résume simplement à sauver une princesse, éliminer un être démoniaque et ramener la paix sur le royaume. Alors comment expliquer son incroyable succès ? En fait, Enix décide de jouer la carte de l'innovation et d'ébranler les habitudes des rôlistes. L'éditeur opte pour un héros prédéfini possédant sa propre histoire et le place au cœur d'un monde à la fois naïf et fantastique, là où les jeux de rôle habituels restent sur l'optique d'un héros créé par le joueur, sans aucune histoire personnelle et dans un univers sombre. D'autre part, les combats ne se font plus en temps réel mais au tour par tour, séparant complètement les phases d'exploration des affrontements. Au-delà, le travail artistique est tel que le jeu baigne dans une ambiance vraiment unique, son univers heroïc-fantasy s'avère enchanteur tout en étant bercé par une bande-son étonnante. Le gameplay lui-même en devient plus profond et avec une difficulté poussant constamment le joueur à s'investir pour avancer. Bien sûr, tout ceci paraît complètement archaïque à notre époque, surtout avec un seul personnage jouable et si peu charismatique. Mais il faut bien comprendre que Dragon Quest pose les bases du J-RPG tel qu'on le connaît aujourd'hui, au point qu'elles restent maintenant quasiment inchangées depuis plus de vingt ans.




- Graphismes15/20
Supervisés par Akira Toriyama, le fameux créateur du manga Dragon Ball que l'on retrouvera bien plus tard sur le jeu Chrono Trigger, les environnements de Dragon Quest restent bien sûr très minimalistes mais satisfaisants pour la NES. C'est certes sommaire mais on prend un plaisir certain à voyager entre toutes ces villes en parcourant une mappemonde cohérente où se côtoient arbres, montagnes et grottes en tout genre. On reste en outre impressionné par le travail effectué sur le rendu des monstres.
- Jouabilité14/20
Dragon Quest a un côté hardcore, ne le cachons pas, c'est un peu la marque de fabrique de la série. Il est impossible d'avancer dans le jeu sans de longues sessions de leveling, sans parler des équipements vraiment onéreux. Si vous n'avez aucune patience et que vous n'êtes pas du genre hargneux, passez votre chemin. Le menu quant à lui n'est pas non plus une référence en la matière, un système déjà vu dans d'autres jeux de rôle et clairement horrible niveau ergonomie. L'exploration reste tout de même agréable malgré de nombreux allers-retours obligatoires, et les combats sont assez novateurs car au tour par tour avec votre adversaire face à vous. A noter pour finir que seule la version américaine dispose d'une sauvegarde intégrée à la cartouche, la version japonaise ayant quant à elle une sauvegarde à code.
- Durée de vie14/20
A la louche, la quête principale se boucle en 2 ou 3 heures facile. Mais comme il faut un niveau et un équipement décents pour traverser chaque nouvelle zone de jeu, la durée de vie augmente considérablement de plusieurs heures. En soi ce n'est pas un mal mais l'obligation de cumuler autant de combats les uns après les autres casse complètement la dynamique de jeu et c'est plutôt regrettable au final. Le plus drôle, c'est que la cadence des combats aléatoires en eux-mêmes n'est pas énorme donc il faut inlassablement faire des va-et-vient sur la carte dans l'espoir de croiser un monstre.
- Bande son16/20
La bande-son est composée par Koichi Sugiyama que l'on retrouve tout le long de la série. Celui-ci nous propose des thèmes harmonieux et immersifs mais malheureusement vite redondants. La musique de combat par exemple va clairement vous sortir par les oreilles. Les bruitages en combat sont de leur côté encore très peu développés mais on reconnaît déjà les sonorités mythiques de la série. On apprécie également d'écouter le thème principal de Dragon Quest qui n'a pas changé depuis tout ce temps.
- Scénario15/20
Le scénario proposé par Yuji Horii est d'une simplicité déconcertante, la première partie consiste à sauver la princesse et la seconde à trouver et éliminer Dragon Lord. Il n'en reste pas moins que l'aventure en elle-même est suffisamment rodée pour captiver le joueur d'un bout à l'autre malgré tous ces combats obligatoires. Il faut quand même mentionner que ce premier opus contient déjà quelques futures références inhérentes à la série, notamment par le roi vous donnant l'expérience restante pour atteindre le prochain niveau ou le bestiaire avec le fameux Slime. Le côté religieux est quant à lui réduit à son strict minimum. En outre le jeu propose de collecter différents objets nécessaires pour parvenir au boss de fin, apportant donc un peu de diversité durant votre périple. Un moindre mal après avoir passé son temps à faire du leveling et des allers-retours en pagaille.
Malgré des défauts certains qui seront très vite corrigés par la suite, le jeu reste un pilier du genre. Cette note prend surtout en compte le fait que Dragon Quest est complètement novateur en son temps et qu'il apporte des bases que l'on retrouve toujours dans les J-RPG modernes. Il s'agit tout bonnement d'un monument du jeu vidéo, le père fondateur d'une saga mémorable que tout amateur se doit de tester pour connaitre l'origine du jeu de rôle sur consoles.