Alors que les jeux vidéo font souvent la part belle aux personnages beaux et musclés (ou siliconés), Palace Software décide de se démarquer en proposant aux joueurs d’incarner une vilaine petite sorcière au long nez et au sourire narquois. Si cela ne vous effraie guère, enfourchez votre plus beau balai car la nuit tombe, et les ombres vous y attendent.

L'Amstrad CPC peut se targuer d'avoir une ludothèque riche et variée et c'est avec une certaine curiosité que l'on s'essaye à Cauldron. En s'emparant de la jaquette du jeu, on reconnaît tout de suite la patte de Palace Software habitué aux softs matures faits d'univers sordides et torturés (Evil Dead, Barbarian : Le Guerrier Ultime). Dans Cauldron (chaudron en français), le joueur incarne une sorcière qui vit recluse dans une forêt où les chauves-souris et autres abominations sont légion. L'objectif du jeu est simple, il faut aider notre héroïne à vaincre son ennemi juré, une citrouille maléfique. Mais avant de vous lancer dans cet affrontement final, il vous faudra récupérer huit ingrédients afin de concocter une potion qui vous rendra assez fort pour vaincre votre ennemi. Ces ingrédients se trouvent dans des grottes dont l'accès requiert des clés qui se trouvent disséminées dans le monde relativement vaste du soft.



Sur le plan graphique, le titre offre des décors épurés mais particulièrement immersifs. La sorcière prend vie grâce à un sprite animé, assez bien réalisé, même si elle a tendance à se fondre dans la forêt lors des passages terrestres. Alors certes, les graphismes accusent le poids des années mais même aujourd'hui, cela reste tout à fait jouable. Côté son, le soft vous plonge dans un silence assourdissant qui n'est interrompu que par de rares bruitages sommaires.
Au final, avec son monde totalement ouvert et ses deux types de gameplay réunis dans un seul titre, Cauldron peut se targuer de figurer parmi les meilleurs jeux de l'Amstrad CPC. Malgré une difficulté particulièrement frustrante, l'ambiance qui se dégage de ces environnements nocturnes ne peut vous laisser indifférent.
- Graphismes12/20
A défaut de profiter de graphismes de haute volée, le soft parvient à installer une atmosphère particulièrement immersive et qui colle parfaitement à notre petite sorcière. Plongé dans une obscurité permanente, seuls les oiseaux de nuit apprécieront réellement le choix du studio.
- Jouabilité14/20
Offrant un monde ouvert dépourvu du système classique de levels, Cauldron mélange efficacement des phases de shoot’em up avec des phases de plates-formes vraiment ardues du fait de l’absence de défilement continu. Le saut lent et rigide de la sorcière n’aide en rien lors de ces passages mais cela donne un cachet atypique au soft.
- Durée de vie10/20
L’extrême difficulté risque bien de vous contraindre à stopper net la recherche des ingrédients. En outre, les joueurs les plus acharnés s’attarderont à cette quête épique qui nécessite l’apprentissage de chaque passage. Avec une zone extérieure assez grande et quatre grottes relativement profondes, vous aurez tout de même de quoi visiter avant d’affronter la citrouille maléfique.
- Bande son/
Le soft est dépourvu de thèmes musicaux durant les phases de jeux, seuls quelques rares bruitages vous sortiront de votre torpeur.
- Scénario/
Seul le synopsis présent dans la notice présente l’histoire du jeu assez simpliste.
Bien que la réalisation du soft soit très épurée et que son extrême difficulté puisse s’avérer rebutante, on ne peut nier l’empreinte qu’a laissée Cauldron grâce à son univers atypique et immersif. La jaquette résume parfaitement l’ambiance lugubre dans laquelle vous serez plongé. Mêlant avec brio plusieurs genres, le soft parvient à offrir une expérience de jeu unique. L’adage : "C’est dans les vieilles marmites que l’on fait les meilleures soupes.", n’a jamais été aussi vrai.