Alors que GG Aleste avait déjà assouvi nos désirs les plus inavoués de carnage et de destruction sur Game Gear, le studio Compile a jugé bon de remettre le couvert en nous concoctant une suite : Power Strike II (GG Aleste II au Japon). Après un excellent premier volet qui avait suscité chez nous les critiques les plus dithyrambiques, nous voilà à présent bien embêtés. Pardon ? Vous voulez savoir si le jeu est décevant ? Bien sûr que non, soyez sérieux un instant ! En réalité, il va même jusqu’à supplanter son prédécesseur sur tous les plans, quitte à le reléguer au rang d’ébauche ou de démo peu inspirée. Mais le problème, c’est en fait que nous avons épuisé notre stock de superlatifs en tout genre ! Il va dès lors s’avérer bien difficile de trouver les mots pour décrire cette véritable incarnation de la perfection dans le domaine du shoot'em up.

En fait, Power Strike II, c'est GG Aleste puissance dix. Voilà une première affirmation qui a le mérite d'être claire et à partir de laquelle nous pouvons tirer deux enseignements. Premièrement, ne vous attendez pas à un relifting complet du système de jeu, ce dernier étant en fait une copie conforme du dernier épisode. Pour ceux qui ne connaîtraient pas, sachez qu'il s'agit d'un shoot'em up à scrolling vertical qui fait la part belle aux réflexes et qui se base sur l'évolution progressive de l'armement. Les ennemis étant de plus en plus nombreux et puissants, il faudra ainsi ajuster constamment votre puissance de tir pour avoir une chance de les envoyer en enfer. Deuxièmement, ce Power Strike II humilie complètement son prédécesseur sur le plan technique. Les graphismes sont plus beaux, les musiques sont plus inspirées et, surtout, l'action est plus endiablée, intense et soutenue que jamais. La Game Gear donne absolument tout ce qu'elle a et parvient constamment à nous surprendre.




- Graphismes18/20
Nous n’allons pas y aller par quatre chemins : Power Strike II exploite à merveille les capacités de la Game Gear et s’impose comme un des plus beaux jeux de la ludothèque de cette machine. Outre la taille impressionnante de certains sprites, la diversité des ennemis rencontrés ou les très réussis effets de profondeur et de 3D, c’est surtout la fluidité indéfectible de l’action qui impressionne. Devant ce déluge ininterrompu d’ennemis et de boulettes, on en vient parfois à se demander si la console ne risque pas de prendre feu ! Mais non, elle est toujours là, fidèle au poste, forte et vaillante. Bien joué ma petite.
- Jouabilité18/20
Ne demandant aucune phase d’apprentissage et misant tout sur la simplicité, le shoot de Compile ravive chez nous les instincts les plus primaires de plaisir immédiat. Le vaisseau se déplace de façon instinctive, les différentes armes permettent de varier les plaisirs et, surtout, l’action intense et interrompue ne laissera aucune place à l’ennui ou à la lassitude. Le gameplay étant d’une précision maladive et les ennemis se mouvant de façon très limpide à l’écran, vous ne pourrez en vouloir à personne d’autre qu’à vous-même en cas d’échec.
- Durée de vie15/20
Comme pour tout représentant de la série des Aleste qui se respecte, les niveaux sont extrêmement longs et semés d’embûches en tout genre. Les avant-boss vont et viennent régulièrement et ces affrontements peuvent facilement s’éterniser, en particulier si vous ne disposez pas d’un arsenal suffisamment puissant. Le jeu étant sensiblement plus dur que son illustre prédécesseur, attendez-vous à devoir le recommencer plusieurs fois avant d’en voir le bout. Le niveau de difficulté est ajustable en option (tout comme la vitesse de déplacement du vaisseau d’ailleurs) mais de toute manière, la dose de fun procurée par ce jeu peut rapidement devenir une drogue. Pensez d’ores et déjà à réserver une place chez les « gameroliques anonymes ».
- Bande son17/20
C’est tout de même incroyable de voir ce dont est capable un processeur sonore aussi limité que celui de la Game Gear. Derrière ces petits bips-bips intempestifs se cache un potentiel en réalité pratiquement illimité. Pour l’exploiter, il faudra toutefois faire preuve d’une grande dose de talent en prenant la peine de composer des mélodies accrocheuses qui se retiennent facilement. C’est un pari gagné haut la main par Power Strike II qui, rien que pour sa qualité sonore et la présence d’un sound test, mérite que l’on s’y intéresse. Les bruitages sont quant à eux simples et en parfaite adéquation avec la violence des massacres qui se déroulent à l’écran.
- Scénario/
Si un maigre scénario (ou plutôt « prétexte ») est bien existant, les développeurs n’ont de toute évidence pas jugé bon de l’évoquer au sein même du jeu. Et puis de toute façon, nous sommes là pour rosser de l’alien, pas pour bavasser !
Digne successeur de GG Aleste, Power Strike II réussit l’exploit de supplanter son mythique prédécesseur sur absolument tous les plans. Les mots semblent bien futiles pour décrire le niveau de qualité imposé par ce shoot'em up rapide, nerveux et misant tout sur le plaisir immédiat. Afin d’éviter de nous perdre dans d’improbables envolées lyriques, optons pour la sobriété et la concision : Power Strike II est le meilleur shoot'em up disponible sur consoles portables 8 bits et nous rappelle constamment que le fun n’est pas dépendant de graphismes haute définition et de processeurs surpuissants. Voilà, comme ça c’est dit.