Les aficionados de dessins animés connaissent sans doute les Animaniacs, une série de la Warner contant les aventures de trois jeunes frères et sœurs nommés Yakko, Wakko et Dot. Forte d'une grande popularité dans les années 90, en raison notamment d'un ton décalé et excentrique, la saga a logiquement fait l'objet d'adaptations vidéoludiques sur les consoles de l'époque. C'est Konami qui s'est occupé de ces adaptations, et nous allons aujourd'hui nous pencher sur la version Megadrive, sortie en 1994.

Le scénario du jeu s'inscrit dans la droite lignée de celui du dessin animé. Vous incarnez donc Yakko, Wakko et Dot Warner, lesquels ont été enfermés dans un château d'eau alimentant les célèbres studios américains. Jugés trop dangereux et trop en avance sur leur temps par les pontes de la société, nos trois amis prisonniers vont tout mettre en oeuvre pour s'échapper du château qui leur sert de geôle. Une fois arrivés à leurs fins, et enfin débarrassés de leurs chaînes, ils décident de se venger en semant la pagaille dans les studios. En avant pour l'aventure !

Bref, on passe plus souvent son temps à réfléchir et à examiner le tortueux level design qu'à foncer tête baissée à travers les stages. Cela confère au soft une dimension stratégique qui, si elle ne plaira pas à tout le monde, a au moins le mérite d'apporter un vent de fraîcheur dans le monde souvent très linéaire des jeux de plates-formes. De plus, elle donne au titre une durée de vie assez longue, tant les énigmes et les puzzles disséminés çà et là sont parfois complexes.
Les niveaux justement, parlons-en. Ils sont au nombre de quatre, et les Animaniacs pourront les traverser dans l'ordre qu'ils voudront étant donné qu'ils sont tous sélectionnables dès le début du jeu grâce à une carte. Nos héros traverseront donc pêle-mêle les studios de la jungle, de la science-fiction, du western et ceux des films d'horreur. Ce sera l'occasion pour eux de rencontrer d'autres personnages de la série comme Ralph le garde, Nounou l'infirmière ou encore les pigeons voyageurs Bobby, Presto et Squit.

Avec Animaniacs, on a donc affaire à un titre maîtrisé qui tire pleinement profit des capacités de la 16 bits de Sega et qui n'a pas franchement de points faibles, si ce n'est peut-être un environnement sonore un peu décevant. On n'aurait pas craché non plus sur un ou plusieurs mondes supplémentaires à visiter, mais ne boudons pas notre plaisir car la Megadrive nous offre ici un jeu de plates-formes/réflexion comme il en existe peu sur ce support.
- Graphismes17/20
Les niveaux sont beaux et très colorés, et ils ont le mérite d'être parfaitement dans le ton du dessin animé. L'animation de tous les protagonistes est également très réussie. Mention particulière quand même à nos trois héros de la Warner, qui bénéficient de mouvements et de mimiques souvent très drôles.
- Jouabilité17/20
Il fallait une excellente maniabilité pour profiter pleinement de ce titre, tant on est souvent amené à alterner entre les différents personnages. Ca tombe bien, la jouabilité est excellente en tout point de vue, et les différentes actions de nos héros répondent à la perfection.
- Durée de vie15/20
L'aspect réflexion du titre est assez mis en avant, de telle sorte qu'il faut souvent se creuser les méninges pour se sortir de certaines situations. On met donc un certain temps à voir le bout de l'aventure, qui comporte quatre niveaux. On aurait cependant aimé en avoir un ou deux de plus. A noter la présence de mots de passe entre chaque zone.
- Bande son13/20
Bof... Les thèmes se laissent écouter mais il faut reconnaître qu'ils tapent vite sur les nerfs. Les bruitages redressent un peu la barre et sont très bons.
- Scénario14/20
Les trois de la Warner ont réussi à sortir de leur château d'eau. Leur objectif : semer la zizanie dans les différents studios de la firme. Un scénario qui ne surprendra pas ceux qui connaissent bien le dessin animé.
Cet Animaniacs sur Megadrive est un titre extrêmement plaisant à parcourir. Un peu de plates-formes, beaucoup de réflexion : le titre est varié et est doté d'un gameplay original, grâce notamment à la présence de trois personnages jouables simultanément. Il est de surcroît très bien réalisé et respecte à la lettre l'univers loufoque des héros de la Warner. On a donc affaire à un excellent titre ce qui, pour un jeu adapté d'un dessin animé, est assez rare pour être souligné.