Ne vous êtes-vous jamais demandé comment un produit classique peut-il à chaque parution et sans réelles innovations drainer des foules ? Dans le cas récurrent de Mega Man, l’interrogation est plus que jamais présente et nous sommes allés lui chercher réponse. La série parut en 1987 sur Nes et est depuis devenue une véritable franchise qui ne compte plus les spin-off, remakes, portages et autres adaptations animées. A la faveur de Mega Man X la deuxième déclinaison de la série, la Game Boy Color accueille l’épisode Mega Man Xtreme pour une énième aventure plates-formes en univers cybernétique.

Le synopsis de Mega Man est celui d'un monde d'extrême avancée robotique, en proie à la vilenie d'un scientifique. C'est dans ce contexte trouble qu'intervient Mega Man (Rockman en V.O), l'androïde doué d'émotion créé par le Pr. Light qui prend à contrecœur la voie des armes pour restaurer la paix. Débutée sur Super NES et PC, la série Mega Man X prend place un siècle après les faits d'origine. Le monde voit l'émergence des Réploïdes, génération ultime d'androïdes basée sur X la dernière évolution en date de Mega Man. X doit affronter des Réploïdes dissidents les Mavericks, au sein de l'unité Maverick Hunter. Dans Xtreme qui fait suite à Mega Man X2 sur Super NES, l'ordinateur central Mother Computer a été piraté par un Maverick puissant nommé Techmo. Ainsi X va avec l'aide de Zero et Middy un génie informatique, découvrir la source du tumulte en s'infiltrant dans le monde virtuel de Mother Computer. Là, nous ferons la connaissance de plusieurs gardiens de niveau ennemi (Huit au total), tous plus patibulaires les uns que les autres. Chaque boss d'étape est associé à un élément et à un thème environnemental, de Chill Penguin pour la glace et la banquise à Flame Stag pour le feu et la montagne. Ce qui suggère, une aventure colorée mais qui demandera du répondant au jeu de X pour s'en sortir.



Appelant plus le téméraire qui est en nous, Mega Man Xtreme s'affirme comme maillon scénaristique bien trouvé et surtout un moment de dépassement de soi plaisant. Sur Game Boy Color comme ailleurs, nous y jouerons aussi pour la fierté de le terminer qu'on voudra renouveler à chaque opus.
- Graphismes13/20
Sans véritable inspiration, Capcom nous sert toutefois quelques jolies artworks en gros plan lors d’événements scénaristiques majeurs. Hormis les boss, les ennemis sont quelconques. Les couleurs de la portable de Nintendo donnent tout ce qu’elles ont mais face au design pauvre et aux détails rares le résultat est figé.
- Jouabilité15/20
Classique et efficace, la prise en main rassure immédiatement mais le peu d’actions possibles inquiète pour le plaisir à long terme. C’est alors que l’on adjoint au soft les situations les plus insoutenables, qui relèvent du brio à chaque victoire. Le jeu se parcourt le pouce sur la touche de saut avec un doigté de dosage digne d’un chimiste. Recommandation aux non habitués des acrobaties entre boutons, configurez la charge du canon et le tir continu en mode automatique. Plusieurs augmentations de pouvoirs viennent fignoler le gameplay dont l’inflexibilité est assurément le point fort du titre.
- Durée de vie14/20
Une fois que la mesure du titre est prise, il est possible de terminer Mega Man Xtreme en une demi-journée. Effectivement, plus de 4 heures car même les plus vifs ne manqueront pas de s'y prendre par deux fois face aux boss dignes de l’ère arcade. Et les plus tenaces qui s’attaqueront une seconde fois aux Mavericks en mode extrême seront gratifiés de détails scénaristiques supplémentaires. Un bon casse-tête d’après-midi ou par prises au compte-gouttes.
- Bande son13/20
Plus entêtante dans l’ensemble, l’ambiance sonore de la série paie les frais de son style électro devenant énervant dans des haut-parleurs pas très performants. Les dialogues sont muets et il n’est pas évident de distinguer les nuances entre les différents thèmes. Les bruitage sont malgré tout assez dignes.
- Scénario14/20
L’histoire des relations hommes machines avec en point d’orgue le débat sur l’humanisme, n’est nullement présentée ici comme c’est souvent le cas dans ce contexte. X en Néo, Middy en opérateur de la matrice et Zero en support intermittent qui s’attaquent aux Mavericks, est surtout une excuse pour retrouver l’esprit Mega Man sur portables. La trame s’inscrit dans la série générale avec cohérence. Sans être bouleversé, on apprécie l’univers futuriste et le caractère revêche de Zero, le reste étant du cent fois vu.
Sur la première console portable couleur de Nintendo, Mega Man ne déroge pas à sa propre règle. Poussé au culte du mérite par la difficulté, le joueur exulte à chaque boss vaincu et upgrade obtenu : une rythmique addictive digne du RPG. Même si pour l’épisode Xtreme on a droit à des épreuves moins longues que celles sur support de salon, le défi reste intact. Bien qu’intransigeante, au vu des opus qui pérennisent la saga cette recette se révèle être de bon goût. Nous souhaitons donc bonne continuation au personnage de métal et de cœur de Keiji Inafune dans des aventures encore plus intrépides.