Sauver la princesse, sauver le royaume, sauver le monde... assez ! Obtenir le pouvoir suprême, voilà qui est plus intéressant n'est-ce pas ? Pour une fois, laissons notre égo et notre folie s'exprimer, puisque c'est ce à quoi nous invite Pandemonium 2, jeu de plates-formes développé en 1997 par Toys for Bob sur PlayStation première du nom.

Nous avons ici deux héros assez particuliers : d'un côté la plantureuse enchanteresse Nikki qui souhaite augmenter considérablement ses pouvoirs, de l'autre Fargus, le bouffon aux tendances pyromanes qui, aidé de son sceptre vivant Sid, souhaite refaire l'univers à son image ! La quête du pouvoir suprême, renfermé au cœur de la Comète aux Infinies Possibilités, les amène tous deux sur le chemin de la terrible Reine Zorrscha, souhaitant elle aussi profiter des ressources de la Comète pour combler ses désirs pervers de domination sur la contrée de Lyr. Les deux héros du premier Pandemonium! de 1996 ont donc poursuivi sur la pente glissante de la soif de pouvoir, qui les avait auparavant poussés à invoquer par erreur un monstre dévorant tout le pays ! Ce deuxième opus aggrave encore la folie non seulement de ses héros, mais aussi et surtout de ses niveaux et de leurs ambiances.





- Graphismes16/20
Sans faire l'impasse sur la médiocrité de certaines textures, la qualité graphique du jeu ne l'empêche toutefois pas de dégager cette aura de folie qui lui est si particulière, grâce à l'inventivité des éléments et des arrière-plans. Si la petitesse des protagonistes au sein de l'écran se justifie dans le cadre d'un jeu de plates-formes, où c'est bien la structure du niveau qui prime, elle ne justifie cependant pas la pauvreté de la modélisation de ces personnages. L'animation, sans être spécialement riche, reste très fluide, tandis que la caméra est rarement prise en défaut malgré la variété de l'action entre les graphismes en 3D et les déplacements en 2D.
- Jouabilité17/20
De façon générale, la maniabilité est exempte de problèmes, excepté lors de certaines phases en véhicule, notamment la rigidité du tank. Les quelques soucis ressortant du premier ''Pandemonium'' ont heureusement été corrigés, et l'intérêt de Fargus rehaussé. La complète refonte des différents pouvoirs ne s'imposait pas, mais elle renouvelle l'intérêt pour ceux ayant déjà connu le premier jeu et accentue encore la différence de gameplay entre les deux personnages jouables.
- Durée de vie14/20
Grâce aux mots de passe, et avec un peu de persévérance, le jeu se termine assez rapidement. Les deux styles de jeu qu'offrent Fargus et Nikki sont suffisamment différents pour donner envie au joueur de revenir s'aventurer dans les méandres du jeu. Souvent on préférera d'ailleurs commencer par Nikki, plus facile à exploiter, puis se lancer avec Fargus. Bien entendu, entre la simple traversée d'un niveau et la recherche du score parfait et de tous les secrets, il y a une différence. Dans les deux cas, le dernier niveau sera long, délicieusement long !
- Bande son14/20
Elle aussi inégale, la bande-son reste cependant très correcte et est soutenue par des effets sonores d'excellente facture, qui rythment aussi bien les niveaux que la carte du monde. On regrettera peut-être que dans l'ensemble les musiques, aussi bonnes soient-elles parfois, dépendent trop des niveaux pour retenir et accrocher l'oreille du joueur. La musique devrait déjà à elle seule être capable de tenir et renforcer l'ambiance, or ici parfois c'est l'ambiance qui surpasse et alors soutient la musique...
- Scénario12/20
Comme souvent dans le genre des jeux de plates-formes, le scénario n'est pas l'intérêt véritable. Néanmoins l'originalité, pour ce genre, d'incarner des héros excentriques et assoiffés de pouvoir, est intéressante. Enfin, en guise de détail, on ajoutera le soin apporté aux cinématiques et aux crédits du jeu, les premières aussi drôles que les seconds !
Pandemonium 2 est sans doute un jeu original, définitivement à part, mais aussi bancal. Cette suite pousse l'inventivité plus loin encore que son prédécesseur, mais cet effort joue aussi contre lui-même puisque le joueur finit par regretter que le jeu ne soit pas de bout en bout toujours aussi réussi. Ainsi, pour être exceptionnel, il lui manque surtout de se maintenir dans l'excellence qui caractérise certains niveaux, certains n'étant pour ainsi dire que corrects. Autrement, il lui reste tout de même ces niveaux ahurissants pour qui aime la créativité de l'absurde, l'angoisse pleine de vie, et une sublime ambiance débordante de folie.