
Emboîtant le pas à des chefs-d'oeuvre comme Braid ou Limbo, Super Meat Boy délaisse la profondeur scénaristique des deux titres susnommés pour proposer une approche quelque peu différente. En effet, si le soft mise lui aussi sur la plate-forme, le tout se veut être un vibrant hommage aux jeux des années 80-90, comme Rick Dangerous ou Super Mario Bros avec lequel il partage les initiales. Du coup, la réflexion cédera sa place à des réflexes de ninja, le joueur naviguant constamment entre la frustration, l'énervement et le soulagement à chaque fin de niveau. Eh oui, Super Meat Boy ne vous laissera pas indemne... Et votre manette encore moins.

Dans le jeu vidéo, il y a deux grandes catégories de titres : ceux pensés pour le grand public qui ne cessent de prendre le joueur par la main et leurs contraires préférant nous offrir un challenge digne de ce nom. Super Meat Boy fait clairement partie de la seconde catégorie et renvoie en cela à beaucoup de titres des années 80, 90 auxquels le jeu offre de nombreux hommages. Dans le cas présent, on pensera bien évidemment à Rick Dangerous, vénérable jeu de plates-formes nous ayant refilé durant deux épisodes des moments de joie intense mais aussi de détresse insoupçonnable. Super Meat Boy devrait lui aussi vous procurer des sensations similaires. En effet, si le concept du jeu renvoie à n'importe quel Mario en nous demandant de sauver notre belle, qui nous échappera également de peu à la fin de chaque niveau, la façon de faire se veut bien plus perverse. Pour autant, nous sommes toujours devant un jeu de plates-formes découpé en plusieurs chapitres eux-mêmes subdivisés. Le tout ne perd d'ailleurs pas de temps puisqu'en l'espace de quelques niveaux, vous maîtriserez le gameplay sur le bout des doigts. Ceci dit, celui-ci se veut des plus simplistes avec son bouton pour courir et sa touche pour sauter. Il ne vous en faudra pas plus pour enchaîner les épreuves.
- Graphismes14/20
Super Meat Boy fait partie de ces jeux optant pour un design rasé de près voire minimaliste. On aimera ou non, mais l'intérêt d'un tel graphisme vient du fait qu'on analyse très facilement les pièges auxquels on doit faire face. On pourra également trouver dans ce visuel une certaine influence Castle Crashers évoquant par moments les jeux flash. Logique puisque SMB vient de ce milieu-là. Quoi qu'il en soit, les 8 chapitres proposent des thèmes différents mais avant tout des plus austères.
- Jouabilité18/20
Le jeu est difficile, très difficile, et légitime à lui tout seul le genre « die and retry ». Pour autant, le gameplay est parfaitement huilé et millimétré. Ne réclamant que deux boutons, l'ensemble met en avant la course et les sauts. Autant l'un que l'autre élément ne pose pas de souci mais il vous faudra maîtriser à la perfection la gestion desdits sauts, ces derniers prenant en compte la pression sur la touche associée.
- Durée de vie17/20
Plusieurs centaines niveaux vous offriront beaucoup de sueurs froides, d'énervement mais aussi de satisfaction. Ensuite, ne restera plus qu'à avoir un grade A+ pour chaque chapitre afin de débloquer son équivalent dans le Monde Noir. A noter qu'en récupérant l'ensemble des pansements disséminés dans le jeu, vous pourrez incarner 11 autres personnages, disposant de caractéristiques propres, issus de plusieurs autres jeux dont certains cités dans ce test. Lesquels ? A vous de le découvrir ! Enfin, cerise sur le gâteau, il sera possible de profiter un peu plus tard d'autres niveaux sous forme de DLC... Gratuits. Etonnant non ?!
- Bande son14/20
Les bruitages sont directement liés à la nature du héros et nous balancent à longueur de temps des « splash » bien dégoûtants lorsque notre paquet de bidoche atterrit par terre. Les musiques, elles, peuvent agacer même si elles singent de façon plutôt délicieuse des compositions très années 80.
- Scénario/
Super Meat Girl + enlèvement par Dr Fetus + Super Meat Boy en preux chevalier = scénario à la Mario Bros orienté trash attitude. That's all folk.
Super Meat Boy, c'est un peu l'histoire de Happy Tree Friends qui rencontre le vénérable Rick Dangerous. Un véritable rapport amour/haine mû par une difficulté hors normes et un concept très frustrant de « die and retry ». Pourtant, grâce à sa jouabilité aux petits oignons, son humour décalé, sa durée de vie gargantuesque et cette envie inexorable nous poussant à continuer pour apprécier les délires de la Team Meat, le soft met dans le mille. Si vous aimez le genre, que vous avez beaucoup de self-control et un gros budget « manettes », vous pouvez sans aucun problème tenter l'expérience. Sans être aussi définitif qu'un Limbo ou qu'un Braid, Super Meat Boy milite pour le retour au jeu de plates-formes hardcore mais aux victoires des plus gratifiantes. Paradoxalement, on le détestera et on l'adorera pour ça, mais au final, on ne cessera d'y revenir encore et encore.