Disponible en téléchargement à la fois sur PC, Playstation 3 et Xbox 360, Blade Kitten est le premier d'au moins deux épisodes tirés d'un comics. La petite histoire veut qu'à l'origine, le comics en question ait été créé par Krome Studios pour promouvoir l'idée d'un de ses jeux vidéo. Avec l'arrivée de Blade Kitten en version jouable, la boucle est donc bouclée. Reste juste à vérifier ce que vaut le jeu et surtout si rien ne s'est perdu en chemin. Comme le fun par exemple…

Nous le disions en introduction, avant d'être un jeu vidéo, Blade Kitten est un comics, un webcomics même, que l'on peut "feuilleter" sur son site officiel. Pour sa déclinaison ludique, le titre semble assumer que tout joueur qui appuie sur start est déjà familier avec l'univers dans lequel il met les pieds. C'est là le premier défaut du jeu, une erreur faite dès les premières secondes et qui ne sera jamais corrigée par la suite. Jamais Blade Kitten ne prendra le temps d'expliquer clairement les choses, de présenter ses personnages, et de dire ce qu'ils font là. La courte séquence d'introduction nous permet tout juste de deviner que notre personnage, la féline Kit Ballard, est une chasseuse de primes qui ne peut accomplir sa mission puisqu'une rivale blonde lui dérobe un bidule de la plus haute importance. Les premiers niveaux de jeu (il y en a 13 dont des affrontements contre des boss) sont ainsi consacrés à courir après la mystérieuse blonde pour récupérer le fameux bidule. Par la suite, Kit sera entraînée dans d'autres missions qui l'éloigneront systématiquement de son objectif principal. Et sans briser le suspense, un magnifique "à suivre" illuminera l'écran lorsque les choses commenceront finalement à se mettre en place. Du moins dans le jeu, parce que dans la tête du joueur, c'est toujours le flou absolu qui règne du début à la fin.



Une suite était prévue pour conclure l'aventure de Kit, mais avec la récente fermeture de Krome Studios, le futur du jeu reste encore bien incertain.
- Graphismes12/20
Kit tient à bout de bras tout le capital sympathie qu'inspirent les graphismes. Le design de l'héroïne est effectivement soigné, mais à côté d'elle, le reste fait bien pâle figure. Les personnages secondaires sont déjà bien plus communs tandis que les décors sont plutôt vides et parfois même recyclés entre les différents niveaux.
- Jouabilité8/20
Il est encore incroyable de constater qu'un jeu puisse être aussi injouable en 2010. Surtout un titre aussi "basique" qu'un "simple" jeu d'action/plates-formes. Kit a cette sale manie de glisser sur le décor ce qui entraîne un manque de précision réellement gênant, tandis que sa vitesse de déplacement provoque irrémédiablement soupirs et bâillements. Le système de combat est quant à lui ridiculement plat et basique et se paye le luxe de ne pas évoluer au fil de la partie.
- Durée de vie9/20
Les niveaux sont grands, trop grands même. Ils laissent pas mal de place à l'exploration pour trouver coffres ou items cachés, mais en raison de la jouabilité, on préfère abréger les souffrances et filer vers la sortie aussi vite que possible. Comptez entre 2 et 3 heures pour atteindre le bout du jeu, et peut-être le double pour récupérer tous les trésors des niveaux.
- Bande son12/20
Les voix anglaises ne sont pas désagréables, mais restent en anglais. Côté musiques, on a droit à des thèmes plutôt cheap mais pas toujours arrangés avec goût. Rien de mémorable donc.
- Scénario8/20
Le titre peine clairement à nous embarquer dans son histoire. C'est même à se demander s'il s'en donne réellement la peine. Constamment distraite par d'autres sous-objectifs, Kit Ballard progresse péniblement vers sa proie jusqu'à découvrir de terribles secrets sur le futur de l'univers. L'histoire devait continuer dans un second épisode mais avec la fermeture de Krome Studios, rien n'est plus sûre.
Parler de déception n'est peut-être pas le bon mot dans la mesure où Blade Kitten n'était pas non plus l'un des titres les plus attendus du moment. Gâchis serait donc le mot juste. L'univers était plaisant, l'héroïne attachante, et le style de jeu suffisamment éculé pour produire quelque chose qui tienne la route à défaut d'être foncièrement original. Mais non, le résultat est plat, poussif, frustrant. En deux mots comme en cent : pas amusant. Krome Studios manque donc son coup et puisque le studio vient de mettre la clé sous la porte, il n'aura même pas l'occasion de corriger le tir.