Avec Warfare, GFI nous invite à prendre part à un conflit moderne fictif-mais-pas-trop dans une Arabie saoudite secouée par les attaques terroristes. Astiquez vos rangers et sortez l'Apache du garage, les GIs débarquent pour remettre de l'ordre dans tout ça.

Dans un futur proche, l'Arabie saoudite est victime d'une rébellion menée par une organisation terroriste. Par bonheur, les Etats-Unis sont toujours prêts à venir en aide à un vieil allié -et à s'assurer leur approvisionnement en pétrole par la même occasion. Sous votre commandement, l'armée américaine va donc devoir mettre fin à cette guerre à travers une douzaine de missions, qui représentent d'ailleurs la totalité du contenu du jeu. Résumé comme ça, le scénario de Warfare pourrait paraître un brin manichéen, tout droit sorti d'un mauvais roman de Tom Clancy (pléonasme ?). En fait, si vous savez lire entre les lignes, notamment celles des blogs des soldats pendant les briefings, vous y découvrirez une critique sous-jacente de l'impérialisme américain. Il faut dire que le titre est développé par un studio russe... Sans aller jusqu'à qualifier Warfare d'oeuvre engagée, disons qu'il cache tout de même une certaine épaisseur sous son idée de départ griffonnée sur un ticket de métro. Il résonne surtout comme un terrible écho aux événements du monde actuel...


Warfare propose donc un gameplay plutôt réussi, quoique très classique, enrobé dans une réalisation technique correcte. Son problème, c'est sa durée de vie ridicule : douze missions et c'est plié. En l'absence de multi ou d'autres modes de jeu, Warfare aura tôt fait de quitter votre disque dur. En dépit de ses qualités, le titre de GFI est donc à réserver aux joueurs qui auraient 40 euros à perdre pour passer un week-end en compagnie d'un jeu pop-corn.
- Graphismes12/20
L'aspect visuel de Warfare est entre deux eaux : nullement impressionnant, mais tout à fait regardable. Bref, quelconque.
- Jouabilité14/20
Le gameplay de Warfare est relativement efficace. Toutefois, n'en attendez rien d'inédit. L'achat d'unités avec des points avant chaque mission, le gain d'expérience, la gestion des munitions et du carburant, la capture de véhicules ou de bâtiments adverses... Tout cela a déjà été vu maintes fois dans d'autres STR. En sus, la jouabilité est quelque peu ternie par des soucis de pathfinding.
- Durée de vie5/20
Warfare se compose d'une unique campagne de douze missions... Et c'est tout. Pas de mode escarmouche, pas de multijoueur, pas de seconde faction jouable... Du coup, le jeu vous occupera un week-end avant de prendre la poussière sur une étagère ou de venir grossir les étals du marché de l'occasion. Dommage.
- Bande son12/20
L'ambiance sonore est correcte, notamment grâce aux voix anglaises bien dans le ton. Bruitages et musiques sont un peu en retrait sans être foncièrement mauvais.
- Scénario15/20
Le futur proche de Warfare rappelle furieusement celui des romans de Tom Clancy, et plus généralement le contexte géopolitique actuel. Des terroristes qui prennent le contrôle de l'Arabie saoudite où les Américains tentent de préserver leurs intérêts stratégiques, ça paraît étrangement réel... GFI en profite surtout pour mener une vraie réflexion sur la guerre par le biais des blogs des soldats, qui ne nous épargnent aucun sujet, de la propagande au racisme, tout en évitant l'écueil du manichéisme.
Avec son contexte moderne changeant agréablement de la Seconde Guerre mondiale, sa réalisation honnête et son gameplay exigeant, Warfare avait presque tous les ingrédients pour séduire les amateurs de stratégie. Malheureusement, son maigre contenu l'empêche de pouvoir prétendre à un meilleur statut que celui de STR bouche-trou, qui occupera les fans du genre quelques heures en période de disette avant de sombrer irrémédiablement dans l'oubli.