Cela faisait longtemps que nous n'avions pas croisé la route d'un petit Terrorist Takedown des familles. Proposé une nouvelle fois à un prix défiant toute concurrence, ce nouvel opus renoue vaillamment avec les joyeux travers de ses glorieux ancêtres et nous livre une aventure inédite, pleine de terroristes en mousse, de turbans, de clichés, mais également de dialogues acides, dignes d'un Pulp Fiction. Fiers guerriers des temps modernes, Terrorist Takedown est de retour, il n'est pas content et franchement, on le comprend.

Se coltiner un épisode de Terrorist Takedown, cela revient un peu à s'infliger l'un des sublimes nanars dont Chuck Norris et Steven Seagal ont le secret : c'est rigolo quelques minutes, si on ne l'a pas payé. Pour donner un petit peu plus de poids à cette comparaison fumeuse, jetons un oeil au scénario du monstre, un scénario de la trempe d'un épisode de Plus Belle La Vie, sans doute écrit sur le string d'une lilliputienne un soir de beuverie. Il y est donc question de soldats, balancés dans un pays moyen-oriental fictif pour y délivrer des otages et massacrer tout ce qui porte un turban, une ceinture d'explosifs, ou simplement une barbe. Voilà pour le pitch. Allons, ne soyons tout de même pas trop mauvaise langue et saluons l'effort de localisation de City Interactive : les US Navy Seals de la version d'origine ont effectivement fait place à des troufions français, membres de la "Brigade Spéciale". Brigade de quoi, on ne saura jamais, mais toujours est-il que de jolis écussons tricolores ornent les belles épaules de trois combattants que l'on suivra tout au long du jeu. Amis tueurs, veuillez donc accueillir le fougueux Pierre Bernelle (vous), le félin Jean et le grassouillet Philippe. Trois bonshommes qui, au cours de leurs pérégrinations, s'adresseront aux autochtones dans un anglais magnifique, suintant le cassoulet et le sauciflard. Sans ironie aucune, rien que pour ses dialogues, Terrorist Takedown 2 vaut franchement le détour.



- Graphismes11/20
Soutenu par le moteur de F.E.A.R., Terrorist Takedown paraît un tout petit peu plus sexy que ses ancêtres. Dommage que la gestion de la physique, plus poussée que jamais, ne serve franchement à rien. Bousiller des vases et faire péter des vitres, c'est bien joli, mais ça reste tout de même très limité. Puis au final, quoi qu'on en dise, on navigue toujours dans le domaine du moche mal dégrossi. Néanmoins, observer un soldat décédé, le popotin vissé au mur ou à une porte, reste toujours aussi divertissant.
- Jouabilité7/20
Terrorist Takedown 2 est linéaire et bête à souhait. Trop facile, le titre nous oppose une IA au stade embryonnaire qui se perd dans un level-design d'un autre âge et sans aucune mise en scène un tant soit peu convaincante.
- Durée de vie6/20
Comptez entre 5 et 6 heures pour torcher le soft (si vous ne rencontrez pas de plantage). Le mode multi est tout ce qu'il y a de plus oubliable.
- Bande son11/20
Des thèmes sans âme, souvent kitch, qui ont tout de même le mérite de nous ramener à l'époque du premier Delta Force et du vigoureux Chuck. Les amateurs d'anglais parlé avec un accent franchouillard en seront pour une bonne poilade. En cela, Terrorist Takedown 2 se montre donc plutôt réaliste.
- Scénario6/20
Le scénario tient sur un timbre-poste, tente quelques malheureux rebondissements et accumule de fait tous les lieux-communs possibles et imaginables. Mais bon, on aura quand même la chance d'incarner la "Brigade Spéciale" et ça franchement, ça pète.
Avec une IA à faire pleurer de honte, un level-design sans envergure et un gameplay au ras des pâquerettes, on ne saura vous conseiller qu'une seule chose : passer votre chemin. Néanmoins, les personnes disposant de quelques euros en trop, animées de surcroît par le désir de découvrir un petit navet vidéoludique, auront peut-être plaisir à suivre les efforts de Philippe, Pierre et Jean. Bref, on associera volontiers Terrorist Takedown 2 aux sorties pelliculées de Chuck Norris : rigolotes tant qu'on ne paie pas pour les voir.