Steam commence à jouer à plein régime son rôle de distributeur online pour les petits développeurs ne pouvant pas se payer le luxe d'une version boîte. Les sorties de jeux indépendants se multiplient, enrichissant mois après mois le catalogue disponible sur la plate-forme de Valve. On trouve un peu de tout et, parfois, on tombe sur un jeu quasiment inconnu, qui mériterait pourtant de sortir de l'anonymat, comme Culpa Innata.

Culpa Innata, c'est avant tout un univers fort. Après des décennies de chaos, le monde a enfin trouvé la stabilité après l'avènement de la World Union en 2025. Seuls quelques "Etats-Voyous" subsistent (Russie, Inde, Chine...), à l'écart de cette belle harmonie. Nous sommes maintenant en 2047 et tout semble idyllique : plein emploi, aucune maladie, et le dernier meurtre remonte à quinze ans. Le monde est devenu très individualiste. Chaque citoyen se voit attribuer un Human Development Index représentant son évolution dans la pyramide sociale. Ce futur rappelle beaucoup certaines oeuvres d'anticipation, comme Le meilleur des Mondes pour le patrimoine génétique purifié et la suppression de la cellule familiale au profit de centres éducatifs. Ou aussi le film Demolition Man pour le côté société aseptisée : les gens ne connaissent plus la violence, consomment des aliments produits artificiellement, etc. Mais même si on sent dans Culpa Innata un mélange d'influences indéniables, le jeu parvient à se détacher de ses modèles pour proposer sa propre vision de l'avenir, très réussie et d'une grande cohérence grâce à une foule de petits détails immersifs.


- Graphismes8/20
Résolution bloquée en 1024x768, aliasing omniprésent, Culpa Innata accuse quelques années de retard sur le plan visuel. Les décors sont généralement moches, surtout en extérieur. Les personnages s'en sortent mieux mais ce n'est pas encore ça. Le design de cet univers futuriste était pourtant chouette, quel dommage que les développeurs n'aient pas bénéficié de plus de moyens pour lui faire honneur.
- Jouabilité15/20
Plutôt classique, le gameplay intègre tout de même quelques éléments qui font furieusement penser à Blade Runner, une sacrée référence. Le joueur bénéficie donc d'une grande liberté, agréable dans un genre d'ordinaire plus linéaire. Les énigmes sont bien pensées. On note toutefois quelques soucis d'interface, comme l'utilisation des objets qui nécessite d'abord une sélection dans l'inventaire puis un clic sur une icône. On a déjà vu plus pratique.
- Durée de vie14/20
L'aventure est assez longue, dans une bonne moyenne pour le genre. Bon point pour la rejouabilité : il peut y avoir quelques changements mineurs d'une partie à l'autre selon l'ordre dans lequel on effectue les actions ou les réponses choisies pendant les dialogues.
- Bande son10/20
Le doublage anglais est correct, les musiques moyennes, sans plus. Les bruits de pas percutants de l'héroïne tapent vite sur le système.
- Scénario15/20
L'histoire, et surtout le contexte dans laquelle elle prend place, sont les gros points forts du jeu. On sent que le background a été travaillé et c'est un plaisir d'en apprendre un peu plus sur cet avenir imaginaire à chaque découverte. Les cut-scenes qui rythment la progression sont en revanche assez mal réalisées puisqu'elles utilisent le moteur 3D du jeu.
Culpa Innata est l'exemple typique du jeu qui aurait pu devenir un hit entre les mains d'une équipe expérimentée disposant d'un budget conséquent. Malheureusement, Momentum n'a pas eu les moyens de ses ambitions et nous livre donc un jeu très perfectible sur la forme, mais réussi sur le fond. C'est toujours mieux que l'inverse.