On entend souvent dire que le coût de développement d'un jeu vidéo est colossal, que pour pondre un titre de bonne qualité, il faut avoir une équipe de développeurs, animateurs, dessinateurs conséquente, et pourtant on voit parfois arriver des softs à petit budget, créés par des amateurs passionnés qui mettent tout leur coeur à l'ouvrage. Barrow Hill fait partie de ces jeux d'aventure point & click différents car développés par une toute petite structure. Et il en est même surprenant car la qualité atteinte est digne d'une production plus importante.

La scène d'introduction met tout de suite dans le bain : Barrow Hill mise tout sur son ambiance, une ambiance oppressante et malsaine. La cinématique est composée de plusieurs petites séquences filmées mises bout à bout et au rendu assez particulier car en noir et blanc. Celle-ci est mal compressée, ce qui fait qu'elle a un côté assez "sale". On en sait très peu dans cette introduction sur le contexte dans lequel se déroule le jeu. Le personnage que l'on va incarner est en train de rouler dans sa voiture. Il écoute la radio et c'est par ce biais que l'on apprend que l'histoire commence le soir de l'équinoxe d'automne, une date particulière puisque c'est celle où la durée de la nuit est la même que celle du jour. Soudain c'est la panne, impossible de redémarrer. On se retrouve bloqué en plein coeur des bois de Cornouailles en pleine nuit. Et c'est à ce moment que la partie commence véritablement.


- Graphismes11/20
Les graphismes ne sont pas le point fort du jeu vu qu'ils sont limités à une résolution de 800x600. Certains environnements sont néanmoins plus réussis que d'autres : la grotte et la station-service notamment. A noter qu'on aurait aimé avoir un peu plus d'animations dans les décors car ils sont trop statiques.
- Jouabilité14/20
Un jeu d'aventure old-school comme on les aime : beaucoup d'interactions avec les décors, une prise en main très simple et des énigmes intéressantes. On regrettera néanmoins l'absence de vision à 360 degrés qui nous aurait permis de mieux observer les décors. Il manque aussi un journal pour nous permettre de nous retrouver dans l'aventure, une fonctionnalité qui aurait été très utile car Barrow Hill a un système de progression non linéaire.
- Durée de vie13/20
Les zones à visiter ne sont pas très vastes. Heureusement, grâce à la non linéarité de l'ensemble, on avance dans l'aventure un peu à l'aveuglette en récupérant des objets qui ne nous serviront que bien plus tard ou en résolvant des puzzles dont on ne sait pas encore ce qu'ils vont nous apporter. C'est plutôt bien vu. Signalons aussi qu'il existe deux fins différentes.
- Bande son13/20
L'ambiance est soutenue par des effets sonores inquiétants. Hélas, le doublage de la version française est assez moyen, très loin de la qualité atteinte dans les jeux Nancy Drew.
- Scénario13/20
Bon, on ne va pas vous mentir, le coup de la panne en pleine nuit dans une forêt mystérieuse ne respire pas l'originalité, mais Barrow Hill parvient tout de même à intéresser le joueur grâce à une ambiance à nulle autre pareille.
Barrow Hill est une bonne surprise et ça en est même étonnant pour un titre qui a été créé par une si petite équipe. Grâce à son aspect non linéaire, à son ambiance oppressante et à ses énigmes intéressantes, il parvient à accrocher le joueur pour ne plus le lâcher jusqu'à la fin. Certes, tout n'est pas parfait et on regrettera surtout l'absence de journal où nos actions auraient été consignées et une réalisation qui risque de rebuter les moins motivés d'entre-vous. Cependant, les amateurs de jeux d'aventure peuvent aisément se laisser tenter, surtout que le prix est intéressant.