Depuis ces dernières années, les créatifs nous laissaient croire que les fonds marins étaient un espace de quiétude éternelle et de joie perpétuelle. Dans les séries, publicités et autres jeux vidéo, les dauphins sauvaient les hommes en communiquant avec leurs sons distinctifs uniquement compris par un jeune garçon, distribuaient du chocolat blanc aux enfants sages et sauvaient la planète du désastre de la pollution. Sous l'eau, on trouvait aussi une éponge de mer portant un pantalon carré confectionnant des pâtés de surumi chez un vil crabe rouge avec son ami cacahuète et étoile rose en bermuda à fleurs. Eh bien détrompez-vous ! Majesco nous remet devant les yeux la dure réalité en dépoussiérant une icône des films d'horreur : Les Dents De La Mer. Vous vous rendrez compte que l'on nous a caché la vérité.

Pour ceux qui n'auraient pas eu la joie de regarder cette saga horrifique devenue culte, nous allons vous resumer brièvement l'histoire. Tout commence dans une petite île des Etats-Unis plutôt tranquille où une communauté de bons américains se prélasse paisiblement, Amity Island. La région vit essentiellement du tourisme. Mais un beau jour, cette tranquilité sera rompue avec l'arrivée d'un prédateur aquatique surnommé : les dents de la mer. Ce grand requin blanc deviendra le cauchemar du maire ne voyant que la perte de profit et non les morts venant s'accumuler sur ses belles plages insulaires.Projet initialement créé par un petit réalisateur dans les années 70, Steven Spielberg, le premier film avait fait frémir toute l'Amérique puis le Monde entier se préparant pour les départs en congés estivaux. La trame du jeu reprend donc la suite des aventures de la dynastie Brody. Toujours aussi cupide, la maire d'Amity Island signe un contrat juteux avec une société de construction balnéaire : EnvironPlus. Steven Shaw, président de l'entreprise, a pour objectif de construire des édifices qui permettront d'augmenter la valeur de l'immobilier et de créer des emplois. Mais tout ceci n'est pas vu d'un bon oeil par les dents de la mer qui décide de lutter contre ce capitalisme abondant et cet ultralibéralisme. Majesco nous dévoile ainsi l'un des plus grands secrets de la planète : les requins sont communistes.



- Graphismes14/20
Point fort indéniable, le jeu possède un esthétisme reprenant l'univers créé dans les films. Les développeurs ont porté toute leur attention sur le personnage principal tant au point de vue animation que nombre de polygones. Toutefois, les cut-scenes nous donnent un arrière-goût amer dans la bouche en nous montrant sans pudeur la faiblesse du moteur.
- Jouabilité10/20
On se sent comme un poisson dans l'eau avec des commandes simples et intuitives. Mais dès qu'il faut nager dans des espaces grands comme des pédiluves, on regrette la lourdeur du requin et on lâche très vite la manette.
- Durée de vie12/20
Le temps pour accomplir les missions est assez correct pour un titre de ce type mais devant tant de répétitivité, on lâche très vite prise. Arrivé à la fin de l'aventure, on ne replongera pas avec plaisir dans les eaux d'Amity Island non pas à cause de la peur mais plutôt par ennui.
- Bande son13/20
Profitant de la licence, le studio en profite pour nous mettre la bande originale des films. Tout au long de votre progression parmi les algues, vous écouterez les trompettes et autres timbales nerveuses du grand John Williams. Cependant, à force d'écouter le thème principal, on s'en dégoûte. Côté dialogues et bruitages, le tout est fade et sans saveur. C'est dommage, surtout pendant les repas du requin.
- Scénario12/20
Insistant sur le fait que le scénario soit inédit pour le jeu, on retrouve tout de même les scènes clé des films ce qui ne nous dérange pas forcément. Idem au dialogue, le script n'est pas très original et on ne se penchera pas vraiment sur les rebondissements de l'intrigue. Comme pour les films nous direz-vous et ce ne serait pas totalement faux d'ailleurs.
Lors de son annonce officielle, nous nous étions dit : "encore une licence de film culte qui va être massacrée en grands coups de marketing bien lourd" et finalement c'est tout le contraire. Loin d'être un jeu qui marquera son temps, les quelques idées intégrées sont intéressantes comme le simple fait d'incarner le prédateur plutôt que la proie s'échapppant par tous les moyens. Néanmoins, le titre est très loin d'être parfait dans les graphismes, le son ou le gameplay. Un soft qui plaira aux personnes fans de requins et voulant se venger sur le traumatisme vécu par le visionnage de trop d'aventures de dauphins à la télé.