Dans la grande lignée des jeux d'action bien serrés, où rien ne dépasse, Spy Hunter se pose là. Pas un brin de réflexion, pas une miette de retour sur soi, pas une originalité, mais un amas indéfini d'explosions, de coups de coude dans la nuque et de rafales à hauteur des genoux. Si cette liste peut sembler péjorative à première vue, il faut tout de même se rappeler que de nombreux titres basés essentiellement sur le combat bien viril souffraient à peu près des mêmes défauts tout en étant géniaux, voir God Of War. Alors, le titre de Midway est-il le pendant actuel du fabuleux soft de Sony ? Je vous laisse le découvrir sous les tirs de kalachnikov.

Dès les premières minutes, on comprend que Spy Hunter n'ira pas chercher bien loin, du moins d'un point de vue narratif. Mettant en scène un gros musclé pas très affable incarné par l'excellent acteur shakespearien, The Rock, le titre nous conte l'histoire originale de grands méchants mal rasés désireux de voler une technologie révolutionnaire à des américains arrogants. S'ensuivent courses-poursuites, échanges de coups de feu et rebondissements prévisibles à trente mètres. D'un côté on se sent presque rassuré lorsque l'on imagine ce qui pourrait se passer et que le déroulement des évènements nous donne raison. De ce point de vue là, Spy Hunter fait son travail avec un sérieux enviable. Vous retrouverez donc des trahisons, des amis qui glissent dans le camp ennemi pour mieux vous surprendre en vous révélant leur statut d'espion et des myriades de clichés donnant au soft un aspect téléfilm de deuxième partie de soirée sur M6. Tombant dans le "n'importe quoi" chronique, le soft accumule également les incohérences abasourdissantes, comme ces armées de soldats vêtus d'armures résistant aux volées de sulfateuses, que vous devrez détruire à mains nues. Si vous vous demanderez de longues minutes comment il est possible de briser un blindage avec de fragiles petits doigts, une autre question viendra à vous assez rapidement, concernant la mise en scène. Les évènements s'enchaînent sans aucune liaison et malgré la platitude de la trame, on ne comprend rien à ce qui se passe devant nos yeux. Les missions perdent pour le coup énormément d'intérêt et surtout font preuve d'un manque de caractère assez désolant.



- Graphismes10/20
Malgré quelques effets sympathiques, comme le rendu de l'eau par exemple, le titre accuse quand même quelques années de retard, notamment en ce qui concerne les cinématiques et la modélisation des personnages. Néanmoins, le tout est très fluide et les décors comportent de nombreuses parties interactives.
- Jouabilité8/20
Certes, le héros avance sans problème et les commandes s'avèrent on ne peut plus accessibles, mais le gameplay reste bien trop déséquilibré pour que l'on prenne un plaisir suffisamment fort pour en oublier les errances. De plus, les phases en voiture sont tout bonnement injouables et les passages à pied rivalisent d'imprécisions. Ca fait quand même beaucoup pour un seul homme.
- Durée de vie9/20
S'insérant dans la durée habituelle des jeux du genre, Spy Hunter reste assez dense, même si vous aurez du mal à garder suffisamment votre calme pour aller jusqu'au bout. Multipliant les cassures de rythme et possédant une difficulté mal réglée, le soft coupe rapidement les jambes. A noter que quelques petits modes bonus font acte de présence, mais n'apportent rien à la globalité du soft.
- Bande son8/20
Très convenus et surtout on ne peut plus discrets, les thèmes du titre de Midway s'oublient très rapidement et s'avèrent parfois mal intégrés dans le jeu. Certains morceaux ne collent pas vraiment avec les scènes diffusées et restent trop en arrière-plan. Le doublage propose quant à lui des voix assez impliquées, parfois un peu trop d'ailleurs, mais désespérément cliché. En revanche, les explosions sont mises au premier rang.
- Scénario9/20
Encore une sombre histoire de méchants sûrement communistes qui décident de voler aux américains les plans d'une super machine avec des canons et pleins de trucs géniaux. Mise en scène avec une sorte de mauvais goût flamboyant, cette trame se laisse suivre agréablement si vous avez de l'humour. Sinon cela vous rappellera les plus mauvais épisodes de Walker Texas Ranger.
Destiné à une note un peu moins élevée, Spy Hunter : Nowhere To Run doit cependant être remercié pour son franc optimisme et son espèce de grandeur d'âme. Assumant sa médiocrité, le titre ne se laisse pas abattre et se relève, tel un samurai bravant l'arrivée de la mort. Honnêtement, tout cela a un petit côté épatant. Mis à part cela, le soft de Midway est cruellement vide et bénéficie d'un gameplay bien trop bancal pour motiver son achat. Sauf si vous êtes un grand fan de The Rock.