On connaissait les jeux officiels en matière de sport, par exemple le jeu officiel de la Coupe du Monde de football ou celui des Jeux Olympiques. On connaissait aussi les jeux officiels de romans ou de films célèbres, par exemple le jeu officiel du Seigneur des Anneaux. Bref, on savait que lorsque les éditeurs jugent bon d'aposer la mention officielle sur leurs produits, c'est généralement parce qu'ils sont certains de faire des envieux avec leur licence. East Entertainment invente un nouveau concept : la licence officielle dont tout le monde se fiche éperdument. Heidi : Le jeu officiel. Non, mais sans rire, ça rime à quoi cette histoire ?

En fait, Heidi le jeu est tiré de Heidi le film d'animation passé totalement inaperçu sur les écrans français. A voir le trailer présent sur le CD, on comprend d'ailleurs pourquoi. Animation ridicule, design daté, le dessin animé n'a rien pour lui. Alors comment à partir de là tirer quelque chose de potable pour en faire un jeu ? Je vous le demande... Sans grande illusion, on lance donc une partie. Mais jamais, ô grand jamais, on pouvait s'attendre à un tel désastre. Même en intégrant la plus grande indulgence du monde, même en sachant pertinemment que Heidi s'adresse aux tous petits, on a du mal à croire que des développeurs aient réellement pensé pouvoir amuser quelqu'un avec une telle atrocité. Et je ne parle pas que de l'aspect technique, parfaitement lamentable, mais du jeu en lui-même, inintéressant et profondément débile. On y incarne une Heidi bien cruche, toujours prête à aider son prochain sans rien attendre en retour. Celle-ci doit d'abord trouver des pains pour son grand-père, puis un livre de chant pour une grand-mère et enfin des plantes pour un vieux monsieur malade. A chaque fois c'est la même chose. Avant de pouvoir trouver l'objet en question, la petite fille doit au préalable mettre la main sur un autre objet, uniquement accessible après avoir trouvé un troisième objet. Bref, le jeu est ce que l'on appelle vulgairement une simulation d'esclave dans laquelle il n'y a rien à faire si ce n'est courir d'un bout à l'autre de la vallée pour aider les autres.

- Graphismes2/20
A la base, le dessin animé dont s'inspire ce jeu n'est déjà pas très joli. Son adaptation sur PC ne pouvait donc pas être bien brillante. Heidi regroupe tant de défauts visuels, que ça en devient même insultant pour le regard.
- Jouabilité4/20
Heidi se traîne sur les chemins escarpés de sa montagne, yodle pour faire fuir les mauvais esprits de la montagne et ramasse des edelweiss pour se remettre en forme. Absolument passionant.
- Durée de vie3/20
La seule chose qui permet à Heidi de ne pas se terminer trop rapidement, c'est la lenteur avec laquelle la petite fille se déplace. Sans ça, on terminerait le jeu... Non, en fait, on ne terminerait même pas le jeu, il est trop mauvais.
- Bande son10/20
Tout en français, Heidi profite de quelques musiques pas bien entraînantes. Ca se laisse écouter si on est dans le trip chèvres/edelweiss.
- Scénario7/20
Heidi aime tout le monde et tente d'être une petite fille modèle en aidant tout ce qui ressemble vaguement à un être humain. C'est touchant, mais finalement guère amusant.
Exemple parfait du jeu baclé car destiné à un jeune public, Heidi prouve qu'on peut encore prendre les parents pour des pigeons en leur refourgant un titre nullissime aux vertus ludiques bien maigres. Pour le coup, Heidi aurait bien fait de rester sagement garder ses chèvres au lieu de s'aventurer sur nos disques durs. Ca lui apprendra, tiens !