Il est de ces fois, où, intrigué par la profondeur du jeu devant nos yeux, on laisse vagabonder son regard le long du dos de la jaquette. Entreprise vouée à une grande désillusion, car ce lieu est celui des promesses non tenues. On a l'impression tenace et vive d'avoir acheté un titre exceptionnel, unique, voire empreint de mysticisme. Malheureusement, le retour à la réalité est parfois violent. C'est le cas avec le bon vieux World War 2 : Pacific Heroes vantant haut et fort des mérites qu'il n'aura jamais, ô grand jamais. Dans son cas, il semble prendre l'état des lieux avec le sourire et tente même un petit trait d'humour involontaire. C'est aussi ça la marque des grands jeux.

En effet, non content d'esquisser un petit sourire malicieux, WW2 souligne sa faiblesse par cette phrase au sens dramatiquement évocateur : "Des décors de rêve dignes de cartes postales". A première vue, et en se fiant aux graphismes de la production des studios City Interactive, il est difficile de retenir quelques gloussements d'incompréhension hilare. Néanmoins, lorsque l'on considère la carte postale en tant qu'objet, tout prend un sens dans notre esprit tourmenté. Effectivement, qu'est-ce qu'une carte postale dans les grandes lignes ? C'est une sorte d'objet plat, dénué de tout intérêt, mis à part celui de raconter ses vacances à ceux qui sont restés dans leur grisaille quotidienne, leur enfonçant le lourd pieu du bonheur dans leur coeur meurtri. D'autre part, et dans la plupart des cas, une telle preuve d'amitié sincère se complaît dans des mises en scène grotesques de petits chats, dans l'exposition d'une bretonne empêtrée dans sa bigoudenne, ou alors dans une photographie aérienne passionnante d'une plage bondée. Enfin, il est impératif d'acheter un timbre pour faire bénéficier de cette merveille des réseaux postiers avides de telles oeuvres humanistes. Pour résumer, on se trouve donc devant une chose dénuée d'intérêt, sans saveur, pleine de bonnes intentions mal utilisées, et surtout très moche. Sans compter l'obligation d'un coût, même minime. Et bien WW2 c'est un peu tout ça, d'où l'analogie intelligente à la carte postale. D'autant que tenter de l'envoyer à une connaissance offrira la même réaction qu'une image grossière d'un chiot suintant la gentillesse et déclamant un "bonnes vacances" assez troublant. Des cadeaux empoisonnés qu'on ne doit réserver qu'aux grandes occasions.


- Graphismes8/20
Très peu abouti au niveau graphique, WW2 Pacific Heroes ressemble à s'y méprendre à ce bon vieux F-22 Raptor qui tournait adroitement sur un Pentium cadencé à 166 Mhz. Néanmoins la comparaison s'arrête ici, car le soft de Novalogic était un bon jeu. Proposant des décors aux angles saillants et des effets peu concluants, l'oeuvre de City Interactive peine à décoller (attention blague) et se contente de se complaire dans sa faiblesse. Heureusement, les explosions s'avèrent réussies.
- Jouabilité10/20
Intuitive et essentiellement basée sur une gestion habile de la souris, la jouabilité permet de pénétrer dans le jeu avec force et vivacité. Gérant la vitesse et les déplacements des divers engins, le gameplay vous oblige à prendre en compte ces deux facteurs afin de tirer au bon moment et avec une avance précise. Pourtant, ce côté arcade jouissif se désagrège rapidement pour se fondre dans une répétition globale et sans âme, où chaque mission semble se répéter à l'infini. Bienvenue dans la quatrième dimension.
- Durée de vie5/20
Deux petites heures vous suffiront à boucler le soft si tant est que vous soyez bien motivé. Une durée de vie sincèrement piteuse qui fait figure de grande rivale face à celle de The Bouncer. Et puis en deux heures vous pouvez faire plein de choses : Regarder un film, lire un livre, partir vous promener, voire même jouer à un bon jeu. C'est affolant de voir ce que l'on perd comme temps parfois.
- Bande son6/20
Les effets sonores relatifs aux explosions et autres bruits consécutifs à la fureur de la guerre s'avèrent bien retranscrits sans toutefois provoquer de choc particulier. Néanmoins, ce point intéressant perd de sa superbe au gré de l'utilisation du même son dans tous les cas similaires. Un seul bruit pour l'ensemble des torpilles, des tirs de mitraillettes, etc ne suffit pas à rendre crédible un univers. Dommage. Les musiques quant à elles sont cruellement absentes et soulignent de réelles carences en matière de recherche d'ambiance.
- Scénario/
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Affichant une excuse sous la forme d'un petit prix, World War 2 : Pacific Heroes ne parvient tout de même pas à se cacher derrière de maigres paravents. Certes jouable et très fun au début, le titre de City Interactive sombre rapidement dans une répétitivité dommageable, entraînant avec elle l'attention du joueur et surtout ses illusions. De plus, peu convaincant graphiquement et quasiment vide de sens, WW2 n'est pas le petit titre sympa qu'il paraît. Souhaitons que les développeurs puissent travailler sur un projet plus ambitieux et contentons-nous de regarder ce titre et sa belle jaquette à l'humour caustique.