Dans la grande et courte histoire des jeux vidéo, certaines séries gravissent les échelons de la modernité depuis des décennies, fondant de véritables dynasties. Néanmoins dans ces dernières, point de lutte entre les héritiers pour la part de la richesse du Grand Oncle décédé étrangement lors d'une chute du grand chêne de la propriété alors qu'il avait 90 ans. Non, tous les enfants de Formula One s'aiment et se respectent. Tellement d'ailleurs qu'ils ont parfois tendance à se ressembler un peu. Mais ce qui nous réunit aujourd'hui est bien plus important. Nous assistons à la naissance du petit dernier de la famille, nommé Formula One 05 et non pas 2005, parce que ce n'est pas "in the wind". Que nous réserve donc ce petit être avec ses grands yeux tout mouillés ?

Conservant dans les grandes lignes l'habillage graphique du précédent volet, tout en y implémentant un côté plus aéré, ce nouvel épisode de la saga Formula One vous permet immédiatement de retrouver vos marques, avec un délice non feint. Après une introduction inutile et complètement vide de sens, comme c'est la mode en ce moment dans les jeux de course automobile, vous voilà donc face à l'univers de la Formule 1 dans son état le plus proche de la réalité. Vous pouvez d'ors et déjà stopper votre questionnement, car en effet vous pouvez retrouver chaleureusement l'ensemble des composantes de la saison en cours de retransmission télévisée. Il vous est donc possible de courir aux côtés de Raikkonen ou de son compère Montoya, tout en tentant de pousser à la faute Button, et ce sur des circuits aussi prestigieux que Monza, Hockenheim ou encore Suzuka. Bien entendu les petites nouveautés comme l'arrivée d'une épreuve à Istanbul et la signature de pilotes encore inconnus au bataillon demeurent éminemment présentes, afin d'appliquer une impression de cohérence et de réalisme aidant à l'immersion. C'est sans doute pour cela que le mode Arcade s'est vu retiré au profit d'une orientation totale vers un aspect crédible. Une volonté de coller à ce que l'on peut attendre en souhaitant retrouver les émotions ressenties devant sa télévision. De ce fait, on déniche deux voies principales, l'une se dirigeant vers une Course Simple, dont le nom suffit à la décrire, et l'autre menant au mode Solo, regroupant le corps du jeu. C'est en fait ici que vous trouverez le plus grand nombre d'occupations, comme la Séance d'Essais Chronométrés, le Week-End de Course, ou encore le Championnat du Monde. La première de cette liste vous permet de participer à une sorte de Contre-la-Montre sur le circuit de votre choix, la seconde s'apparente à une étape simple comprenant seulement les tours d'essais et de qualifications aboutissant à une course unique, tandis que la dernière vous donne accès à l'ensemble de la compétition phare de la discipline, dans un soucis de liberté totale. A vous de définir votre écurie de départ et de régler au mieux votre bolide à l'aide de nombreux paramètres, allant de l'étalonnage des vitesses à la définition des appuis aérodynamiques via une précision millimétrée. Toutefois, et pour ceux ne souhaitant pas devenir fou à force d'observer des graphiques abstraits, il existe une simplification de ces réglages sous la forme de grandes lignes directrices (plutôt survirage ou sous-virage, plutôt accélération ou vitesse de pointe, etc).



- Graphismes14/20
Une petite évolution a été opérée depuis l'opus précédent, mais le résultat est toujours inférieur à ce que l'on peut attendre sur PS2. Affichant des décors soumis à un aliasing forcené et des voitures correctes sans vraiment de plus, le titre de Sony semble coincé deux ans en arrière. Certes, l'habillage est classieux et certaines idées graphiques sont intéressantes, mais cela ne suffit pas pour convaincre. A noter tout de même une impression de vitesse ahurissante et l'absence totale de ralentissements. Un tour de force avec le nombre de véhicules présents en simultané à l'écran.
- Jouabilité14/20
Quelque peu améliorée, la jouabilité permet enfin de sensiblement piloter et de ne plus être porté d'un coin à l'autre du circuit en dérapant. Les voitures accrochent bien au sol et les variations de comportement en fonction de l'état des pneus, du revêtement ou encore des conditions climatiques s'avèrent subtiles et réalistes. Malheureusement, le mélange des genres voulu ne fonctionne pas complètement et s'avèrent assez déséquilibré. Même en ôtant l'ensemble des aides de jeu, on se retrouve devant de l'arcade masqué, ce qui peut-être déroutant.
- Durée de vie16/20
Entre le mode carrière relativement étendu, le championnat du monde, les courses chronométrées, et les simples épreuves, vous allez devoir passer du temps derrière votre volant. Si le tout manque un peu de profondeur, cela suffit pour soutenir un intérêt assez constant, décuplés par les modes multijoueurs sur écran splitté et sur internet. Vous pourrez d'ailleurs organiser des championnats entiers via cette dernière voie et même participer aux vraies courses de la saison.
- Bande son12/20
N'espérez pas profiter de thèmes musicaux pendant les courses, il n'y en a aucun de recensé. Un état de fait assez logique si l'on prend le désir de réalisme global, mais le choix aurait pu au moins être proposé. De plus, si les bruits des moteurs et de l'environnement même de la course s'avèrent crédibles, on en peut en dire autant des voix des commentateurs. Mous et peu inspirés, ces derniers ne donnent que quelques informations qui auraient méritées de s'afficher à l'écran plutôt que par leur intermédiaire. Et comme précédemment, elles laissent passer un ou deux petits bugs de temps en temps.
- Scénario/
-
Encore une fois le soft de Sony ne parvient pas à se soustraire à des erreurs communes depuis l'édition 2003. Série connaissant des hauts et des bas assez réguliers, Formula One opère une période de stagnation qui commence à un peu trop durer. N'étant pas spécifiquement un mauvais jeu, cet épisode 2005 se laisse pourtant emporter par une vague d'indécision. En effet, le gameplay, accessible, mais assez déroutant, ainsi que la réalisation graphique tout juste passable pour de la PS2, donnent une mauvaise image du jeu, anéantissant les bonnes idées présentes et la volonté affichée de réparer les lourdes errances de l'opus 2004. Un cru moyen donc, mais qui reste l'un des plus probants de cette seconde génération. Espérons une remise en question pour le prochain.