Madagascar. Ce terme évoque immédiatement un nombre d'images assez conséquent. Dans l'esprit se développent des immenses jungles impénétrables, des reliques d'environnements primaires intacts, ou encore les reliefs étranges et chaotiques s'étendant au centre de l'île. Mais plus que tout ça, Madagascar est aussi la patrie d'animaux aussi surprenants que ridicules. Ne sont-ils pas totalement dépourvus de crédibilité ces pauvres lémuriens, avec leurs yeux aussi gros que des melons et arborant la célèbre expression de la poule observant avec insistance une fourchette ? Et que dire des caméléons passant leur temps à s'essayer au "break-dance" ? En tout cas, c'est dans une telle atmosphère digne d'un délire éthylique que vont tomber Alex, Marty, Melman et Gloria, quatre évadés d'un zoo au passé tumultueux.

Tiré du film d'animation des studios Dreamworks, Madagascar se présente comme une adaptation directe, sans histoires parallèles ni libertés prises sur la trame générale. Vous retrouverez donc avec plus ou moins de plaisir les grands moments du long-métrage et pourrez ainsi prendre le rôle des héros qui auront bercé votre séance de cinéma. Un argument comme un autre, mais qui permet une immersion immédiate à défaut d'un réel plaisir. En effet, sortant quelques jours avant les premières projections de son homologue cinématographique, le titre d'Activision subit une progression scénaristique totalement hachée, rappelant de ce côté-là Lego Star Wars sur GBA. Effectivement, si vous ne connaissez pas les tenants et les aboutissants de l'aventure, comme c'est mon cas, de nombreuses zones d'ombre demeurent. Des pans entiers s'avèrent sujet à l'oubli définitif, et on a vraiment l'impression d'assister à une succession de saynètes sans liens concrets. Il est d'ailleurs dommage de constater l'absence pure et simple d'extraits du dessin animé entre les missions, de façon, justement, à apporter une cohésion à l'ensemble. De même, l'obligation d'incarner un intervenant différent à chaque niveau ou partie de niveau enlève le dernier rempart permettant de conserver l'attachement du joueur pour les personnages principaux. Pourquoi ne pas avoir profité au mieux du gameplay et proposé un choix au début de chaque épreuve, au lieu de donner le sentiment de sempiternellement diriger un solitaire sans véritable relation avec ses compères ? Mais ce n'est là qu'un défaut mineur, conduisant donc à un fonctionnement alternatif du jeu. Incarnant à tour de rôle l'ensemble des protagonistes, il va vous incomber de bien connaître les forces et les faiblesses de chacun afin d'avancer sans heurt à travers les 11 niveaux que compte le soft. Que ce soit l'agilité d'Alex le beau et fringuant lion, la furtivité de Marthy notre ami "monochrome" comme dirait le Commandant des pingouins, la force de Gloria l'hippopotame, ou encore les capacités de vol de Melman la girafe souffreteuse, chaque spécificité sera mise en valeur dans les décors que vous traverserez.


- Graphismes11/20
Possédant un design assez amusant et un univers accrocheur, Madagascar se laisse pourtant aller à une certaine limitation graphique. Indigne d'un soft tournant sur PC et affichant des bugs assez régulièrement, le moteur du jeu n'est pas ce que l'on fait de mieux en ce moment. Fort heureusement, le tout est fluide et on ne note aucun défaut dans l'animation des personnages. Une impression mitigée se dégage rapidement de cet univers pourtant délirant.
- Jouabilité12/20
Accessible et immédiatement prenant, le gameplay de Madagascar souffre néanmoins d'une absence quasi totale d'originalité et se morfond dans les règles éculées d'une plate-forme vieillissante. Affichant des sursauts d'intérêt lors de phases bien précises et peu étendues, le soft montre pourtant qu'il aurait pu aisément fonctionner avec un principe un tant soit peu différent. Reste la présence de mini-jeux vraiment sympathiques et jouables à plusieurs... en alternance. Dommage.
- Durée de vie11/20
Seulement 11 niveaux relativement courts ne vous obligeront pas à passer des heures et des heures devant votre ordinateur. De plus, sensiblement sujet à la répétition, ces derniers ne suffiront peut-être pas à vous tenir passionné suffisamment longtemps pour justifier l'achat du titre. Néanmoins, grâce à l'univers accrocheur et à la présence de mini-jeux, le soft ne sombre pas dans les méandres des jeux à licence écourtés.
- Bande son12/20
Les différents thèmes musicaux passent assez bien et collent de manière cohérente avec la situation, tout en restant vraiment trop en retrait du doublage sincèrement bon. Les voix françaises égayant les caractères des divers animaux font preuve d'une implication agréable, et donnent vraiment vie aux protagonistes. Les bruitages sont quant à eux assez discrets également tout en étant d'une qualité respectable, faisant bien passer la force des chocs et des chutes.
- Scénario9/20
Si la trame en elle-même ne souffre pas d'une critique proprement dite, le découpage du jeu par contre s'avère, lui, totalement idiot. Les scènes s'enchaînent sans aucun liens et la réalisation manque totalement de clarté. On ne parvient vraiment pas à entrer dans le jeu et il sera impératif d'avoir vu le film pour faire fi de cela. Un titre de plate-formes/action sans lien directeur ne parvient pas vraiment à attirer l'oeil.
Adaptation honnête du film d'animation de Dreamworks, Madagascar pèche pourtant sur bien des points et ne parvient pas à se hisser au dessus du marasme vidéoludique. Classique, limité et peu convaincant plastiquement, le soft d'Activision pouvait clairement se sentir mal parti. Heureusement pour lui, son ambiance, ses quelques bonnes idées et son accessibilité le sauvent d'une noyade injuste. Une licence exploitée sans vraiment de heurts, mais clairement en dessous de la concurrence. Et c'est un fan de lémurien qui vous le dit.