Kroutchev et Kennedy. Si ces deux noms vous disent quelques chose et que vous avez déjà abordé le programme de Terminale en histoire, vous devez savoir que ces deux dirigeants, respectivement de la Russie et des USA ont été les principaux acteurs de ce que l'on a nommé la Guerre Froide. Se déroulant de 1946, suite au discours de Churchill évoquant un "rideau de fer" s'étendant sur l'Europe, à 1989, date de la chute du Mur de Berlin, ce conflit indirect opposa la quasi-totalité des pays du globe, réunies en deux coalitions, l'une "pro-américaine", et l'autre se rassemblant autour du communisme stalinien. Emaillée de diverses crises ayant presque aboutit à un affrontement direct qui aurait conduit le monde dans une détresse plus qu'inquiétante, cette opposition de force immobile s'est surtout illustrée lors de la Guerre du Vietnam, thème prisée des créateurs de FPS. Mais aujourd'hui, c'est à un RTS que nous avons affaire.

Prenant comme cadre la Guerre Froide, d'où son titre, Cold War Conflict se place dans une logique clairement didactique, en proposant une retranscription très précise de cet affrontement général au travers de 37 missions réparties au sein de huit nations. Vous pourrez donc incarner au choix L'ONU, la Russie, la Chine, les Etats-Unis, La Corée du Nord, la Syrie, L'Egypte, et enfin Israël, possédant bien entendu chacune une trame propre, offrant un cours d'histoire relativement ludique à ceux désireux de s'essayer à une vision stratégique de cette guerre. De ce fait, alors que l'on pourrait légitiment se croire muselé par le déroulement linéaire d'évènements ayant déjà eu lieu, une surprise étonnante surgit de sombres fourrés. En effet, vous aurez la possibilité de participer à treize opérations non soumises aux aléas du temps. Dans ces dernières, vos actions influeront sur le déroulement de l'objectif suivant, modifiant le placement de vos troupes, votre but initial, ainsi que les forces en présence. Une idée originale, qui, bien que simplement apposée en relief, suffit à relancer l'intérêt de manière notable. On se prend alors à jouer à Philip K.Dick, dans sa nouvelle "Le Maître Du Haut-Château", en imaginant des variations historiques au gré de nos actions. Néanmoins et malgré cet aspect innovant, Cold War Conflict reste avant tout un RTS plus que classique, utilisant une interface à l'amer goût de déjà vu et des schémas de jeu assez prévisibles. Reprenant le bon vieux principe de la mise en forme de groupes soumis à un chiffre du clavier que vous aurez pris la peine d'assigner, CWC se permet également de remettre au goût du jour une interface assez austère, donnant l'impression de revenir quelques années en arrière. Cette dernière se décompose en deux parties. La première, demeurant tout le temps accessible, regroupe la carte du niveau, ainsi que les fonctionnalités de pause active et de sauvegarde/chargement. En sus, elle propose les icônes symbolisant le recours à des bombardements massifs, des transports de troupes en renfort, ou bien encore des attaques en règle des avions de chasse. La seconde quant à elle, vient compléter la première dès que l'on sélectionne une unité. Affichant les principaux ordres inhérents à chacune d'entre elles, elle permet de provoquer le mouvement des troupes, l'attaque classique, l'assaut, sans oublier des fonctions comme la construction de pont, ou encore la réparation d'infrastructures. Bien entendu, la majorité des actions peuvent être enclenchées via des raccourcis claviers. Cette façon de jouer est d'ailleurs nettement la plus probante, permettant de gagner un temps fou, et surtout d'avoir accès à des composantes tactiques inaccessibles autrement, comme le regroupement, ou la vitesse de progression égalisée. Et vu la difficulté de certaines missions, même en mode facile, il vous sera vitale de connaître les fonctions de base sur le bout des doigts. En cela, le titre d'Anuman rappelle le grandement apprécié Sudden Strike.


- Graphismes13/20
Loin d'atteindre les performances de Codename : Panzers, CWC se contente de réutiliser le moteur un peu dépassé de Sudden Strike. Le résultat n'en est pas navrant, loin de là, mais une qualité graphique probante peut souvent parvenir à équilibrer un tantinet les autres défauts d'une production. De plus, et ce malgré un plan assez précis, les unités humaines ou souvent tendance à disparaître dans les décors, ce qui implique des stratégies parfois difficiles à mener à leur terme.
- Jouabilité12/20
Assez classique, le gameplay n'en est pas pour autant mauvais, et permet de mettre en place des tactiques aisément avec une précision agréable. Simple, grâce à ses icônes claires et imposantes, la prise en main des différentes unités ne posera aucun problème, même aux novices. Les amateurs quant à eux trouveront sûrement un intérêt moindre dans cet aspect, même si la difficulté de certaines campagnes mettra leurs capacités en jeu. A noter tout de même l'ingénieuse idée des missions non-linéaires.
- Durée de vie14/20
Composé de 37 missions réparties sur trois campagnes distinctes, CWC vous retiendra un nombre d'heures assez important, même en mode "Recruit". Si une fois libéré de vos obligations militaires l'envie vous disait de repartir au front, vous pourrez toujours bénéficier des modes multijoueurs, ainsi que de l'éditeur de scénario assez intéressant.
- Bande son9/20
Les explosions et autres effets sonores d'ambiances sont assez bien rendus au gré des missions mais ont tendance à se ressembler fatalement. Pour autant, ils permettent de s'immerger rapidement dans l'ambiance et participent à l'intérêt global. De même, les différentes voix de chaque représentant d'une nation s'avèrent en adéquation avec leur pays d'origine. Une bonne idée au départ, mais se terminant en une incompréhension grandissante. Ne pas savoir si l'on vous répond oui ou non à un ordre est assez déstabilisant. L'absence de musique est également handicapante.
- Scénario13/20
Réaliste et fidèle à la chronologie, la trame historique de CWC permettra à chacun de réviser ses classiques culturelles tout en expérimentant quelques variations via le système des missions non-linéaires. Une bonne idée, qui redonne un second souffle à certaines campagnes.
Assez réussi sans être digne de se hisser sur les hautes marches du RTS, Cold War Conflict a pourtant le mérite de proposer un contexte historique précis et assez peu exploité dans son entièreté. Néanmoins, à cause de son apparence graphique dépassée et de son manque de profondeur au niveau du gameplay, le titre d'Anuman Studio passe du rang de bonne surprise à celui de soft honnête à essayer afin d'appréhender les nouveautés présentes. Surtout à petit prix.