N'espérant aucun secours d'où et de qui que ce soit face à une prise de pouvoir de la violence et du crime, la Ville de Détroit se décida à mettre au point un rempart cybernétique portant le doux nom de Robocop. De son pas lourd et métallique, bravant des salves de balles rageuses, seul son esprit de justice semblait capable de réfreiner sa puissance. Mais, peut-il tomber en panne ?

Fier de sa licence, acquise indubitablement à grand renfort d'une monnaie aux reflets verdâtres, notre ami le policier en acier trempé promène sa carcasse inoxydable dans les rues désertes de sa cité natale, au grand dam de Paul Verhoeven, qui s'il était mort se retournerait dans sa tombe. En effet comment accepter cette adaptation de faible tenue, lorsque le réalisateur est parvenu, malgré le sujet amenant davantage vers une bête production de série B, à concocter un film de qualité à l'ambiance intéressante. La malédiction des titres inspirés d'oeuvres cinématographiques à succès plane désormais sur ce malheureux être de métal. FPS de plus, Robocop déçoit dès les premières secondes de jeu. Adapté maladroitement d'une version PC catastrophique, sa prise en main se révèle problématique et pensée de manière lacunaire pour un opus destiné à une console de salon. N'ayant aucune emprise sur le calibrage de votre manette, l'étrange sensibilité des sticks ne vous permettra en aucun cas d'espérer un jour obtenir une précision de tireur d'élite. Vous pourrez au mieux postuler en tant que marchand d'armes, et encore. Sachant que vous écoperez de points de pénalité, (influant sur une jauge de criminalité qui s'emplit à chaque exaction de votre part) en blessant des civils ou des hommes désarmés, vous allez devenir malgré vous le prince, que dis-je, le roi de la bavure. Fort heureusement, vous disposez au sein de votre matériel de pointe, d'une visée à focale variable. En résumé, il vous est possible de zoomer deux fois afin de cibler parfaitement le crâne dégarni de votre adversaire. Cependant, cette dextérité soudaine et relative s'avère peu jouable, obstruant votre champ de vision et par là même vos ennemis. Le compromis n'existe donc pas en ce monde. Soit vous bénéficiez d'un excellent panorama, mais vous massacrez des veuves et des enfants, soit vous exterminez tous les malfrats d'une balle au creux des tempes, mais en implosant avant la fin du niveau. Si au moins l'ambiance était présente.


- Graphismes6/20
Avec un voile sur la PS2, en dissimulant les manettes, et en masquant les boutons relatifs à l'écran, vous auriez bien du mal à avouer, même sous la torture que les images que vous observez proviennent de la machine de Mr Sony. Le plus choquant demeurent les ralentissements, absents de la version Xbox. Cette mouture surprend par sa médiocrité accrue. La PSone n'est pas morte.
- Jouabilité7/20
Le calibrage de la manette n'est vraiment pas optimal et nuit gravement à l'intérêt du soft. Un FPS dans lequel on ne peut que difficilement viser perd énormément de sa crédibilité. La raideur de l'ensemble n'amène pas un regard plus compatissant, loin de là. De plus, les ralentissements réduisent à néant ne serait-ce qu'une esquisse de joie.
- Durée de vie8/20
Etant donné que la difficulté est relativement élevée, vous n'en viendrez pas au bout en un après-midi. Maintenant, vu qu'il n'y a rien de particulièrement passionnant à débloquer, résisterez-vous à l'envie de mettre fin à cette expérience particulière ?
- Bande son7/20
Une absence étrange du grand thème des opus cinématographiques, cependant beaucoup moins que la disparition totale de créations musicales au long du titre. Les voix digitalisées sont quant à elles peu convaincantes.
- Scénario9/20
Une trame politico-policière reprenant celle du long-métrage dans les grandes lignes. Néanmoins la mise en scène quasiment absente fait de rares apparitions peu innovantes.
Concernant ce produit, nos amis de chez Titus ont visiblement effectué le minimum syndical. Poussant le vice jusqu'à proposer des graphismes pauvres et indignes d'une PS2, ce titre met en scène une grande partie des lacunes qui ne devraient plus poindre à la vue de l'avancée technologique et artistique des jeux vidéo. Alors effectivement il s'agit d'un FPS, un First Person Shooter (retenez bien ce dernier terme). Le problème réside dans le fait que si l'on "shoot" à satiété, on ne sait ni vraiment où, ni pourquoi. Une bien mauvaise utilisation d'une licence qui ne demandait qu'à faire ses preuves. Murphy doit aller recharger ses batteries. A noter des ralentissements énormes, et un aspect graphique porté sur la pixellisation à outrance. On a pratiquement l'impression que les les versions PS2 et Xbox ne sont pas des softs semblables.