De rudes conditions de travail pour les développeurs de Metro : Last Light

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Le par de jeuxvideo.com

De rudes conditions de travail pour les développeurs de Metro : Last LightIl est bien loin le temps où l'on imaginait que les développeurs de jeux vidéo exerçaient un métier de rêve, qu'ils passaient leurs journées à jouer, à glander sur le Net et à comparer la force respective des différents super-héros. Non, le statut de développeur ne va pas forcément de pair avec une béatitude geek, c'est même un travail qui peut s'avérer plutôt ingrat. C'est justement ce que nous rappelle Jason Rubin, l'un des anciens cadres exécutifs de THQ, dans une longue confession accordée à nos confrères de GamesIndustry. Celui-ci revient en effet en détails sur les conditions de travail du studio 4A Games à qui l'on doit Metro : Last Light.

 

Commençons par préciser que le studio en question est situé à Kiev, en Ukraine, et que le cadre de travail qu'il propose à ses employés n'a de fait pas grand-chose à voir avec les standards des développeurs situés en Europe de l'ouest ou sur le continent nord-américain. Jason Rubin fait ainsi une comparaison frappante :

 

« La totalité du studio 4A tiendrait facilement dans le gymnase (sous-utilisé) des bureaux de EA Los Angeles.»

De rudes conditions de travail pour les développeurs de Metro : Last LightIl rappelle au passage que le dernier-né de ce studio californien n'est autre que Medal of Honor : Warfighter qui s'est fait tailler un short par la critique... Ce problème de place avait des conséquences bien concrètes : les employés du studio 4A travaillaient littéralement au coude à coude sur des tables et des chaises pliantes. Jason Rubin va même jusqu'à dire que "l'ensemble ressemblait davantage à une cafétéria scolaire bondée qu'à un studio de développement". Il précise qu'il avait été tellement choqué de voir leurs conditions de travail qu'il avait souhaité leur offrir des chaises de bureau mais qu'il y avait finalement renoncé en constatant qu'il n'y avait pas suffisamment de place pour les mettre dans les locaux de 4A.

 

De rudes conditions de travail pour les développeurs de Metro : Last LightJason Rubin nous dépeint un portrait peu reluisant de l'Ukraine, de manière générale. Il précise en effet de manière ironique que les rues de Kiev constituent une véritable source d'inspiration lorsqu'il s'agit d'imaginer un univers post-apocalyptique. Il raconte ainsi la mésaventure de l'un des développeurs qui s'est fait expulser du jour au lendemain de son logement par un Géorgien au look patibulaire... Les employés ont même été plusieurs fois privés de chauffage en plein hiver et contraints à travailler emmitouflés dans leur parka en essayant de faire en sorte que leurs doigts ne gèlent pas. Cerise sur le gâteau, les développeurs qui rapportaient des dev-kits ou des PC dernier cri en Ukraine devaient les cacher pour ne pas se les faire confisquer par la douane.

 

De rudes conditions de travail pour les développeurs de Metro : Last LightEn plus de subir des conditions matérielles de travail désastreuses, le studio devait aussi faire face aux pressions de THQ. On apprend ainsi qu'ils étaient forcés d'utiliser des générateurs de chantier pour travailler le week-end afin de tenir les deadlines. Et le budget global du jeu représentait environ 10 % de celui de ses plus gros concurrents. Autant dire qu'on n'ose à peine imaginer de quoi seraient capables les petits gars de 4A Games si on leur proposait des conditions un peu plus décentes et un budget un peu plus fourni. Espérons que le savoir-faire de ces employés sera finalement récompensé et qu'un éditeur leur permettra de développer leur prochain bébé de manière un peu plus sereine.

 

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