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L'avis des rédacteurs
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L'avis des rédacteurs
Rivaol :

L'addiction aux jeux vidéo... Vaste sujet, déclencheur de passions, d'avis contraires, de polémiques, de mauvaise foi, bref, un vrai bon moyen de s'engueuler avec les gens. Et comme je ne suis ni scientifique, ni médecin, ni philosophe, je me garderai bien de tenter de mettre tout le monde d'accord, ce qui est de toute façon peine perdue (et heureusement). Et bien que je ne sois pas fan de citations ou de phrases toutes faites, je ne résiste pas à l'idée de citer Oscar Wilde : "Le seul moyen de se délivrer de la tentation, c'est d'y céder". Ok, c'est bateau, vous l'avez entendu partout et à toutes les sauces, mais pour le coup, j'en suis une preuve vivante. Je n'ai jamais aussi peu joué que depuis que cela fait partie intégrante de mon métier. Ce qui ne signifie pas que je ne joue plus ou peu, mais à côté des 6 à 12 heures quotidiennes que j'infligeais à ma tronche jadis, je me suis drôlement calmé. Bosser dans son univers, c'est percevoir une addiction sous un autre angle et au fur et à mesure que le plaisir se transforme en enjeu, c'est concevoir qu'il y a d'autres moyens de se détendre et de s'évader. Bref, si vous êtes accro aux jeux vidéo, devenez journaliste, testez des jeux tous les jours, et vous verrez, le soir ou le week-end, vous ferez autre chose. Bon, évitez de développer une seconde addiction car cumuler deux boulots, c'est pas l'idéal. Plus sérieusement, je crois que priver les addict est une connerie sans nom, et qu'il faut les aider au contraire à faire de cette faiblesse une force. Plus facile à dire qu'à faire mais croyez-moi, ça marche super bien.

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Lespol :

Personnellement, je ne crois pas à l'addiction aux jeux vidéo. Je pense qu'il s'agit simplement d'un loisir comme peuvent l'être le cinéma, la lecture, le sport ou la musique par exemple et qu'à ce titre il est logique qu'un être humain s'y intéresse et y passe du temps. Qui ne s'est jamais couché plus tard afin de terminer le chapitre d'un bon livre ou regarder la fin d'un film ? Qui n'a jamais senti le besoin de regarder une comédie après un coup dur ? Qui ne s'est jamais remémoré un match après le coup de sifflet final ? Et pourtant, personne ne trouve à redire lorsqu'il s'agit d'une activité «recommandable» comme la lecture. Voyons simplement les choses en face : certains lisent trop comme d'autres passent leur vie à jouer de la musique ou aux jeux vidéo parce qu'il s'agit de quelque chose de divertissant et par définition de plus alléchant que le travail, ou une journée de cours à rester passif. Reste que certains ne savent pas se contrôler, mais il me parait difficile d'incriminer le jeu avant la personne et son sens des responsabilités et du devoir. Le problème est toutefois différent pour les MMO qui sont sans doute à l'origine de bon nombre d'addictions. Mais encore une fois, c'est pour moi le monde persistant qui pose problème et non le jeu vidéo en général.

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Dharn :

Contrairement à Lespol, je pense qu'il existe une forme d'addiction aux jeux vidéo comme il existe des addictions aujourd'hui reconnues au sexe ou aux jeux d'argent même si le nombre de joueurs concernés est vraisemblablement très faible. En fait, pour avoir fréquenté quelques fans de MMORPG complètement dépassés par leur pratique des jeux vidéo et avoir moi-même perdu le contrôle de ma passion à plusieurs reprises, je sais très bien que cette addiction comportementale encore méconnue peut faire des ravages dans la vie des personnes concernées. Une pratique régulière des jeux vidéo est une source de plaisir saine et normale mais il faut bien comprendre que l'addiction est une toute autre chose. C'est une nécessité, un besoin irrépressible qui s'impose à l'esprit et balaie tous les arguments rationnels. Quelle que soient les conséquences, il faut que l'on joue chaque jour d'avantage. 3 heures, 5 heures, 8 heures. Bientôt, on annule des sorties entre amis, on saute des repas, on évite son conjoint, uniquement pour avoir sa dose. Le divertissement est devenu une prison qui nous enferme dans notre propre souffrance. Alors peu m'importe en définitive que tel ou tel spécialiste refuse de parler d'addiction aux jeux vidéo ou au contraire que certains médias montent ce phénomène en épingle, ce qui est essentiel à mes yeux, c'est de pouvoir proposer à la minorité de joueurs en difficulté avec leur pratique du jeu vidéo des solutions concrètes pour comprendre et traiter leur problème.

Dinowan :

L'avis des rédacteurs
Loin des querelles d'experts qui ont déjà parfois du mal à s'entendre sur des sujets pourtant largement plus documentés, la plus grande certitude que l'on puisse avoir sur la question de l'addiction aux jeux vidéos reste qu'on ne sait pas grand-chose. Mais ce qui m'intéresse plus particulièrement ici, c'est surtout la perception qu'on peut avoir du problème. Car la seconde grande certitude, c'est que l'addiction reste l'un de ces incontournables croquemitaines qui en dépit de la démocratisation de la pratique demeurent encore étonnamment vivaces de nos jours. Comme la plupart des pratiques mystérieuses, avec ses codes, son langage, sa culture, le jeu vidéo a pris la suite des activités undergrounds qui font peur parce qu'on ne comprend pas bien de quoi il retourne. Le jazz à ses débuts, le rock, certaines formes de cinéma... tous corrupteurs d'âme avant de devenir objets culturels respectés. "Ca va t'abîmer les yeux, ça va te rendre fou, ça va te rendre violent", et, pour revenir à nos moutons, "t'en es complètement accro". Que l'addiction puisse exister, je n'en doute pas, mais c'est la façon dont on la perçoit qui me perturbe. Quand une personne tombe dans une forme d'addiction reconnue (tabac, drogue...), on entend souvent un argumentaire qui place le blâme sur des causes extérieures et une fragilité originelle. A raison, en partie. Par contre.. qu'une sombre histoire d'addiction ou de comportement excessif liés au jeu vidéo survienne et là, on ne se demande pas si le bonhomme avait un terrain favorable ou des problèmes psychiatriques. On ne se demande pas ce qui a pu l'amener à devenir cette chose rare qu'est un véritable addict au jeu ou, pire encore, un assassin, c'est le jeu lui-même qui est responsable, comme s'il avait subitement changé tout le câblage de son cerveau d'un seul regard à l'écran. Subitement, tous les éléments liés à la dépendance s'effacent. Le jeu est néfaste en soit. Aujourd'hui encore, il est des gens qui admettent pouvoir boire un verre de vin sans devenir alcoolique mais forment l'idée farfelue que le jeu vidéo est aussi addictif que la première prise de crack. En voilà une étude pertinente qu'un sociologue pourrait tenter : pourquoi en plus de trente ans, la perception du jeu vidéo a si peu évoluée.

Mis à jour le 15/03/2013

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