Test Mush- Web

Web

Motion Twin est bien connu pour ses jeux Web comme La Brute et Hordes. Mush, le dernier-né du studio, n'est d'ailleurs pas sans rappeler Hordes puisqu'il s'agit une nouvelle fois de survie, sauf que l'Outre-Monde laisse la place à l'espace intersidéral.

Mush

Le Mush est un champignon qui parasite les humains, les transformant peu à peu en créatures soumises à sa volonté. L'humanité entière a fini par succomber à son emprise. Enfin presque : une poignée d'hommes et de femmes est parvenue à s'échapper à bord du vaisseau Daedalus. Ils représentent alors l'ultime espoir de l'espèce : s'ils survivent, peut-être pourront-ils trouver un remède au terrible mal qui la ronge. Mais le Mush ne l'entend pas ainsi ! Deux personnes contaminées ont réussi à infiltrer l'équipage ; elles sont bien décidées à faire en sorte que ce voyage du Daedalus soit le dernier...

Test Mush Web - Screenshot 4Le pont est le centre névralgique du Daedalus.

Les 16 occupants de l'astronef sont donc répartis en deux équipes. D'un côté les deux Mush, qui doivent répandre le parasite et saboter le vaisseau tout en s'efforçant de rester discrets. De l'autre les passagers sains, dont le but est d'identifier et de neutraliser les Mush le plus rapidement possible, ainsi que de mener à bien toutes les tâches nécessaires au bon fonctionnement du Daedalus – nous y reviendrons un peu plus loin. Le jeu fonctionne avec un classique système de points d'action (PA) et de mouvements (PM). Ces deux jauges se régénèrent lentement : les joueurs regagnent 1 PA et 1 PM à chaque cycle, soit toutes les 3 heures, le temps du jeu étant calqué sur le temps réel. C'est peu, il faut donc les utiliser avec parcimonie. Il existe heureusement des actions permettant de regagner des points plus vite : manger une ration par exemple, ou tout simplement dormir. En outre, chaque joueur possède une jauge de vie et une de moral, dont la vacuité signifie la mort. Là encore, on trouve plusieurs moyens de les faire remonter : caresser le chat redonne trois précieux points de moral ! En espérant que la pauvre bête ne soit pas porteuse d'un spore Mush, auquel cas, il faudra plutôt envisager de la tuer... On commence à apercevoir toute la subtilité du jeu.

Test Mush Web - Screenshot 5La survie, ça commence par penser à manger !

Mais le meilleur reste à venir. Tandis que Hordes nous faisait incarner des citoyens lambda (à l'exception des quelques métiers accessibles aux héros), Mush offre un rôle unique à chaque joueur. Il y a Jin Su, le commandant de bord ; Kuan-Ti, le concepteur du Daedalus ; Paola, la responsable des communications... Inutile de faire l'inventaire détaillé des 16 protagonistes, vous voyez l'idée. Motion Twin a même pris soin de donner un véritable caractère à certains. Ainsi, la physicienne Raluca est asociale ; la présence d'autres gens dans sa salle des moteurs chérie lui fait perdre des points de moral ! En plus de favoriser le roleplay, cette répartition des joueurs en personnages divers pousse à la coopération – même si le but ultime reste le gain de prestige individuel. Chacun possède des compétences essentielles à la survie du vaisseau. Les talents de tireur de Chao en font un atout indispensable pour zigouiller les Mush, alors que le statut d'astrophysicienne de Frieda sera précieux pour détecter des planètes. Mais les protagonistes en question peuvent être des Mush ou avoir passé l'arme à gauche... Les développeurs ont donc pris soin de doter chaque rôle de compétences secondaires leur permettant de suppléer à l'absence d'un élément crucial. Cette spécialisation possède toutefois un inconvénient : le jeu n'est pas parfaitement équilibré, certains personnages gagnant du prestige plus facilement que d'autres.

Test Mush Web - Screenshot 6Les logs gardent une trace de tout ce qui se passe, ou presque...

La vie à bord s'organise peu à peu autour des tâches quotidiennes. Il faut faire des recherches au laboratoire pour mieux connaître le Mush, lancer des expéditions pour récupérer de précieuses ressources ou encore fricoter avec les autres passagers pour se remonter le moral. Quant aux Mush, ils feront tout pour pourrir cette belle harmonie : sabotage d'un réservoir de carburant, contamination de la nourriture... L'ambiance vire donc rapidement à la paranoïa, chacun surveillant les faits et gestes des autres, enregistrés par des logs et des caméras. Une action un peu louche suffit pour que le doute s'installe. Et le doute, c'est pernicieux. Une fois entré dans un cerveau, le sentiment de doute s'y déploie encore plus sûrement qu'un parasite comme le Mush... Si un joueur tente de se défendre pour se laver des soupçons qui pèsent sur lui, il risque au contraire d'attiser la méfiance ! Quiconque a joué aux Loups-Garous de Thiercelieux sait à quel point une telle ambiance de paranoïa généralisée est délectable. Les honnêtes joueurs se déchirent en débats houleux et un innocent a vite fait de se retrouver assassiné... Le tout sous l'œil goguenard de l'infecté qui aura su rester discret.

Test Mush Web - Screenshot 7La boutique sait se faire discrète.

Mush est donc un jeu de rôle subtil, dont la force réside dans les rapports complexes tissés entre des humains placés dans une situation de survie en huis clos. Paradoxalement, c'est aussi dans le facteur humain que réside sa faiblesse potentielle : la réussite de l'expérience dépend énormément des gens qui composent le groupe de départ. Quand on tombe sur une équipe mature, avec des velléités de roleplay et une volonté de coopérer pour le bien commun au détriment de la réussite individuelle, Mush offre des parties excellentes. A l'inverse, on peut aussi tomber sur des joueurs inactifs, obnubilés par leur petite personne ou carrément sans scrupules... Auquel cas la partie semblera bien longue. C'est hélas un problème inhérent au genre, on ne peut pas vraiment blâmer Motion Twin pour cela. Enfin, signalons que la boutique intégrée au jeu n'est absolument pas intrusive. Les joueurs qui mettront la main au porte-monnaie auront bien quelques PA en plus ou un emplacement de compétence supplémentaire, mais rien qui leur confère un avantage déterminant.

CptObvious, le 15 février 2013

Les notes

  • Graphismes 11/20

    Les graphismes de Mush sont plutôt sommaires, avec une vue isométrique étriquée et des personnages de quelques pixels de haut. On apprécie toutefois le design du Daedalus, notamment ses couleurs acidulées issues d'une boutique de bonbons.

  • Jouabilité 16/20

    On déplore un certain manque d'explications pour les nouveaux venus, qui devront en passer par la lecture des forums pour éviter de dépenser leurs PA n'importe comment. Mais une fois maîtrisés, les rouages du jeu se révèlent plus profonds qu'il n'y paraît. Communication et coopération sont les clés pour parvenir à survivre.

  • Durée de vie 15/20

    Jouer à Mush ne demande pas plus de quelques minutes par jour. Mais son intérêt sur le long terme est bien réel : on relancera volontiers une partie en espérant être Mush, pour incarner un nouveau personnage ou pour tenter une fois de plus d'amener ce satané vaisseau à bon port...

  • Bande son

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  • Scénario

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  • Note Générale15/20

    Mush repose sur des mécanismes robustes, auxquels on ne peut que reprocher un léger déséquilibre entre personnages. Pour le reste, tout dépend du facteur humain. Avec un bon groupe, le jeu procure une expérience jouissive où la suspicion, les mensonges et la paranoïa règnent en maîtres. Dans ces conditions, la survie du Daedalus – donc de l'humanité – est une prouesse, mais son accomplissement n'en est que plus gratifiant !

    La note de la rédaction est une appréciation de la qualité générale du jeu, mais n'est pas une moyenne arithmétique des différents critères.

  • Note Lecteurs 16/20

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