Accueil jeuxvideo.com
  • Créer un compte
  • Se connecter
Créer un contenu
Test : Dead Space 3
360

Bien que Dead Space ait damé le pion à Resident Evil via deux premiers épisodes inspirés, la franchise ne pouvait se permettre de s'enliser en ressassant toujours la même chose. De fait, Visceral Games transporte l'action de son survival-horror vers la planète de glace Tau Volantis, tout aussi dangereuse que les profondeurs insondables de l'espace. Une fois encore, Isaac Clarke va devoir laisser sa tenue d'ingénieur au placard pour enfiler son costume de super-héros.

Dead Space 3 est un jeu intéressant à plus d'un titre car il permet tout d'abord de se questionner sur l'avenir de la saga. Alors qu'on ne cesse d'entendre que "c'était mieux avant" (cette prise de position semblant alors légitimer la descente en règle de tel ou tel titre à cause de sa remise en question), Visceral Games choisit le changement dans la continuité pour ce troisième épisode. Du coup, si la société américaine avait fait face aux critiques des joueurs quant à l'orientation de cet opus, elle avait étrangement omis de préciser que les 7 premiers chapitres (sur 19) de ce volet se déroulent dans l'espace en renvoyant à ce qui avait été fait auparavant. En somme, si l'on met de côté un prologue ne servant finalement pas à grand-chose et un début de jeu peu inspiré, les heures suivantes nous font réfléchir sur ce que nous voulons vraiment d'un Dead Space : une formule connue de tous ou un peu plus d'originalité. Si Resident Evil s'est déjà penché sur la question, la saga de Visceral semble doucement, mais sûrement, se chercher afin d'essayer de franchir un cap. De fait, si on sent bien que Dead Space 3 tâtonne en profitant ici et là de quelques idées nouvelles, que vaut le jeu dans son ensemble ?

Tout comme dans Dead Space 2, certaines séquences d'action sont éprouvantes.

Comme précisé plus haut, le début peut rebuter à cause d'une mise en scène maladroite mettant Isaac aux prises avec des fanatiques kamikazes se jetant sur nous ou des soldats nous canardant de tous les côtés. De quoi désorienter le fan bien que la suite soit d'un certain point de vue encore plus étonnante. En effet, si on pouvait penser que Dead Space 3 se déroulerait immédiatement sur la planète de glace Tau Volantis, les développeurs ont choisi d'étendre l'intrigue via sept chapitres spatiaux. Comme vous pouvez l'imaginer, ceci se caractérise alors par des passages claustrophobiques, des coursives de vaisseaux tapissés de sang et des Nécromorphes bondissant dans tous les sens. On sent ainsi que la série peine un peu à trouver de nouvelles idées car à l'image d'un Doom 3, Dead Space 3 utilise souvent les mêmes procédés pour faire bondir le joueur. Difficile dans ce cas de vraiment sursauter à moins de jouer seul, dans le noir, avec un casque et le volume à fond afin de profiter des bruitages sonores une fois encore très réussis.

Obtenir les meilleures armes réclamera pas mal de matériaux. Un peu agaçant à la longue.

Pour autant, et aussi paradoxal que cela puisse paraître, on apprécie de se replonger dans cet univers d'autant qu'il est difficile de nier l'efficacité de ces premiers chapitres. Entre des plans en extérieur d'une sidérante beauté, quelques idées rigolotes (découper du Nécromorphe sur fond de musique country n'a pas de prix) et une progression relativement équilibrée, on aura tôt fait de savourer ce premier tiers de jeu. On en viendrait presque à pardonner ces quelques scènes d'action bien trop longues ou ce copier/coller d'une des meilleures scènes de Dead Space 2 nous propulsant à toute allure dans le vide sidéral. Toutefois, ces premières heures font également montre de deux problèmes assez gênants qui se confirment d'ailleurs par la suite. D'une part, cet opus semble miser un peu plus sur les allers-retours, ce qui entraîne des temps de chargement omniprésents. Jamais une ouverture de porte n'aura semblé aussi longue. C'est encore plus vrai si vous vous mettez à effectuer les quêtes secondaires, élément sympathique, prolongeant le plaisir mais également ces fichus va-et-vient et loadings associés. Le deuxième point est sans nul doute le système de craft sur lequel ce segment repose quasi entièrement.

Les phases de descente en rappel sont originales mais surexploitées dans les derniers chapitres.

Si le tout s'avère complet, il est difficile de l'apprécier à sa juste valeur tant il ne convient pas à un jeu comme Dead Space. En effet, si le genre est construit sur une progression soutenue (par l'action, les sursauts ou toute autre chose), on est souvent éjecté du jeu à cause de cette obligation de chercher un peu partout des matériaux sans parler de l'arrêt systématique aux ateliers pour créer armes, munitions et objets. Car oui, bien qu'on retrouve toujours la "boutique", celle-ci ne sert qu'à améliorer les RIG ou à changer de tenue. Pour tout le reste, les ateliers, disséminés un peu partout, seront votre seconde raison d'être. Comment cela fonctionne ? C'est très simple. Tout d'abord, il vous faudra récupérer des matériaux un peu partout dans le jeu en éliminant des ennemis ou en défonçant des caisses. Une fois ceci fait, vous devrez vous rendre à l'atelier le plus proche pour créer de toutes pièces votre arme en choisissant la partie inférieure et supérieure, la crosse, etc. Pour les plus feignants d'entre vous, sachez que vous pourrez aussi utiliser des schémas qui, une fois dénichés, vous permettront de créer directement une arme préétablie parmi un vaste choix. Toutefois, celles-ci nécessiteront aussi des matériaux, les plus puissantes réclamant des ressources plus rares. Notons enfin que vous pourrez rajouter divers circuits à vos armes (avec possibilité d'en retirer un afin d'en mettre un autre) pour en augmenter la cadence, les dégâts... Enfin, c'est une fois encore par le biais des ateliers que vous aurez l'occasion de créer des kits de soins, des recharges de stase ou des munitions universelles, cet état de fait étant induit par l'orientation «action» du jeu. En effet, vu que Dead Space 3 mise beaucoup plus sur les rixes meurtrières, vous serez bien content de pouvoir compter sur vos munitions quelle que soit l'arme en votre possession. Pour vous simplifier la vie, précisons enfin que vous pourrez utiliser, une fois sur Tau Volantis, un Charognard. Kezako ? Il s'agit d'un petit scanner / robot qui ramènera automatiquement des ressources dans les ateliers une fois que vous l'aurez déployé dans une zone riche en minerais.

Le mode Coop se montre plus intéressant qu'il en a l'air.

Dans l'absolu, le système est bien pensé sauf qu'on se rend vite compte que le tout n'est pas vraiment adapté à un jeu comme Dead Space 3. Il est en effet fastidieux d'avoir des armes intéressantes dès le départ (ceci étant surtout problématique dans les hauts modes de difficulté), voire même après plusieurs heures, un trancheur de base étant par exemple beaucoup plus faible que son homologue de Dead Space 2. De plus, passer du temps sur la création d'armes finit par lasser et il faudra alors trouver coûte que coûte ces fameux schémas pour avoir une chance face aux hordes de Nécromorphes ou aux soldats de l'Unitologie. A ce sujet, signalons que les affrontements contre les êtres humains se montrent pathétiques et ce malgré le fait qu'Isaac puisse cette fois s'accroupir, effectuer des roulades et se planquer derrière des éléments du décor. Ces rixes sont plutôt molles et le gameplay s'avère peu adapté quand il s'agit d'éviter les tirs ennemis. Du coup, lorsque le jeu mixe combats contre Nécromorphes et soldats, on tombe rapidement dans le n'importe quoi brouillon surtout lorsque des snipers nous canardent, nous balancent des grenades et qu'il faut se coltiner en plus des monstres se déplaçant rapidement. Au rayon des errances, on regrettera aussi que Visceral n'ait pas davantage utilisé les spécificités de la planète de glace. En somme, hormis l'arrivée où on nous demandera de troquer notre tenue spatiale contre une tenue polaire afin de ne pas mourir gelés ou des phases de descente en rappel surexploitées, il n'y a pas grand-chose à se mettre sous la dent. On citera, pour finir, un combat de boss laborieux découpé en trois rencontres ou bien encore une dernière ligne droite peu inspirée, écueil déjà présent dans les deux premiers épisodes.

La marque de fabrique de la saga reste plus que jamais ces plans artistiques confinant au génie.

Pour autant, malgré ce qui vient d'être dit, Dead Space 3 reste un bon jeu, ne serait-ce que grâce à son contenu plus riche que celui de ses grands frères. En effet, vous pourrez cette fois profiter de plusieurs quêtes annexes rallongeant la durée de vie. Un bon point d'autant qu'Isaac et Carver possèdent leurs propres missions supplémentaires. Ceci m'amène d'ailleurs à l'autre grosse nouveauté de ce volet, son mode Coopératif, uniquement jouable en online. Si certains pesteront concernant cette volonté de miser sur le Coop (ou le multi) alors que le jeu ne s'y prête pas, avouons que Visceral Games a bien négocié le tournant. Ainsi, en solo, vous ne verrez Carver qu'en de rares occasions, ceci ne dénaturant donc pas l'ambiance première de la série, à l'inverse d'un Resident Evil 5 ou 6 où il faut automatiquement se taper un compagnon de route. Ensuite, en reprenant l'aventure en Coop, vous aurez droit à des missions et cinématiques supplémentaires sans parler de quelques effets hallucinatoires inédits. De plus, dénicher les matériaux sera moins pénible puisque les ressources seront communes aux deux personnages. Vous pourrez également échanger les schémas des armes que vous aurez créées avec votre comparse. Bref, ce qui s'annonçait peu intéressant sur le papier se révèle au final une véritable force. Il est ainsi dommage que Dead Space 3 ne mette pas dans le mille à tous les niveaux et qu'au final, l'impression globale soit ternie par les défauts énoncés plus avant. Pas de quoi soupirer car au-delà de ces imperfections, ce nouveau volet de la saga perpétue une certaine forme de tradition horrifique, certes diluée dans un maelström d'idées et d'action pas toujours convaincant, mais souvent prompt à nous ébahir, nous faire sursauter voire à nous donner quelques frissons.

Les notes
  • Graphique 17 /20

    Dans le prolongement des deux précédents opus, Dead Space 3 se veut néanmoins plus inspiré dans sa première partie que dans sa seconde grâce à quelques plans de toute beauté. Si le soin apporté aux décors reste toutefois omniprésent, on retiendra un bestiaire faisant un peu du surplace malgré quelques nouveaux Nécromorphes et divers soldats unitologues venant gonfler le casting.

  • Jouabilté 17 /20

    Si le gameplay se montre très probant dans la majorité des cas, Visceral Games a néanmoins tenté de le rendre plus souple. Pourtant, les échauffourées contre les adversaires humains nous font dire que ce n'est pas tout à fait au point. En effet, on sent bien lors de ces rixes que la jouabilité n'a pas été pensée pour ce type d'affrontements et on peine parfois à être assez réactif pour éviter tirs et lancers de grenades. Enfin, le système de craft s'avère au final très lourd et peu adapté à un jeu comme Dead Space.

  • Duree 15 /20

    Sur ce point, rien à dire. En Normal et en filant en ligne droite, il vous faudra entre 10 et 12 heures pour en voir le bout. Rajoutez à cela plusieurs quêtes annexes rallongeant la durée de vie et vous obtenez une solide campagne solo. Le mode Coop online, quant à lui, est bien pensé et permet de profiter de missions secondaires supplémentaires propres à Carver.

  • Son 19 /20

    Bien que la bande-son soit aussi bonne que celle de ses aïeuls, elle marquera moins les esprits à cause de l'orientation du jeu qui ne lui permet pas une aussi grande variation dans les thèmes ou les ambiances. Néanmoins, entre des morceaux épiques, des riffs directement issus de la saga Alien et une gamme de bruitages ayant fait ses preuves, l'environnement sonore est un pur régal. Le doublage français, lui, est très juste avec des acteurs impliqués et toujours dans le ton.

  • Scénario 10 /20

    Visceral Games a beau essayer de peaufiner son scénario d'épisode en épisode, rien n'y fait, on reste tout le temps au niveau d'une grosse série B bardée de clichés. Du coup, entre des histoires d'amour dont on se fiche éperdument, une mythologie tournant un peu en rond et essentiellement basée sur les bons et les méchants ou bien encore un ultime twist post générique qui ne surprend même pas, on a du mal à être captivé par l'histoire. Retenons quand même de nombreux documents à trouver donnant pas mal d'épaisseur à l'ensemble.

Bien que Dead Space 3 soit un excellent produit, il n'en reste pas moins imparfait. De fait, entre une progression inégale, un système de craft complet mais nullement adapté à un jeu comme Dead Space, des mécaniques tournant un peu en rond, des gunfights vs humains mous du genou mettant en avant les errances du gameplay ou des temps de chargement un peu trop présents, on a un peu de mal à être aussi impliqué que dans les deux précédents volets. Reste un titre agréable, à l'ambiance sonore quasi parfaite, plutôt intelligent dans sa conception et proposant un mode Coop intéressant.

Profil de Logan
L'avis de Logan
MP
Journaliste de jeuxvideo.com
05 février 2013 à 14:59:14
16/ 20
Lecteurs Jeuxvideo.com
L'avis des lecteurs (221)
Lire les avis des lecteurs Donnez votre avis sur ce jeu !
15/ 20
Mis à jour le 05/02/2013 Voir l'historique
Xbox 360 Action Survival-Horror Visceral Games Electronic Arts
  • Partager cette page :
Dead Space 3
PC PS3 360
pas d'image
AvantArrière
  • Accueil
  • Tests (18)
  • News (49)
  • Vidéos (32)
  • Images (867)
  • Wiki / ETAJV
  • Wallpapers (10)
  • Forum
HISTORIQUE DES ARTICLES
  • Test : Dead Space 3
    -
    360
  • Aperçu : Dead Space 3
    - 35
    360
  • Aperçu : Dead Space 3
    - 26
    360
  • Aperçu : Dead Space 3 - GC 2012
    - 25
    360
  • Aperçu : Dead Space 3 - E3 2012
    - 36
    360
Boutique
  • Dead Space 3 360
    15.99 € Neuf
    13.30 € Occasion
Mettre en valeur Masquer

Vous pouvez mettre en valeur les zones que vous désirez ainsi que noircir les zones que vous désirez cacher.