Test GunLord- Dreamcast

Dreamcast

Après plusieurs mois de retard, GunLord, le titre indépendant de la NG:DEV.TEAM, est finalement disponible sur Dreamcast et Neo Geo. Ce run and gun old-school constitue l'occasion de (re)découvrir ce que l'on peut considérer comme un véritable jeu du début des années 90, époque à laquelle les films d'action contenaient encore des robots mitrailleurs venus du futur, plutôt que des hommes en collant ayant du mal à accepter «leur part de féminité».

GunLord

Vanessa Gaiden est portée disparue, alors même qu'elle vient de repousser les forces diaboliques de l'Empire du Mal à bord de son engin spatial Z-42 Warpster. Au même moment, un nouvel être maléfique se faisant appeler «The Master» apparaît afin de semer le chaos dans la galaxie. Gordian Gaiden, mari de Vanessa, décide alors de partir à la recherche de sa femme, peu importe les dangers qui l'attendent... Ce scénario très élaboré prend en fait place directement à la suite des évènements relatés dans Last Hope, un autre jeu old-school de la NG:DEV.TEAM. Il va sans dire qu'en télescopant deux trames qui n'ont ni queue ni tête, on obtient un beau n'importe quoi qui sonne comme l'aveu délibéré de créer une intrigue d'une vacuité totale. Très bien, le message est passé : on n'est pas là pour faire la causette !

Test GunLord Dreamcast - Screenshot 1Les graphismes évoquent immédiatement la Megadrive.

Là où Last Hope proposait un hommage à R-Type, GunLord peut lui porter le nom de Turrican tant il en exploite les mêmes mécanismes. En effet, M. Gaiden, équipé de sa combinaison futuriste, est amené à parcourir des niveaux de plates-formes 2D remplis d'ennemis, des passages secrets, où la liberté d'action est élevée, du moins pour le genre. Mais alors qu'il aurait pu se contenter d'évoquer la série Turrican, GunLord propose un armement très proche de celle-ci, la capacité de se rouler en boule (elle-même presque plagiée de la morphing ball de Metroid par les concepteurs de Turrican), le tout servi par la même précision et animation lors des déplacements. Bref, le but avoué de la NG:DEV.TEAM de concevoir un Turrican-like est atteint... Mais copier une prestigieuse série suffit-il à concevoir un jeu tout aussi excellent ? Rien n'est moins sûr.

Test GunLord Dreamcast - Screenshot 2L'action est omniprésente et ne laisse pas une seconde de répit.

Les commandes de base sont simples : une touche de saut, une touche de tir et la possibilité de faire feu dans huit directions tout en se déplaçant. A cela vient s'ajouter un tir orientable avec précision à 360 degrés qui rend le personnage statique mais qui vide en contrepartie une jauge présente au bas de l'écran. Néanmoins, cette dernière se remplissant automatiquement, il n'est pas bien difficile d'en abuser. Des smart bombs en quantité limitée permettent de faire le ménage à l'écran tandis que se rouler en boule permet de poser des bombes et de se faufiler dans des passages étroits, voire d'exécuter des esquives. Le personnage est au final très agréable à manier, bien qu'un petit peu rigide. Parmi les différents objets disséminés dans les niveaux, des améliorations peuvent vous fournir des armes plus puissantes, pour une durée limitée, et dont le schéma d'attaque est propre. Le personnage peut encaisser jusqu'à deux coups, le troisième s'avérant mortel. Heureusement, vous disposez de plusieurs vies et crédits, et le personnage réapparaît à l'endroit exact où il a été tué.

Test GunLord Dreamcast - Screenshot 3Les boss sont vraiment gigantesques.

Les niveaux se veulent vastes et sont parfois labyrinthiques. Néanmoins, des indications (des flèches) fournissent explicitement la direction à suivre pour progresser vers leur dénouement. Dans ce cas-là, pourquoi ne pas tout simplement les suivre plutôt que de perdre son temps dans des impasses ? Outre la prolongation de l'expérience de jeu, ces chemins secondaires sont l'occasion de déceler un grand nombre de vies supplémentaires et autres objets améliorant la santé ou le score. Il suffit donc de jouer avec un peu de finesse, et fouiller les décors rapportera plus de vies que cela n'en coûtera. Des cristaux parsèment les environnements et pour obtenir un bon pourcentage de complétion en fin de niveau, il faut tous les collecter.

Test GunLord Dreamcast - Screenshot 4Vous disposez d'un armement relativement varié.

Jusqu'à maintenant, ce GunLord s'annonce sous les meilleurs auspices, mais voilà, une série de points noirs viennent ternir le tableau. Tout d'abord, la construction des niveaux n'est pas toujours parfaitement adaptée au gameplay. Le protagoniste pouvant exécuter des sauts de la hauteur de l'écran, il n'est pas rare de foncer – littéralement – tête la première dans un ennemi qui se trouvait juste un peu trop haut pour être visible. A force, cela devient agaçant et conduit à briser le rythme du jeu en forçant le joueur à laisser enfoncée la touche «haut» du pad afin de déplacer la caméra avant d'explorer verticalement les niveaux. Aussi, le mot «énorme» généralement employé par les développeurs pour qualifier les environnements n'est finalement approprié que pour les stages 1 et 3, sur un total de 10 niveaux. Au fil de la progression, les niveaux rapetissent et perdent en qualité : alors que le niveau 3 contient deux boss, les stages suivants n'en présenteront souvent aucun, dommage !

Test GunLord Dreamcast - Screenshot 5Mis à part l'arrière-plan et quelques éléments de décor, les niveaux ne sont pas si différents que cela.

Techniquement, le jeu a fait le pari de plaire en adoptant un style rétro plutôt convaincant qui évoque davantage la Megadrive que la Super Nes de par le caractère relativement terne des graphismes. Malgré de nombreux tirs, explosions et ennemis à l'écran, l'action reste claire et le jeu n'accuse aucun ralentissement. Les boss sont de taille impressionnante et bien que l'un d'entre eux soit un exemple en matière d'animation réussie (un dragon), les autres ne sont souvent que de gros sprites statiques. Bien sûr, il est inutile de se lancer plus en avant dans une critique poussée de l'aspect graphique d'un jeu qui exhibe fièrement ses attributs vieille école. Question difficulté, le titre n'est pas aussi ardu que les jeux dont il s'inspire : bien qu'il ne faille pas espérer en voir le bout dès la première partie, il n'est certainement pas à cataloguer parmi les jeux les plus hardcore de l'univers vidéoludique.

Shametblame (contributeur de jeuxvideo.com), le 06 juillet 2012

Les notes

  • Graphismes 14/20

    On a affaire à un rendu Megadrive sur des consoles capables de faire bien mieux... Si cela ne vous plaît pas, c'est que vous ne faites tout simplement pas partie des personnes à qui s'adresse ce jeu ! Le résultat final est convaincant et devrait plaire aux nostalgiques.

  • Jouabilité 14/20

    Les points forts de la jouabilité ? C'est du Turrican : rapide, efficace et précis. Les points noirs de la jouabilité ? Ce n'est que du Turrican : aucune originalité ne vient démarquer GunLord de sa muse, certaines bonnes idées introduites dans la prestigieuse série n'étant pas réutilisées ici. De surcroît, le level design est moins inspiré et la répétitivité du gameplay peut rapidement se faire sentir. Un niveau de shoot'em up est proposé pour diversifier l'expérience de jeu, mais il s'avère court, bourrin et finalement anecdotique.

  • Durée de vie 12/20

    Les dix niveaux présents sont de longueur inégale, l'un pouvant prendre vingt minutes lorsqu'un autre peut se terminer en cinq. Un classement en ligne des meilleurs joueurs est proposé, mais recommencer ses parties afin de collecter tous les cristaux et améliorer son score risque de ne pas amuser tout le monde. Enfin, aucun choix du mode de difficulté ne permet de diversifier les parties.

  • Bande son 14/20

    La NG:DEV.TEAM s'est ici éloignée de son apparente ligne de conduite consistant à proposer une expérience old-school. Le résultat n'est certainement pas mauvais mais somme toute assez discret. Les bruitages et autres voix digitalisées sont par contre réalisés dans un esprit purement arcade qui feront sourire les connaisseurs.

  • Scénario

    Un héros part à la recherche de sa femme et va, au détour d'un chemin, en profiter pour sauver la galaxie d'une menace maléfique... no comment. Remarquons néanmoins la présence d'une scène d'introduction dans la plus pure tradition arcade qui, avec un peu de second degré, devrait beaucoup amuser.

  • Note Générale14/20

    Un Turrican-like qui propose une expérience de jeu sympathique. Mais vaut-il vraiment la peine d'investir dans une telle production lorsqu'on peut se procurer à prix réduit un véritable Turrican, plus mythique, authentique et surtout plus réussi ? Finalement, GunLord devrait surtout plaire aux nostalgiques en manque de «nouvelles vieilles productions».

    La note de la rédaction est une appréciation de la qualité générale du jeu, mais n'est pas une moyenne arithmétique des différents critères.

  • Note Lecteurs 15/20

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