Test Max Payne 3- PlayStation 3

PlayStation 3

Quand on s'appelle Max Payne et qu'on collectionne les fantômes, il faut être bien naïf pour s'imaginer pouvoir prendre un nouveau départ sous le soleil latin du Brésil. Pas de bol Max, les cadavres te suivent toujours et ton manque de jovialité ne va pas s'arranger.

Max Payne 3

Max Payne quittant la grisaille new-yorkaise au profit du soleil de Sao Paulo, troquant sa veste en cuir pour un débardeur dans un troisième opus même pas développé par Remedy ? Plus d'un fan s'est laissé aller au réflexe compréhensible du "Non mais oh c'est quoi ce foutoir ?! Et quoi, il a arrêté les antalgiques ?". Mais c'était oublier que c'est Rockstar qui a pris la relève, une boîte qui n'a pas peur de se la jouer old-school et qui connaît son affaire quand il s'agit de travailler l'atmosphère. De fait, on peut le dire tout de suite, Max Payne 3 est la suite bien légitime de la série. Plus âgé de quelques années, tonton Max est une épave à la dérive, laminé par les événements des deux opus précédents, la mort de sa famille, la mort de Mona... Bref, alcoolique et accro aux antidouleurs, il finira par commettre la boulette qui le forcera bon gré mal gré à quitter le pays et à caresser l'espoir d'un nouveau départ. Les raisons qui conduiront à cette nouvelle vie étant narrées lors de niveaux flash-back.

Test Max Payne 3 PlayStation 3 - Screenshot 166Party like it's like 2001

Très vite, on réalise que si l'action a quitté New York, les codes de la série sont parfaitement respectés et que Sao Paulo n'a rien d'une ville de rêve. Garde du corps au service d'une famille richissime, Max supporte tant bien que mal le train de vie de ses employeurs fait de fêtes orgiaques embellies à la cocaïne en contemplant la misère des favelas, ce qui nous vaut les premiers commentaires acerbes du narrateur. Rockstar n'a évidemment pas fait une croix sur la voix de l'antihéros qui commente en permanence les événements et permet de suivre son évolution au fil de l'histoire, à moitié saoul la plupart du temps. Ce qui justifie les effets graphiques présents sur nombre de cinématiques qui reprennent, à leur façon, le style roman-photo iconique de la licence. De l'esthétique aux dialogues en passant par la galerie de personnages et les doublages d'exception (James McCaffrey travaillant jusqu'au moindre soupir de Max), l'ambiance ne va certainement pas décevoir les fans. Le matériel de base déjà excellent profite de la patte de Rockstar qui n'a pas vraiment de leçon à recevoir dans ce domaine. Pas plus qu'en matière de scénario, car si tout commence lors du kidnapping de la jeune Fabiana Branco, ce ne sera que le début d'une lente descente aux Enfers pour un Max Payne qui va découvrir plus d'une horreur dans les bas-fonds de Sao Paulo. Le Max au crâne rasé et en débardeur n'arrive d'ailleurs qu'assez tardivement dans l'histoire, au terme d'un voyage mouvementé.

Test Max Payne 3 PlayStation 3 - Screenshot 167Souci du détail : en jeu, Max tient toujours les armes encombrantes dans sa main, pas de poches magiques.

Pas de craintes donc, tout ce qu'on a pu aimer dans les deux premiers épisodes est au rendez-vous, ce qui n'empêche pas Rockstar de faire évoluer le personnage devenu plus "badass" sans pour autant s'être changé en héros de Gears of War. En vérité, le gameplay offre des sensations très proches des opus originaux, un côté old-school qui se ressent d'ailleurs dans les dégâts vite encaissés pouvant rapidement vous mettre à terre. Les antidouleurs, faisant toujours office de kits de soins, ont tendance à ne pas sagement vous attendre au milieu du chemin tous les trois mètres. Rockstar a donc conservé les fondamentaux de Remedy, à base de bullet time qui se recharge en fonction de vos tirs et de sauts au ralenti permettant d'aligner les cibles en évitant les milliers de balles qui pleuvent dans les phases d'action les plus musclées. L'occasion d'admirer le travail accompli sur les animations, aussi bien dans la façon dont Max se réceptionne (brutalement et en grognant sous l'impact) que lorsque le joueur entreprend de vouloir tirer sur un adversaire placé sur le côté, le bras de Max commençant à chercher la cible, suivi par son torse et jusqu'à ce qu'il soit complètement retourné. On a rarement vu des mouvements aussi naturels dans ce genre de situations.

Test Max Payne 3 PlayStation 3 - Screenshot 168Le spécialiste de la journée pourrie c'est qui ?

De petites nouveautés d'importance font toutefois leur apparition. En premier lieu, après un dodge, le joueur a la possibilité de rester allongé au sol pour finir le travail en évitant de s'exposer aux balles. Un système de couverture classique est également introduit de même qu'une frappe au corps-à-corps qui se compose d'une série de torgnoles dont la conclusion est une exécution sans appel. Pratique quand on s'est fait surprendre d'un peu trop près. La plus notable introduction de Rockstar demeure toutefois "l'action cinématique" qui permet de repasser sans transition d'une cut-scene à l'action, le joueur reprenant progressivement le contrôle, souvent pour une phase spectaculaire du genre "même pas peur je saute à travers la vitre, je dégomme les 6 pelés en dessous et je m'écrase au sol comme un sac de pierres." Effet garanti, presque autant qu'avec la kill cam à laquelle on a droit une fois le dernier ennemi d'une zone abattu, récompense pour avoir survécu à des fusillades parfois très tendues mais qui, sous l'effet du bullet time, du dodge, de la localisation des dégâts et de la physique qui met à mal le décor, sont d'une efficacité imparable. Planquez-vous derrière un pilier et vous le verrez peu à peu s'effriter en blocs de tailles variables, dans un bureau où chaque espace de travail est séparé par un simple paravent, vous aurez le loisir de constater la fragilité du mobilier professionnel quand on le maltraite au plomb. Même les portes claquent quand les balles perdues viennent les frapper. Et si un headshot bien placé, quand il n'est pas simplement indispensable, fait chuter la plupart des ennemis, la façon dont les adversaires lourdement blindés se font propulser en arrière quand on leur lâche un chargeur dans la poitrine vaut le détour. Pour dire les choses clairement, en renouvelant les ficelles classiques de Max Payne, Rockstar est parvenu à offrir aux fans et aux nouveaux venus un gameplay jouissif et une ambiance monstrueuse. Le tout ayant de surcroît le bon goût d'offrir une durée de vie dépassant les 10 heures, chose de plus en plus rare pour un jeu d'action aussi bourré d'adrénaline.

Test Max Payne 3 PlayStation 3 - Screenshot 169Quelques chapitres sont consacrés aux évènements du passé de Max qui l'ont conduit au Brésil.

Une fois la campagne solo bouclée, vous aurez la possibilité de rentabiliser un peu plus votre investissement. Toujours en solo, le mode Arcade permet de rejouer les missions de la campagne en cherchant à booster votre score grâce à vos performances ou d'opter pour le mode New York Minute qui consiste à jouer avec un temps limité (1 minute au départ), chaque tir vous faisant engranger des secondes supplémentaires. Toutefois, la grosse et inattendue innovation ici, c'est évidemment le multijoueur dans lequel Rockstar a même trouvé le moyen d'intégrer intelligemment le bullet time. Plutôt fourni, le multi s'étend du combat à mort classique à des modes qui deviendront sans doute assez populaires. On pense notamment à celui dans lequel deux joueurs endossent les rôles de Max et de Raul Passos, son compagnon de route du solo. Seuls contre les autres joueurs, les deux lascars doivent survivre aussi longtemps que possible à la chasse à l'homme. Le mode Gang Wars devrait lui aussi s'assurer un certain succès grâce à sa façon de mélanger aléatoirement divers modes de jeu pour 5 missions successives opposant deux équipes de 8. Mais si le gameplay multi est fun, frénétique et susceptible de séduire, Rockstar a également deux autres atouts pour attirer les amateurs : l'expérience et l'aspect communautaire. La possibilité de créer son propre gang, d'acquérir des points d'XP bénéficiant aussi bien au joueur qu'à son équipe et le haut degré de personnalisation de la tenue, des armes et des aptitudes spéciales sont des perspectives qui ont des chances de fidéliser un bon nombre d'entre vous. En somme, c'est un carton plein.

Les images affichées sur cette page sont fournies par l'éditeur. Nos images et vidéos maisons seront mises en ligne le 18 mai.

Dinowan, le 14 mai 2012

Les notes

  • Graphismes 17/20

    Max Payne offre quantité de panoramas différents, des boîtes de nuit pour gosses de riches aux immeubles en construction pour finir dans les favelas, on change constamment de décor et on profite de la foison de détails, des effets de mise en scène ou graphiques (parfois un poil trop présents peut-être) et surtout de l'animation impeccable de Max dans ses oeuvres.

  • Jouabilité 17/20

    Pas d'effet de manche ici, pas de shaky cam à la mode ou de sprint sous stéroïdes avec caméra sous les genoux. Rockstar a puisé à la source et sert un gameplay et un feeling très proches des deux opus d'origine : du gunfight intense dans lequel on use et abuse du bullet time et des sauts. Le résultat a des airs très old-school plus que plaisants, même si certains le trouveront sans doute classique. Les ajouts de Rockstar modernisent la formule et viennent encore dynamiser l'action.

  • Durée de vie 16/20

    Selon le mode de difficulté (et il y a de quoi se payer un challenge), comptez entre une dizaine et une douzaine d'heures pour les 14 chapitres du solo. On peut encore y ajouter les deux variantes du mode Arcade ou surtout le mode multi qui ne devrait pas manquer d'adeptes.

  • Bande son 19/20

    Les doublages en anglais ont des chances d'entrer au panthéon du jeu vidéo, celui de Max en particulier auquel James McCaffrey donne vie avec un soin impressionnant. Les autres personnages sont cependant bien loin d'être en retrait. Les différents thèmes musicaux sont excellents et donnent parfaitement corps à l'action, soutenus à merveille par les effets sonores. Une fichue réussite.

  • Scénario 18/20

    Dan Houser qui a déjà officié à l'écriture de GTA IV et de Red Dead Redemption signe un scénario noir, une descente aux Enfers qui réserve son lot de mauvaises surprises, de cynisme, de personnages forts, de doutes et surtout de cadavres, sans oublier les nombreuses références au passé de Max. Le tout est servi par des dialogues affûtés et une mise en scène à faire pâlir plus d'un film.

  • Note Générale18/20

    Sans céder à la tendance du "reboot", Max Payne 3 est une vraie suite qui parvient à changer la donne en embarquant Max dans un voyage chaotique. Respectueux des codes de la franchise, ce troisième opus renoue avec son ambiance noire, son gameplay tendu dont le relatif classicisme est largement compensé par une histoire particulièrement mature et peu encline à la mièvrerie. Une évolution finalement cohérente de tonton Maxou.

    La note de la rédaction est une appréciation de la qualité générale du jeu, mais n'est pas une moyenne arithmétique des différents critères.

  • Note Lecteurs 17/20

Retour haut de page

Infos jeu

  • Editeur : Rockstar Games
  • Développeur : Rockstar Games
  • Type : Action
  • Multijoueurs : Oui, 16 joueurs en ligne
  • Sortie France : 18 mai 2012
  • Version : Voix en anglais, textes en français
  • Classification : Déconseillé aux - de 18 ans
  • Web : Site web officiel
  • Existe aussi sur :
    Max Payne 3 - PC Max Payne 3 - Xbox 360 Max Payne 3 - Mac
Mots-clefs : Max Payne III

Vidéos

Voir les 22 vidéos de Max Payne 3