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Test : Bulletstorm
PS3

De Serious Sam à Painkiller, le shooter bourrin a toujours su s'offrir de beaux et fiers représentants. Bulletstorm en fait clairement partie, bourrin, drôle mais aussi capable de mettre votre créativité à l'épreuve. Un shoot bas du front qui s'assume mais qui n'a pourtant pas oublié d'être bête. Bulletstorm, c'est un peu le Minecraft du FPS.

Il était une fois une jolie équipe de soldats de fortune baptisée Dead Echo au service d'un général pas très net. Voilà qu'un triste jour, ces malheureux et vaillants combattants sont contraints de se retourner contre leur maître et de partir en goguette dans l'espace. Une escapade en quête de vengeance qui les amène à s'écraser sur la planète Stygia, à l'origine joliment urbanisée mais à présent réduite à un champ de ruines peuplé par une bande de grands malades qui passent leur temps à s'écharper avec plus ou moins d'imagination. Pas de doute, Stygia n'est pas hospitalière, entre les gueux psychopathes, les bidules explosifs qui traînent dans tous les coins, les plantes carnivores géantes et la multitude d'objets idéalement placés pour s'empaler dessus, la déco est plutôt médiévale.

Chaque arme dispose d'un tir "chargé".

Seuls survivants du crash, Gray, le héros, et Ishi Sato transformé en cyborg hésitant entre son humanité ou les charmes de l'intelligence artificielle, vont donc devoir s'adapter aux moeurs locales. La première découverte sera celle d'un accessoire prompt à devenir votre meilleur ami : le lasso d'énergie, jouet utile pour interagir avec certaines parties du décor ou surtout amener à soi les fameux bidules explosifs ou les ennemis. C'est la première étape de votre apprentissage des skillshots qui sont à la base du gameplay outrageusement nerveux de Bulletstorm. Ne restera ensuite qu'à apprendre à filer des coups de pied et à se lancer dans d'interminables glissades, car si Gray ne sait pas sauter, il sait glisser. Et gare à ce qui se trouve devant lui.

Le skillshot "Gag Reflex" est un tir à la gorge qui demande une certaine précision.

Pour la petite histoire, sachez d'ailleurs que People Can Fly a poussé le vice jusqu'à justifier ces meurtres stylés dans le scénario. Mais on ne vous en dira rien, en revanche, on se fera un plaisir de vous expliquer comment tout cela fonctionne. En somme, tout ce que vous faites ayant pour conséquence le décès violent d'un adversaire vous rapporte plus ou moins de points. Le skillshot de base est bête comme chou. Vous chopez un type avec votre lasso, vous lui balancez un coup de pompe pour l'expédier plus loin puis vous lui tirez dessus jusqu'à ce que mort s'en suive. Hop, vous avez réalisé un bullet kick. Si en plus vous lui tirez en pleine tronche, vous ajoutez un headshot. Balancez le bonhomme dans le vide, vous exécuterez alors un vertigo. Faites-le en lui tirant dessus au fusil à pompe, et ce sera un vertigo avec pump action. Et que je te coupe en deux d'un coup de pétoire, et vas-y que que je te fais bouffer par une plante carnivore etc. Suivent les empalements sur toutes sortes de trucs pointus, du cactus géant à la poutre en fer ou la projection sur des surfaces électrifiées. Enfin tout ça, ce sont les bases. Ensuite on pourra s'amuser à tirer sur des parties précises du corps, de la gorge à... oui vous savez très ce qui va suivre. Mais il faut également savoir que chaque arme propose ses propres skillshots. L'une d'entre elle est particulièrement amusante. Lançant deux grenades liées entre elles par une chaîne, elle ligote sa cible que l'on pourra ensuite projeter vers ses copains pour accomplir le très élégant gang bang. Mais on pourra également placer ces doubles grenades au sol ou sur le décor pour miner le terrain. Le tir secondaire de ce qui ressemble faussement à un bête pistolet sera utile pour enflammer quelques mutants auxquels on ne manquera pas de faire subir deux ou trois supplices supplémentaires. Combiner, c'est la clef.

Une arme efficace, un environnement propice : le massacre assuré.

Il faut savoir garder les yeux ouverts pour réaliser les meilleurs frags car souvent, l'environnement offre de nombreuses opportunités. Mais savoir exploiter son matériel permet déjà de faire des merveilles. A ce titre, le lasso est un outil capital, notamment lorsqu'on l'améliore pour obtenir le sismochoc capable de propulser ennemis et objets dans les airs. En extérieur, on en profitera pour faire quelques ball traps, en intérieur, on veillera à le déclencher en présence d'un plafond bas et particulièrement accidenté. Enfin, bon, on ne va pas vous faire une liste complète des skillshots. D'une part, il y en a plus de 130, d'autre part, ça ruinerait un peu la surprise de la découverte. Sachez simplement qu'on en compte de vraiment très drôles mais que pour y avoir accès, il faut les débloquer en accumulant suffisamment de points d'XP qui serviront également à faire ses achats de matériel à chaque fois que l'on croisera un dropkit (ou le bien nommé largasin en version française). C'est d'ici que l'on pourra améliorer un peu ses armes en augmentant leur capacité ou surtout en débloquant leur tir chargé. Le fusil à pompe génère une onde de chaleur qui désintègre tout ce qui se trouve sur son passage, le pistolet balance une fusée, le lanceur de "chaînes à grenades" se transforme en cisaille géante etc. On ne trouve "que" huit armes dans le jeu, mais elles offrent déjà bien assez de possibilités. Seul regret, le fait que le lance-grenades et le fusil soient franchement des armes de second choix (voire carrément des armes rebutantes dans le cas du snipe).

Votre petit camarade à quelques problèmes de personnalité.

Et sinon c'est fun ? Oui, un grand oui. Pour faire une comparaison, ceux qui se souviennent s'être amusés comme des fous sadiques avec les pieux de Painkiller sont assurés de prendre leur pied dans Bulletstorm en martyrisant la horde de bad guys dégénérés qui vous tombent sur la tronche. Mais non seulement c'est drôle, mais en plus, sous son allure de shooter sans cerveau, Bulletstorm est finalement assez exigeant, du moins si on tient à assurer de belles performances. Il faut savoir se montrer précis, imaginatif et capable de repérer rapidement les opportunités qui se présentent, tout ça au milieu du foutoir parfois monumental qui règne à l'écran. On ne parle pas de skillshot sans raison. Régulièrement, on est surpris par certaines choses qui se produisent et que l'on n'avait pas nécessairement anticipées. Cerise sur le gâteau, en dépit du fait que Bulletstorm soit hautement scripté et demeure un jeu couloir, le level design est varié, bien pensé et profite d'un très chouette travail artistique. Le tout offre une belle diversité dans les situations ou les types d'ennemis avec quelques intermèdes venant rompre le rythme de croisière du jeu. Dommage toutefois que certaines séquences soient inutilement longues comme ce fastidieux combat contre un boss végétal. Car s'il est emporté, le rythme du FPS de People Can Fly souffre par moments de petites baisses de régime, en particulier sur son dernier quart d'ailleurs qui a de plus le mauvais goût d'insister sur des environnements étriqués collant mal avec l'esprit du gameplay. On lui pardonne au regard des quelques séquences épiques qu'il propose ou même de son excellente ambiance.

Le design des barjots du coin a un petit côté SM, vite fait.

On peut s'en étonner, mais on parvient assez aisément à s'attacher au trio formé par Gray, Ishi et Trishka qui les rejoint assez rapidement. Concernant Gray, s'il la joue mec plein de blessures secrètes mais sur la voie de la rédemption, il n'en reste pas moins un gros boeuf qui préfère percer un trou dans le mur plutôt que faire un pas de côté pour prendre la porte. C'est un bourrin bas du front qu'on nous fait incarner et c'est assez jouissif. Une grosse baraque sortant vanne sur vanne et se faisant régulièrement rembarrer par Trishka. En version originale, certaines répliques d'un humour qui tache, souvent gras et vulgaire, peuvent se montrer hilarantes. Dommage que la version française, même si elle jouit d'un bon jeu d'acteur, ne soit pas vraiment à la hauteur avec des tirades remplacées par des références franco-franchouillardes plutôt dispensables et qui n'avaient pas vraiment lieu d'être. Un conseil, si vous n'êtes pas anglophobes, jouez en anglais.

Retenez cette phrase : "tire sur son sac à dos". Elle va vous servir.

En résumé, People Can Fly signe une campagne solo particulièrement agréable, défoulante et drolatique mais pas exempte de quelques défauts. On a cité les petits problèmes de rythme, on pourra ajouter la pléthore de bugs. Graphiquement, on n'échappe toujours pas aux problèmes de l'Unreal Engine 3 avec des affichages tardifs de textures (et parfois très, très tardifs) accompagnés par des bugs de collision ou des soucis de physique. Mais ce sont les bugs entravant la progression qui sont les plus dommageables au jeu. PNJ qui reste bloqué alors qu'il est supposé ouvrir une porte, interaction qui ne se lance pas et vous empêche de franchir un fossé, joueur qui reste scotché à un bout de décor, autant de problèmes qui n'ont en l'état qu'une seule solution : recharger un point de passage. Heureusement, les checkpoints sont nombreux mais pour piquer une colère, il n'y a pas mieux. Si les versions testées étaient finales, alors attendez-vous à l'arrivée d'un sacré patch le jour de la sortie de Bulletstorm. Accessoirement, si on ne fera pas de reproches à l'IA ennemie, qui s'en passe très bien, les deux équipiers sont parfois passablement pénibles dans leur façon de se planter sur votre chemin. En pleine action, ça peut vite devenir handicapant.

Le mini-gun est, avec le snipe, l'une des armes les moins réussies.

Outre sa campagne, Bulletstorm offre deux autres options de jeu dont une en multijoueur, le mode Anarchy qui rappellera des choses aux joueurs de Gears of War 2. Ici, 4 joueurs plantés sur une carte de petite taille doivent travailler ensemble pour venir à bout de vagues d'ennemis successives. L'idée étant de réaliser des skillshots coopératifs de façon à engranger suffisamment de points pour accéder à la vague suivante. C'est un peu le royaume de la Double Penetration (qui s'exécute en tirant à deux sur un ennemi, évidemment), de la Double Dose (matraquage de coups de latte) et on en passe. Chaque action coopérative rapporte des points supplémentaires. Pour augmenter un peu la difficulté, des défis réguliers sont imposés, obligeant à réaliser une action spécifique sur un ennemi désigné. Si on rate ces défis, passer à la vague suivante sera particulièrement épineux. Pour progresser, il est donc rigoureusement indispensable de communiquer avec ses partenaires et de s'entendre à merveille avec eux. On serait fortement tentés de dire que le mode Anarchy se résumera à des parties entre vrais potes et pas avec le premier mec venu en ligne. En tout cas c'est rigolo, mais finalement vite limité, d'autant qu'on ne trouve que 6 maps. Fatalement, on en fait vite le tour. Le hic c'est que c'est le seul mode multi. La suite, c'est le mode Echo et là, c'est un peu la douche froide. Destiné aux amateurs de scoring, il propose de traverser des niveaux le plus rapidement possible en réalisant le plus haut score. Avec un classement en ligne cela va sans dire. Bon, pourquoi pas... si au moins les niveaux en question n'étaient pas bêtement des segments tronqués de la campagne solo. D'un intérêt discutable, le mode Echo a de faux airs de bouche-trou que l'on apprécie guère. Et non, bouche-trou ne fait pas partie de la liste des skillshots. Côté multijoueur, on se sent donc légèrement floué. Et la présence d'un "Contenu Téléchargeable" dans le menu nous laisserait facilement penser qu'un nouveau mode finira par débouler en ligne, mais à quel prix ?

Images fournies par l'éditeur (nos images et vidéos du jeu arriveront en fin de semaine).

Les notes
  • Graphique 15 /20

    Côté design, Bulletstorm ne manque pas de charme, les environnements sont variés, du désert au décor urbain en ruines qui s'effondre sous nos pas. On craignait l'ennui graphique, on en est loin. Techniquement en revanche, le bilan est plus inégal avec pas mal de bugs, des problèmes d'affichage de textures ou de disparition d'éléments. Pour compenser, le frame-rate est stable, malgré une action dynamique et certains passages épiques.

  • Jouabilté 16 /20

    Une fois qu'on a pris l'habitude de ne plus chercher à sauter, on découvre un gameplay très nerveux et bien pensé dans sa façon d'intégrer les skillshots. Ca n'a rien de révolutionnaire et le jeu reste très linéaire mais le résultat est plutôt fendart.

  • Duree 13 /20

    Comptez environ 7 heures pour boucler la campagne solo qui ne profite pas forcément d'une grande rejouabilité. La moyenne basse du FPS. Le mode multijoueur est amusant mais son principe reste assez limité. Quant au mode Echo, on en fait vite le tour et il ne passionnera que les fans absolus de scoring.

  • Son 17 /20

    Les développeurs ont su pondre quelques dialogues pas piqués des hannetons, à condition toutefois d'opter pour la VO, la VF étant un peu trop... franchouillarde.

  • Scénario 13 /20

    Le scénar' n'est pas très épais mais People Can Fly a fait un chouette travail d'ambiance et a poussé le vice jusqu'à justifier les skillshots. C'est idiot, ça ne sert pas à grand-chose, mais c'est très louable.

Attention à ne pas voir un messie du FPS dans Bulletstorm qui se "contente" de remettre au goût du jour et avec humour le FPS bourrin au possible. Abordable comme un vaste défouloir ou comme un titre dans lequel vous pourrez vous creuser la tête pour dénicher la meilleure façon de dévisser celle des autres, Bulletstorm aurait sans doute mérité un mode multi plus étoffé mais saura vous faire jubiler bêtement pendant des heures.

Profil de Dinowan
L'avis de Dinowan
MP
Journaliste de jeuxvideo.com
22 février 2011 à 18:06:06
16/ 20
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Mis à jour le 22/02/2011 Voir l'historique
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