Test Rhem 4- Mac

Mac

En 8 ans et 4 épisodes, la série Rhem aura réussi le double exploit de s'imposer comme une saga qui compte dans la petite famille des jeux d'aventure-réflexion mais aussi d'avoir survécu à l'arrêt du maître étalon Myst, à qui elle doit beaucoup. Ce quatrième volet invite une nouvelle fois les amateurs de puzzles et de casse-tête à se pencher sur de belles énigmes tout en explorant le mystérieux monde de Rhem. Préparez vos neurones. Pour eux, l'aventure ne sera pas une promenade de santé, mais un vrai parcours du combattant.

Rhem 4

La série Rhem se distingue principalement par deux éléments communs à chaque épisode : des énigmes qui prennent le pas sur un scénario parfaitement secondaire, et une réalisation graphique et sonore archaïque. En fait, l'association de ces deux composantes est exactement ce qui donne à Rhem son cachet si unique aujourd'hui. Effectivement, si les jeux d'aventure de ce type étaient encore monnaie courante au début du siècle (Myst, Schizm, Comer, Alida, etc.), ils sont désormais bien plus rares, surtout dans le circuit de distribution classique. Cela n'empêche pas Knut Müller, l'homme derrière Rhem, de poursuivre son bout de chemin, et d'ouvrir pour ses fans un nouveau pan de sa saga en s'appuyant sur une histoire toujours aussi maigre, une réalisation technique que l'on pourrait facilement dater au carbone 14 et une flopée d'énigmes de haut vol qui font mal à la tête. Nous voilà donc repartis dans les couloirs cubiques de Rhem pour explorer une nouvelle partie du monde, tout juste découverte et qui abriterait un second système de transport vers l'extérieur.

Test Rhem 4 Mac - Screenshot 2Nous voilà de retour à Rhem.

L'entrée en matière est aussi abrupte que celle des trois autres Rhem, on commence à y être habitué. Muni d'une lettre, d'un schéma et du cristal noir récupéré dans le précédent volet, nous faisons nos premiers pas en ne sachant que le strict minimum sur notre présence ici. On nous apprend seulement qu'il va falloir trouver neuf fragments d'une clé pour accéder au système de transport et repartir chez nous. Durant le jeu, quelques documents écrits ou filmés permettront de donner un peu d'épaisseur à cette quatrième virée sur Rhem, mais rien d'assez consistant pour réellement nous tenir en haleine et nous impliquer dans l'histoire. Qu'à cela ne tienne, l'intérêt de la série ne s'est jamais trouvé dans son scénario et ce quatrième volet ne fait pas exception à la règle.

Test Rhem 4 Mac - Screenshot 3L'observation est clé dans ce monde étrange.

Tout joueur de Rhem le sait, la véritable substance du jeu se trouve dans ses énigmes. A ce niveau, Rhem 4 est largement satisfaisant et délivre exactement ce que l'on attend de lui. Les puzzles sont nombreux, souvent compliqués et plutôt bien intégrés dans les lieux visités. Il est d'ailleurs difficile, voire impossible de dissocier l'exploration du monde de la résolution des casse-tête. D'abord parce que les énigmes commandent généralement l'ouverture directe ou indirecte d'une porte mais aussi parce que le monde de Rhem a cette particularité de distiller tous les indices nécessaires un peu partout autour de lui. Cette frise qui orne le haut de la pièce, cette horloge qui tourne à l'envers, la couleur de ces fleurs, tout peut avoir un sens caché que le bon explorateur prendra soin de noter scrupuleusement dans son carnet, véritable et indispensable compagnon de route durant l'aventure. On appréciera d'ailleurs à sa juste valeur l'option permettant d'enregistrer directement dans le jeu des schémas importants. Notez toutefois que cette fonction est assez guidée et que le titre ne nous autorise pas à photographier n'importe quoi, n'importe quand comme ce pouvait être le cas dans Myst IV par exemple. Ici, un petit symbole apparaît simplement à la lecture de tel ou tel document, pour nous permettre de garder automatiquement en mémoire le schéma ou le code sans avoir à le griffonner nous-mêmes sur un bout de papier. Pratique.

Test Rhem 4 Mac - Screenshot 4Les couloirs sont nombreux et finissent par se ressembler.

Comme toujours, la nature des énigmes est assez variée même si elle a tendance à privilégier l'observation et la logique. Rhem 4 semble aussi particulièrement aimer les codes aléatoires qui changent non seulement d'une partie sur l'autre, mais aussi au cours d'une même partie, provoquant du coup pas mal de frustration chez le joueur. Admettons par exemple que vous ayez besoin d'entrer une séquence chiffrée pour ouvrir une porte. Après bien des tergiversations, vous finissez par découvrir que l'ouverture est directement liée à la séquence lumineuse déclenchée un peu plus loin par un bouton. Les lumières se traduisent en code, et ce code est exactement ce qu'il vous faut pour ouvrir la porte. Le problème est que le code sera différent à chaque fois que vous appuierez sur le bouton, c'est-à-dire qu'il faudra appuyer sur le bouton, noter le code et aller ouvrir la porte. Si vous appuyez de nouveau, le code sera différent et il faudra alors le noter encore une fois. Sachez de plus qu'il faudra systématiquement recommencer la séquence à chaque fois que vous voudrez ouvrir cette même porte. Non seulement, il s'agira d'entrer la séquence mais aussi et surtout d'aller chercher un nouveau code puisque celui que vous avez entré précédemment n'était valide que pour une seule ouverture.

Test Rhem 4 Mac - Screenshot 5Il faudra pas mal marcher entre deux énigmes.

On est d'accord, le plaisir que procure la résolution d'une énigme réside bien dans la découverte de sa solution, et non pas dans la manipulation pure des leviers et autres interrupteurs, n'est-ce pas ? Décoder un casse-tête se savoure la première fois, il n'y a donc plus rien de vraiment amusant à répéter encore et encore les mêmes manipulations pour résoudre maintes et maintes fois les mêmes énigmes. Et puisque les allers-retours dans Rhem 4 sont assez nombreux, ce cas de figure se présente bien trop régulièrement pour être passé sous silence. En fait, il s'agit là du principal défaut que l'on pourrait formuler à l'encontre du jeu. Déjà austère de par son emballage, le titre semble volontairement mettre des bâtons dans les roues du joueur pour rendre certaines étapes plus pénibles qu'elles ne pourraient l'être. Certains rétorqueront qu'un Rhem sans allers-retours ou codes aléatoires n'est pas un Rhem. Peut-être bien. Mais l'abolition, ou du moins l'atténuation de ces lourdeurs, permettrait à coup sûr à la série de toucher un plus large public. Après tout, ce n'est peut-être pas la volonté de Knut Müller que de s'adresser à une nouvelle frange de joueurs. Le développeur continue ainsi dans son créneau en proposant ce qu'il sait faire de mieux : une collection d'énigmes de haut niveau pour les joueurs qui aiment se creuser la cervelle des heures durant.

Jihem, le 07 octobre 2010

Les notes

  • Graphismes 7/20

    A ce niveau, Rhem n'évolue pas. Les multiples écrans fixes qui composent l'aventure sont toujours bloqués en résolution 800 x 600 et affichent des textures assez brouillonnes. L'architecture des lieux est quant à elle très cubique et peine réellement à dégager le charme que l'on pourrait attendre d'un tel jeu. L'univers est étrange, d'accord, mais il est surtout dénué de tout âme ou ambition artistique. C'est bien dommage.

  • Jouabilité 11/20

    A l'aide d'un curseur, le joueur progresse toujours écran par écran, façon diapositives. Si certaines options sont bienvenues (comme le fait de pouvoir conserver et consulter certains documents importants), d'autres problèmes se font sentir dans la jouabilité. Par exemple, l'abondance de codes aléatoires et les innombrables allers-retours pénalisent parfois le plaisir de jouer.

  • Durée de vie 16/20

    Fidèle aux habitudes de la série, Rhem 4 propose une aventure longue grâce à de nombreuses énigmes mais aussi et surtout à un niveau de difficulté bien relevé. Il faudra passer du temps sur Rhem pour s'imprégner de ses puzzles et parvenir à en voir le bout.

  • Bande son 5/20

    Comme pour les graphismes, la bande-son commence à accuser un certain âge. Les sonorités utilisées pour les musiques d'ambiance ou les bruitages souffrent d'une mauvaise qualité de compression. Même chose pour les quelques lignes de dialogues qui, en plus, doivent aussi composer avec des comédiens peu crédibles.

  • Scénario 10/20

    Dire que Rhem 4 poursuit l'histoire de la série est un peu exagéré bien que dans les faits, ce quatrième volet reprend effectivement peu après la fin du troisième. Du coup, les habitués de la série retrouveront quelques noms connus, rien de plus. Le scénario n'est qu'une toile de fond pour justifier la présence d'énigmes, véritables stars de la série.

  • Note Générale12/20

    Rhem 4 ne bouscule pas les bases établies depuis le premier volet de la série. On retrouve donc un jeu de réflexion aux énigmes extrêmement difficiles à ne réserver qu'aux amateurs de vrais défis cérébraux, des joueurs prêts à se concentrer sur le fond sans trop prêter attention à la forme. Pour ceux-là, le voyage se montrera très gratifiant même s'il faut bien l'avouer, la destination n'est jamais très claire, et le paysage manque clairement d'attrait.

    La note de la rédaction est une appréciation de la qualité générale du jeu, mais n'est pas une moyenne arithmétique des différents critères.

  • Note Lecteurs

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Mots-clefs : Rhem 4 : The Golden Fragments, Rhem IV : The Golden Fragments