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Test Last Window : Le Secret de Cape West sur DS du 20/09/2010

Test : Last Window : Le Secret de Cape West
DS

Another Code : Mémoires Doubles et Hotel Dusk : Room 215 font partie des meilleurs jeux d'aventure sur DS, et peut-être même des meilleurs jeux DS tout court. Last Window : Le Secret de Cape West, la suite d'Hotel Dusk, fédérait donc toutes les attentes des fidèles du studio CING, qui a fini par mettre la clé sous la porte peu après la sortie du jeu au Japon. On craignait même ne jamais pouvoir profiter de la nouvelle enquête de Kyle Hyde, ce qui eut été franchement dommage.

De Glass Rose à Last Window, le studio CING n'aura cessé de marteler sa vision du jeu d'aventure à travers des titres abondants de partis pris et destinés à une audience précise : celle qui est prête à composer avec un titre où la narration prime sur le gameplay, pour peu qu'on sache lui raconter une histoire solide dotée de thèmes forts et de personnages complexes et attachants. Voilà pourquoi, au-delà de ses allures de roman interactif à 40 euros, Hotel Dusk : Room 215 avait su trouver son public. Sa suite nous arrive trois ans plus tard dans un contexte différent, celui d'une DS en fin de vie (la nouvelle portable de Nintendo, la 3DS, ne saurait tarder) et d'un studio qui, croulant sous les dettes, a fini par déposer le bilan après la parution de son dernier jeu. C'est donc à une œuvre posthume que nous avons affaire. La question est de savoir si Last Window est le chant du CING.

Le style crayonné et le character design n'ont rien perdu de leur superbe.

Après avoir démêlé un nœud d'intrigues à l'hôtel Dusk, au fin fond du Nevada, l'ex-policier Kyle Hyde est rentré chez lui à Los Angeles, où il poursuit ses enquêtes sous couverture pour la société Red Crown. Son attitude de tire-au-flanc a toutefois le don d'irriter son patron Ed – un ancien ami de son défunt père – qui finit par le mettre à la porte. Déprimé, Kyle se replie dans l'appartement qu'il loue à Cape West pour apprendre une nouvelle tout aussi peu réjouissante : l'immeuble va être cédé par sa propriétaire, Mme Patrice, à un promoteur immobilier qui a l'intention de le raser. Les neuf résidents devront bientôt plier bagages. L'ironie du sort, c'est que si Kyle n'a jamais fréquenté les autres locataires, sa mise à pied va l'amener à les côtoyer durant ses journées de désœuvrement. Ceux qui avaient reproché à Hotel Dusk son entame un peu molle seront sans doute déçus par le début poussif de Last Window, dont l'intrigue est extrêmement longue à se mettre en place. Sur les 10 chapitres que propose le jeu, Kyle passe, en gros, le premier à rentrer chez lui, le second à régler des problèmes de voisinage et le troisième à s'acquitter de loyers impayés auprès de sa propriétaire. Cela permet à CING de planter le décor et les différents protagonistes, mais tout de même ! Il faut attendre plusieurs heures avant de rentrer dans le vif du sujet : quelle est cette mystérieuse étoile rouge qu'un client anonyme demande à Kyle de retrouver ? A-t-elle un lien avec les événements tragiques qui se sont déroulés il y a 13 ans à Cape West, du temps où la résidence était encore un hôtel ? Qui est ce mystérieux Rex Foster qui semble s'intéresser à Hyde ?

L'interface est toujours aussi efficace, et la prise en main excellente.

Voilà autant de questions auxquelles on ne pourra répondre qu'en reconstituant progressivement les pièces du puzzle. En dépit de cette entrée en matière laborieuse que l'on évoquait, l'aventure devient vite passionnante, au point qu'on finit par avoir du mal à lâcher sa DS. Les fans de Hotel Dusk apprécieront notamment les multiples références au premier volet, ainsi que les révélations sur le passé des Hyde (fils et père), si bien qu'on ne saurait trop vous conseiller de l'avoir bouclé pour apprécier Last Window à sa juste valeur. Mais en mettant cette suite en regard de son prédécesseur, il est aussi possible de lui adresser un gros reproche : une certaine propension au recyclage. Bien que différents, les lieux, les personnages et les situations évoquent beaucoup trop Hotel Dusk. L'action se déroule une nouvelle fois dans une résidence dont il faut monter et descendre les étages, parcourir les couloirs, ouvrir les portes et interroger les occupants. On retrouve même un équivalent du Seven Stars - le fameux bar/restaurant de l'épisode précédent - ici devenu le Lucky Café. Pourquoi ne pas avoir intégré cette fois quelques séquences en extérieur afin d'apporter un peu de fraîcheur et de variété ? D'autant que certains protagonistes semblent copiés-collés à partir du premier opus : Tony Wolf et Louis Denonno ont quand même beaucoup (trop) de points communs. Bref, une sensation de déjà-joué peut prédominer de prime abord ; elle se dissipera heureusement au fur et à mesure que Kyle lèvera le voile sur la personnalité véritable ou le passé tumultueux de chaque personnage.

Tony Wolf rappelle Louis Denonno. Au passage, la traduction est remarquable.

Il faut dire que le gameplay n'a pas bougé d'un iota. On tient toujours la console à la verticale, l'écran de droite affichant le plan des lieux, sur lequel on navigue à l'aide du stylet, et l'écran de gauche offrant une visualisation en 3D des environnements par le biais d'une vue subjective. Même si la progression est très dirigiste - seule une action précise permettant de déclencher l'événement voulu, de débloquer l'accès à un endroit donné ou de faire avancer le temps -, on peut examiner et fouiller à loisir les lieux dans lesquels on évolue. Cela s'avère bien souvent inutile, mais ça favorise l'immersion. Lorsque l'on croise un personnage et qu'on entame la conversation avec lui, on a alors la possibilité de le cuisiner en choisissant les sujets à aborder. Il est même possible de réagir à certaines de ses répliques pour lui mettre la pression, mais attention : en cas d'insistance prononcée, le personnage en question perd ses moyens (il prend une coloration rouge à l'écran) et peut couper court à la discussion, ce qui conduit bien souvent au game over. Il arrive en effet à Hyde de se mettre dans des situations où il lui est impossible de poursuivre son enquête : dans ce cas, la partie prend fin. Les game over sont parfois imprévisibles et frustrants : le simple rembobinage d'une cassette peut conduire à recharger la partie. Mais dans l'ensemble, les énigmes de Last Window, qui sont parfois l'occasion d'un mini-jeu d'adresse exploitant la jouabilité tactile de la console, sont extrêmement logiques. Le jeu est tellement linéaire qu'on reste rarement bloqué très longtemps. Sachez enfin qu'un questionnaire vient clore chaque chapitre, une tradition depuis Another Code.

Les environnements 3D ont gagné en détails et en finesse.

Visuellement, le style visuel unique hérité de Hotel Dusk fait toujours aussi forte impression : le rendu crayonné des personnages n'a rien perdu de sa superbe, et il se couple cette fois à une 3D plus fine aux textures plus réussies, au service d'environnements moins vides que par le passé. Le jeu est par contre toujours un peu avare en matière de bruitages, et la musique ne se renouvelle qu'en partie (de nombreux thèmes sont réutilisés). Globalement, Last Window parvient à distiller une ambiance très réussie, typique du début des années 80. Sa structure rigide et statique (les personnages ne se déplacent jamais en temps réel dans la résidence) l'empêche toutefois de se montrer pleinement satisfaisant sur le plan de l'immersion. Difficile de croire une serveuse qui prétend avoir beaucoup de clients à servir quand il n'y a pas âme qui vive dans le bar : on a conscience qu'un roman interactif compte beaucoup sur l'imagination du lecteur, mais il ne faut tout de même pas exagérer ! Le titre cultive toutefois cet aspect en vous invitant à débloquer, chapitre après chapitre, le récit des événements vécus sous un autre angle que celui de Kyle et écrits par le célèbre Martin Summer (les joueurs d'Hotel Dusk apprécieront le clin d'oeil). Cette lecture optionnelle lui permet de gonfler sa durée de vie déjà honorable d'une quinzaine d'heures. Sachez pour finir qu'outre une jaquette absolument superbe, Last Window propose une notice prédécoupée dans laquelle il est possible de glaner certains indices. Bref, en dépit d'une entame un peu poussive et d'une certaine sensation de déjà-joué, il ravira les adeptes des jeux CING qui verront en lui un joli baroud d'honneur.

Les notes
  • Graphique 16 /20

    Le style crayonné des personnages, au service d'un character design qui n'a rien perdu de sa superbe, fait toujours aussi forte impression. Les décors offrent une 3D plus fine, des textures plus propres et des environnements moins vides.

  • Jouabilté 14 /20

    Si la prise en main est excellente, si les capacités du support (double-écran, stylet, micro) sont exploitées à merveille et donnent parfois lieu à d'ingénieuses énigmes typiques de CING, la rigidité des mécaniques de jeu et la linéarité importante de la progression peuvent rebuter.

  • Duree 14 /20

    L'histoire est découpée en 10 chapitres globalement un peu plus longs à parcourir que ceux d'Hotel Dusk, si bien qu'on aboutit à une durée de vie d'une quinzaine d'heures de jeu, épaulée par la présence du roman textuel, que l'on débloque chapitre après chapitre.

  • Son 11 /20

    Le jeu pèche toujours autant sur le plan sonore : les thèmes musicaux, qui peinent à se renouveler depuis le premier Hotel Dusk, peuvent finir par lasser. Quant aux bruitages, hormis les jingles qui accompagnent la résolution d'une énigme, ils se montrent une fois encore trop discrets.

  • Scénario 15 /20

    L'intrigue met beaucoup trop de temps à se mettre en place. Mais passé cette trop longue phase d'exposition et une fois que l'on a commencé à dénouer quelques ficelles, difficile de lâcher la console tant l'histoire est solide et tant les personnages sont attachants.

Last Window : Le Secret de Cape West est la digne suite d'Hotel Dusk, un roman interactif qui avait l'insigne mérite de s'assumer comme tel. Il bénéficie des mêmes qualités narratives, mises en exergue au détriment du gameplay, et du même style visuel unique et fascinant. Il est dommage que son entame un peu poussive et que sa propension à la redite le relèguent un peu en deçà de son prédécesseur, qui bénéficiait de surcroît de l'effet de surprise. Les adeptes des productions CING y trouveront toutefois un titre captivant, difficile à lâcher à partir du moment où l'on a réussi à s'y plonger, à l'instar d'un bon polar.

Profil de pixelpirate
L'avis de pixelpirate
MP
Journaliste de jeuxvideo.com
20 septembre 2010 à 17:37:07
14/ 20
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L'avis des lecteurs (53)
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16/ 20
Mis à jour le 20/09/2010 Voir l'historique
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