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Test : Bully : Scholarship Edition
360

Bully, c'est un peu les origines du mal, le titre qui nous dévoile le profil type de l'adolescent qui commencera par voler des oranges pour finir par s'échapper d'une prison devenue sa résidence permanente. Rockstar ne cherche donc pas à surprendre outre mesure et se calque bien volontiers sur les bases de GTA mais les porte dans un univers frais et plein de vérité malgré la multiplication des caricatures. Laissez-vous charmer, ça passe tout seul.

S'il aurait été simple et pas moins légitime de se contenter d'une actualisation du test de Canis Canem Edit, les différences avec Bully Scholarship Edition étant minimes, le choix est fait d'opter pour un nouveau texte. Le changement de testeur, tout ça tout ça... Ce passage à la nouvelle génération de machines se fait donc sur les bases d'un portage pur et dur, boosté par quelques ajouts qui seront détaillés plus tard dans ce test. Vous incarnez toujours Jimmy Hopkins, un sale gosse allergique à l'autorité parentale, propulsé élève de la Bullworth Academy, un établissement privé en Nouvelle-Angleterre, par un beau-père qu'il ne respecte évidemment pas. Du haut de ses 15 ans, Jimmy trimballe un casier scolaire bourré d'expériences avortées dans une demi-douzaine d'établissements. Le regard renfrogné, la chemise enfilée sans soin aucun, les poings fermés, le jeune homme débarque dans la cour de ses semblables, avec un statut de petite terreur. Les cheveux coupés tel un détenu de pénitencier, il va devoir assumer sa réputation et pactiser çà et là avec des groupes de rebelles aux idéologies bien trempées. Et comme un politique hyperactif qui ne tient pas en place, Jimmy ne pourra pas faire plaisir à tout le monde. On va l'adorer, on va le détester... Ou peut-être même les deux.

Davis est le 1er à vous chercher des embrouilles dans Bully. Balancez-lui des cailloux dans la tronche.

Missions principales, défis secondaires, mini-jeux, allers et retours incessants... Tout est fait pour nous rappeler qu'il s'agit bien d'un GTA-Like, voire d'un GTA tout court, mais à la sauce adolescente, avec des insultes d'adolescents et des bagarres d'adolescents. Le théâtre de l'histoire s'étale sur une map divisée en deux portions majeures. D'un côté, le complexe scolaire composé de bâtiments que vous finirez par connaître par coeur après un temps d'adaptation similaire à celui que l'on a tous ressenti en changeant d'établissement. De l'autre, la ville, assimilée à une certaine liberté, qui se présente sous la forme d'une banlieue assez tranquille, avec sa plage, son parc d'attractions, son cinéma, ses petits commerces et sa police locale. Sans être au coeur de la cité, le lycée se tient près de tout. En effet, pas de permis de conduire donc pas de voiture, Jimmy doit dans un premier temps faire avec ses petites jambes. Puis, on débloquera planches de skateboard, BMX et vélos classiques (et même des scooters et karts plus tard dans le jeu) pour assurer des déplacements de plus en plus longs au fur et à mesure que les différentes zones de la ville deviennent accessibles. Et pour les plus pressés, le retour vers l'internat pourra s'effectuer en bus, histoire de rentrer dans les délais. Car dans Bully, l'horloge a son importance au quotidien. En théorie, et si vous voulez jouer les élèves modèles, ce qui n'a aucun intérêt, vous devez être en cours le matin de 9h à 11h30 et l'après-midi de 13h à 15h30, sachant qu'il vous faut avoir quitté ces salles avant 19h et être au lit à 22h30 au plus tard.

Certaines actions contextuelles vous permettent d'échapper temporairement à une déculottée.

Ce côté disciplinaire apporte beaucoup au titre et est quasi constant même si une liberté heureusement exagérée est accordée au joueur. Jimmy n'est pas un lion lâché en pleine jungle, il va devoir respecter un règlement intérieur. Ainsi, l'absentéisme et l'école buissonnière sont possibles mais seront sanctionnés par un tour dans le bureau du proviseur si un pion vous tombe dessus, ce qui entraînera une perte partielle des objets possédés. La violence, omniprésente, est elle aussi évidemment proscrite. Tabasser n'importe qui ne sera pas possible sous les yeux d'un surveillant, et encore moins s'il vous prend la folle idée de rouster une demoiselle. Autre détail, si vous débloquez régulièrement des tenues vestimentaires, par récompense ou en crochetant les casiers de vos petits camarades détestés, se promener dans l'école avec un maillot de base-ball, en slip ou déguisé en petit nazillon ne sera pas accepté. Alors certes, comme vous incarnez un forcené qui n'a que faire des conventions imposées çà et là, il sera possible de vous sauver d'un pion saisissant votre col de chemise. Une action contextuelle, comme on en verra avec parcimonie dans le jeu, permet en effet de s'échapper une première fois. Toutefois, si le pion en question ou l'un de ses collègues vous tombe dessus alors que votre "grabugomètre" n'est pas retombé à zéro, vous n'aurez plus aucune porte de sortie et devrez recommencer la mission si vous n'êtes pas en simple phase d'exploration.

Les maths font partie des matières exclusives à cet opus.

Jimmy est intenable et ne va cesser de courir dans tous les sens pour accomplir le paquet de missions proposées. C'est là que l'on constate que le gamin n'est pas toujours la brute supposée. Il va s'avérer plus altruiste que prévu, voire même parfois carrément fayot avec ses profs, bourrés de vices en tout genre. Son objectif va être de servir ses intérêts personnels mais aussi ceux des cinq groupes du lycée. Des fayots aux Blousons Noirs en passant les Caïds, les Bourges et les Sportifs, toutes les catégories sociales sont au rendez-vous. Des missions imposées va dépendre la réputation de Jimmy auprès de ces gangs. Qu'il s'agisse d'aider un camarade à récupérer son carnet de notes volé, d'aller balancer des oeufs aux fenêtres d'un fils de riche, de tabasser un fauteur de trouble, de protéger le discours du prochain délégué ou de remporter une course à vélo, notre héros gagnera toujours quelque chose à enchaîner les âneries. Il se fera même un peu d'argent de poche en allant faire les courses pour la grosse cuisinière, vitrine à verrues, ou à satisfaire certaines pulsions malsaines de ses professeurs. L'un d'entre eux a même un goût prononcé pour les culottes des jeunes filles de l'école... En parallèle, il pourra rendre service à tout moment à n'importe quel élève en jouant les coursiers. Bref, autant d'activités qui vont vous occuper, d'autant que la relative facilité des missions permet d'avancer sans trop de difficultés au fil des chapitres.

Jimmy va s'improviser pilote à plusieurs reprises...

En ce sens, on se désole parfois du paradoxe qui entoure la personnalité de Jimmy. Censé être l'archétype de la fripouille irrécupérable, on le surprend à aider un clochard déguisé en Père Noël dans la rue ou à venir en aide à des inconnus, sans trop se poser de questions. Bien sûr, cela à condition de se faire de l'argent de poche, utilisable ensuite dans tous les commerces de la ville, pour acheter à boire ou à manger pour faire grimper sa jauge de vie ou tout simplement pour se concocter une garde-robe digne de nom. Comme dans GTA San Andreas, il pourra même changer de coiffure à sa guise, ce qui permet au joueur d'adopter le style de son choix. Et pour tuer le temps ou déverrouiller les innombrables succès du jeu, l'utilisateur a même la possibilité de s'essayer à toutes les attractions du parc, des montagnes russes aux diseurs de bonne aventure en passant par des jeux d'adresse. Bref, Jimmy gagne de l'argent et peut le dépenser de multiples manières. Mais impossible de jouer les flambeurs, la cagnotte se remplit doucement, le jeune homme demeurant un voyou de quartier aux moyens limités. D'ailleurs, son arsenal va en partie dépendre des récompenses de missions : lance-pierres, bombes puantes, pétards, poil à gratter, feux d'artifice, boîte d'oeufs, canon à patates... La panoplie complète du parfait petit bon à rien.

... mais il sait aussi mettre son machisme de côté lorsque cela est nécessaire.

Mais comme cité plus haut dans le texte, Jimmy doit aussi répondre de ses obligations d'étudiant. Les cours du matin et de l'après-midi se présentent sous la forme de mini-jeux mais conservent un intérêt dans la progression puisqu'ils permettent par exemple d'apprendre certains mouvements en gym, de débloquer de quoi se fabriquer ses propres bombes puantes en biologie ou de nouvelles indications sur le radar de la map en géographie. En tout, dix matières et une cinquantaine d'évaluations attendent notre élève. Chimie, dessin, techno, anglais, gym, photographie ainsi que quatre nouvelles matières, biologie, géographie, musique et mathématiques sont au programme de l'année et nécessitent tantôt un bon sens du rythme et tantôt certains réflexes en fonction des touches qui défilent à l'écran. D'autres exigent carrément de vous de vraies connaissances comme les cours de géographie ou d'anglais. Cette notion de cours utiles mais cependant pas obligatoires pour peu que votre emploi du temps de jeune racaille soit déjà rempli est donc habilement incluse à Bully Scholarship Edition. Le respect des horaires n'impose au joueur qu'une certaine ponctualité, sans pousser la chose jusqu'à sanctionner une potentielle absence. Il vous incombe donc de privilégier les missions du jeu ou à l'inverse de ne louper aucun cours en sachant que chaque échec pourra être effacé lors du prochain essai.

Offrez un ours en peluche à cette demoiselle et elle deviendra fan de vous. Comme quoi, c'est facile une fille...

En dehors de ces nouvelles matières, les nouveautés de cet opus ne sont pas très nombreuses. Tout juste compte-t'on la présence de huit missions exclusives, de quatre nouveaux personnages, de quelques mini-jeux et de nouvelles récompenses. Les différences avec la version PS2 sont donc essentiellement techniques, pour ce qui est du volet Xbox 360 tout du moins car la version Wii utilise le même moteur que la console de Sony. La machine de Microsoft offre de son côté quelques satisfactions techniques et des environnements assez variés. On regrette cependant les problèmes constatés sur certains modèles de Xbox 360, souffrant de chutes de framerate assez phénoménales et de quelques bugs malvenus, notamment au moment d'entrer ou de sortir d'un bâtiment. Le gameplay de son côté a tout repris de GTA. Des déplacements assez rapides, à pied ou en véhicule, aux combos des combats qui s'appuient sur un seul bouton, la configuration de touches sera très rapidement assimilée. Le lock automatique utilisé pour les armes à projections assure une précision diabolique même si une visée manuelle est également proposée, notamment lors de certaines missions. Du tout bon donc même si Jimmy n'est pas un exemple d'exhaustivité en termes de mouvements. Qu'importe, le jeune homme n'en souffre pas et c'est bien là l'essentiel.

Les notes
  • Graphique 16 /20

    Bully prend place dans un univers unique, géographiquement parfaitement organisé. La proximité entre l'école et la ville permet de passer de l'austérité du complexe scolaire à la variété d'une petite bourgade bourrée de charme. Certes, le clipping parfois grossier et les chutes de framerate constatées sur certaines machines font un peu tache, de même que les cinématiques, utilisant le moteur du jeu, avancent une modélisation sommaire des visages. Mais au final, ce GTA-Like s'en sort parfaitement bien.

  • Jouabilté 16 /20

    Le gameplay de Bully n'a rien de novateur. Il alterne simplement entre les phases de bagarres où l'on matraque toujours la même touche, celles de déplacements, en skate ou à vélo notamment et des mini-jeux assez bien pensés et particulièrement simplistes. On apprécie la possibilité d'interagir avec n'importe qui, qu'il s'agisse d'élèves, de pions ou de passants. La liberté accordée au joueur est en ce sens salvatrice, les possibilités permettant de ne jamais tourner en rond. Tout juste pourra-t-on pester contre les temps de chargement présents à chaque entrée et sortie d'un bâtiment.

  • Duree 16 /20

    Pour voir le bout de Bully, en terminer avec toutes les missions et débloquer tout ce qui peut l'être, le joueur peut compter sur une bonne trentaine d'heures. Largement suffisant même si une certaine répétitivité a tendance à s'installer. Toutefois, l'histoire sait nous tenir en haleine et faire progresser l'importance et la réputation de Jimmy au fil du temps. Ajoutons à cela un mode coopératif qui permet de refaire les mini-jeux débloqués pendant les cours.

  • Son 16 /20

    Avec des morceaux adaptés à chaque phase de jeu, la bande-son aurait tendance à se répéter inlassablement. Mais l'excellent doublage (en anglais), le respect du rythme de l'action et le côté cocasse de certaines cut-scenes font de Bully un titre possédant une ambiance sonore très appréciable.

  • Scénario 16 /20

    On tombe très vite dans les clichés et la caricature des caractères et des classes sociales mais la plupart des situations débordent de vérité. Jimmy est un personnage incroyablement attachant que l'on va prendre plaisir à voir évoluer dans un climat hostile. Demeurent ces paradoxes entre sa forte personnalité et son côté larbin imposé par le genre...

Bully Scholarship Edition exploite le genre avec panache et habileté, nous donnant l'impression d'évoluer avec le neveu de l'un des personnages de GTA. La surenchère de langage grossier et de violence gratuite parvient à rester digeste grâce à une vraie exploitation de la personnalité des nombreux personnages que Jimmy rencontre au fil de l'aventure. Celle-ci se vit donc intensément et saura ravir les amateurs du travail de Rockstar. Le développeur a su conserver sa patte, parfois maladroite certes, sans pour autant nous servir du réchauffé. Et ça, c'est un plus non négligeable.

Profil de Rivaol
L'avis de Rivaol
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Journaliste de jeuxvideo.com
10 mars 2008 à 17:13:59
16/ 20
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Mis à jour le 10/03/2008 Voir l'historique
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