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Test Trapt sur PS2 du 24/02/2006

Test : Trapt
PS2

Second épisode d'une série sortie des douves Tecmoïtes, Kagero s'envole jusqu'à l'Europe pour puiser à la source d'un gothisme séculaire. Evoluant dans un univers similaire à celui de Haunting Ground, Trapt se pare d'un immense château, d'une histoire de luttes intestines et d'un sadisme saupoudré de tortures.

Qui croire lorsque le roi Olaf se meurt ? La reine mère qui affirme que c'est sa fille qui a assassiné son cher mari ou la princesse Allura qui dément formellement ces accusations ? Si un voile de mystère entoure cette affaire, il n'est plus l'heure de se questionner sachant que la fuite semble pour l'instant la seule et unique solution. Courant à travers bois en compagnie de sa servante Rachel, la dauphine entend la forêt noire l'appeler. D'après la légende, cet antre serait le fief d'un démon très puissant, archiduc du mal et grand prince des ténèbres. Avançant sans relâche pour échapper à ses poursuivants, Allura arrive alors à l'orée d'un manoir qui semble les inviter de toute sa prestance. Acculée, terrorisée après avoir perdu de vue sa dévouée confidente, la jeune femme n'a d'autre solution que de pénétrer dans la bâtisse. Cette décision scellera son destin, tout comme celui des soldats qui la traquent. "La rumeur disait donc vrai, le diable habite ses lieux et il me susurre même à l'oreille que si je lui offre des âmes, il m'accordera à son tour ma liberté, indispensable pour dénouer le vrai du faux, pour déjouer les plans machiavéliques visant à ma destitution, ma mort...".

Une des tactiques consiste à placer trois pièges côte à côte pour réaliser des combos.

Ce bref aperçu du scénario de Trapt donne le ton. Le jeu peut se prévaloir d'un scénario gothique à souhait où chaque protagoniste pourrait être une pièce sur le grand échiquier de la trahison. Cependant, si l'histoire du titre de Tecmo est intéressante (malgré un début assez lent), il faut reconnaître qu'on a un peu de mal à s'impliquer pleinement, ne serait-ce qu'à cause des temps de chargements qui accompagnent les cinématiques, par ailleurs très nombreuses ou du découpage en chapitres. Néanmoins, plus on avance et plus on se rend compte que le blanc est noir, et qu'il ne faut jamais se fier aux apparences. N'oublions pas non plus une petite idée qui permet de participer entre chaque mission du mode Story à des histoires courtes (Side Story) indépendantes du scénario original, quoique suivant la même chronologie, et développant l'univers de Trapt. On aurait apprécié quelque chose de plus significatif mais dans l'absolu, ces histoires parallèles permettent de rallonger la durée de vie relativement famélique du soft.

Le scénario ne perd pas de temps en enchaînant les cinématiques à un rythme frénétique.

En parlant de longévité, sachez qu'en sus du mode principal, un mode Survival pourra prolonger le plaisir. Vous serez ici confronté à plusieurs ennemis qu'il faudra essayer d'éliminer en utilisant un maximum de 9 pièges. Je parle, je parle mais je ne vous ai même pas expliqué le développement précis du jeu. Bien qu'on puisse rattacher Trapt à l'univers d'un survival horror, ce n'en est pas vraiment un dans le sens où l'effet de surprise est quasiment absent du titre. De plus, bien que l'ambiance gothique ramène parfois à des jeux comme Clock Tower 3 ou Devil May Cry (toute proportions mises à part), on assiste davantage à un jeu d'action teinté d'une certaine stratégie. En effet, vous n'aurez pas d'armes à proprement parler puisque votre seule façon de venir à bout de vos ennemis sera d'utiliser le pouvoir du démon pour placer des pièges et les utiliser à bon escient. De fait, chaque mission sera prétexte pour occire plusieurs ennemis qui vous suivront dans les pièces du château. Si au tout début du jeu, vous n'aurez accès qu'à un nombre restreint de salles, sachez qu'à chaque fois que vous éliminerez un adversaire, vous gagnerez des Ark, une sorte de monnaie vous permettant d'acheter de nouveaux pièges, d'augmenter la puissance des anciens ou d'acquérir des items dont des clés rendant accessibles d'autres pièces du manoir.

Il est l'heure de placer vos pièges dans la salle. Notez qu'il est impossible de le faire dans un couloir.

Le but du jeu va donc être de choisir les pièges les mieux adaptés à la situation (et à vos ennemis) et d'utiliser ce que renferme chaque recoin du manoir. Pour commencer, vous devrez passer par le menu d'intermission pour choisir 9 pièges dispatchés en trois catégories : plafond, mur et sol. Bien entendu, plus vous avancerez et plus les pièges seront complexes... et pervers. S'il est facile de venir à bout des premiers ennemis (qui ne possèdent pas énormément de points de vie), vous serez obligé de mettre rapidement en place des stratégies pour venir à bout de magiciens ou de guerriers beaucoup plus retors. Par exemple, vous devrez mettre à profit les cercles de soins pour retrouver vos HP ou les pièges inhérents à chaque pièce. En plein jeu, vous devrez alors passer par un menu d'inventaire pour rattacher un piège à chacune des trois touches d'attaque. Ensuite, il vous faudra les placer sur un quadrillage recouvrant la pièce. C'est également ici que vous pourrez voir quels mécanismes recèle la salle, actionnables en touchant un cristal se trouvant sur place. N'oubliez pas non plus qu'il faudra attendre un petit moment avant de réutiliser un piège et que ceux-ci pourront aussi vous blesser, ce qui semble logique, j'en conviens. Si quelques pièges sont bien plus puissants que d'autres (des explosions, des lances sortant des murs, des pièges à ours...), une poignée d'entre-eux peuvent paraître anodins à l'image d'un vase ou d'une poêle qu'on fera tomber sur un ennemi pour l'étourdir. Cependant, si vous parvenez par exemple à faire venir un ennemi sous un chandelier (ce qui n'est pas difficile vu que les adversaires avancent très lentement), à l'étourdir puis à détacher le lustre, vous comprendrez vite l'importance de telles manoeuvres.

En fonction de la puissance des dispositifs, ils seront plus ou moins longs à charger avant la prochaine utilisation.

Pour compléter le tableau, il sera aussi question de réaliser des combos (simples ou avancés) en envoyant un ennemi en l'air grâce à un piège au sol puis à le frapper avec un dispositif fixé au plafond. Ceci n'est qu'une façon de faire parmi tant d'autres et il sera aussi intéressant de mettre à profit la configuration du terrain pour optimiser vos pièges. Ainsi, le piège Mega Rock (un énorme rocher qui tombe sur la tête de vos opposants) sera beaucoup plus efficace sur un plan incliné (un escalier ? Oui pourquoi pas) que sur une surface plane. Enfin, la cerise sur le gâteau se nomme Dark Illusion derrière lequel se cachent plusieurs dispositifs planqués dans le château s'activant lorsque vous aurez rempli certaines conditions. En mélangeant ces artifices macabres, on obtient donc une production agréable à parcourir qui aurait sûrement gagné à être mieux approfondie à bien des égards. Bâti sur un gameplay simple et accessible à tous, il n'en demeure pas moins que Trapt aurait mérité un peu plus d'attention au niveau de la gestion de la caméra qui nous empêche souvent de voir rapidement où se trouvent les ennemis pour déclencher les pièges en temps et en heure. On reprochera aussi au jeu de ne pas aller au bout de ses idées, surtout dans le domaine du gore (avec des mises à mort trop édulcorées compte tenu du sujet), d'avoir laissé de côté la véritable création de pièges (en assemblant des éléments) ou d'avoir opté pour une histoire découpée en chapitres, réduisant ainsi l'immersion du joueur. En faisant fi de ces écueils, on prend malgré tout du plaisir à errer dans ces couloirs sombres et à découvrir chaque nouvelle salle dédiée aux supplices et aux tortures les plus diverses.

Les notes
  • Graphique 12 /20

    Les bâtiments (manoir, palais et un vieux château) dans lequels se situe l'histoire disposent de plusieurs pièces qui cachent chacune des pièges spécifiques, mais on ressent trop cette homogénéité architecturale qui oublie un peu de renouveler la surprise visuelle. Les ennemis évoluent au fur et à mesure de l'intrigue mais ici aussi peu d'originalité dans leur design, par ailleurs assez quelconque. Par contre, les protagonistes principaux sont assez travaillés et rappellent pour certains le travail de Choi Yeon-Kyu, designer de Magna Carta.

  • Jouabilté 12 /20

    La prise en mains de Trapt est d'une simplicité enfantine. Il suffit d'acheter de nouveaux pièges qu'on choisira avant de débuter une mission, d'en changer en plein jeu en passant par un menu d'inventaire puis de les placer à l'endroit où vous vous trouverez. L'utilisation de combos ou de mécanismes propres aux salles ajoute à la densité d'un gameplay qu'on aurait tout de même aimé plus profond, notamment au niveau de la création des pièges. Mentionnons enfin des temps de chargements omniprésents, une IA des ennemis trop moyenne et quelques problèmes de caméra.

  • Duree 6 /20

    15 chapitres pour le mode Story complété par 15 scénarii alternatifs se déroulant dans les mêmes environnements. Tout dépend de votre point de vue mais si on s'attarde uniquement sur le scénario de base, le jeu se termine assez vite. Le mode Survival ne présentant que peu d'intérêt, on s'intéressera davantage aux bonus à débloquer présentés sous la forme de vidéos ou d"informations sur les ennemis ou les personnages principaux.

  • Son 14 /20

    Le plaisir d'avoir droit aux doublages japonais est un peu atténué par le fait que le jeu ne dispose que de sous-titres anglais. Les thèmes musicaux ont une certaine prestance dans les sonorités mais ne rejoindront pas les rangs des ritournelles implacables vous trottant dans la tête après avoir fini le jeu.

  • Scénario 12 /20

    La segmentation de l'aventure en chapitres déçoit légèrement et rompt le charme d'une histoire faisant la part belle aux trahisons et aux plans machiavéliques. Les acteurs de cette tragédie donnent malgré tout de la profondeur à cette intrigue qui choisit ouvertement la voie de la torture... politiquement correcte.

Basé sur un principe novateur, on regrette que Tecmo n'ait pas davantage creusé le concept en approfondissant certains points. Plusieurs errements liés à la construction en chapitres et aux caméras s'ajouteront également au tableau des problèmes rencontrés. Malgré tout, Trapt est un petit jeu sympathique, surtout si vous n'avez rien contre les sous-titres anglais uniquement disponibles. Ceci dit, cette absence de localisation ne gêne pas vraiment vu que la maniabilité est intuitive après une demi-heure de jeu. En définitive, ce simili survival-horror part d'un concept original qui se dilue sur le long terme pour nous donner un résultat probant à défaut d'être véritablement prenant. En l'état, ce n'est déjà pas si mal.

Profil de Logan
L'avis de Logan
MP
Journaliste de jeuxvideo.com
24 février 2006 à 18:00:00
11/ 20
Lecteurs Jeuxvideo.com
L'avis des lecteurs (7)
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14/ 20
Mis à jour le 24/02/2006 Voir l'historique
PlayStation 2 Action Take 2 Interactive Tecmo
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Trapt
PS2
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