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ShellShock : Nam '67
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Test : ShellShock : Nam '67
PS2
ShellShock : Nam '67
AvantArrière
Appréciations du jeu
Profil de Killy
L'avis de Killy
MP
Journaliste jeuxvideo.com
06 septembre 2004 à 18:00:00
11/20

Lecteurs Jeuxvideo.com
L'avis des lecteurs (16)
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16.6/20
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Ce n'était plus un environnement, cette jungle qui s'étendait devant nos yeux ne paraissait plus demeurer un simple décor. Sa moiteur troublait notre vision, sa couleur tentant vainement d'apaiser nos esprits tourmentés. Les feuilles nous collaient à la peau, vastes cercueils qui semblaient n'attendre qu'une proie pour se refermer sans un bruit. Ce silence qui autrefois nous apaisait s'était mué en une terreur latente. Il n'inspirait plus la quiétude mais une projection morbide. La forêt semblait briser nos groupes en un étau étouffant. Un coup de feu.

ShellShock : Nam '67

Se déroulant au sein de la première moitié de la traumatique guerre du Vietnam, Shellshock vous place aux commandes de l'un des trois officiers que vous aurez à choisir au début de votre aventure. Appartenant tous au contingent américain, ces fiers soldats recrutés arbitrairement vont devoir se confronter à l'horreur d'un conflit aux tenants et aux aboutissants complexes. Apprêtez-vous donc à pénétrer dans un univers où le maître-mot est appréhension. Chaque rocher, chaque fougère exhalant une sérénité naturelle peut masquer votre ennemi, comme si les spectres environnants, une flore et une faune acquis à une cause, se trouvaient matérialisés en un farouche opposant. Véritable personnage à part entière, il prendra une part immense à vos souffrances et vos craintes les plus tenaces. Une fois donc que votre avatar désigné par vos soins prend place sur le terrain des hostilités, je souligne en passant qu'aucun d'entre eux ne dispose d'aptitudes particulières (ce qui n'explique pas la présence d'un choix), vous remarquez immédiatement que votre champ de vision se trouve considérablement réduit par les rocs, fourrés, palmiers divers, et autres manifestations environnementales, vous plongeant dans un état de tension fort immersif. Vous avancez alors à tâtons, guidé par les injonctions pressantes et violentes de vos supérieurs hiérarchiques et de vos coéquipiers, observant consciencieusement les alentours afin de déceler les pièges à base de bambous principalement, disposés par les Vietcongs lors d'activités nocturnes. Et c'est là une des grandes forces du titre.

ShellShock : Nam '67
De ma grotte bien placée, je vais essayer mon nouveau fusil...
Le degré d'implication s'il est moindre que dans un Call Of Duty, ou un Medal Of Honor, se pose comme ciment indéfectible et véritable pouvoir ludique. Cramponné à la crosse de votre AK-47 récemment subtilisé à une patrouille adverse, encerclé par des sifflements de balles déchirant votre couverture de verdure, cherchant à couvrir l'un de vos amis parti en éclaireur, tout en gérant votre déplacement dans le but de ne pas chuter au creux d'une trappe dissimulée, l'intensité de l'action vous poussera à réagir de manière instinctive, ressentant parfaitement les affrontements, et donnant même parfois envie de pousser une feuille lentement de la main afin d'observer silencieusement. Cette plongée au sein de cette humidité empreinte de miasmes n'est bien entendu possible que via un travail notable et convaincant tant au niveau sonore qu'artistique. Toutefois, et bien que certains aspects de ces deux notions soient sincèrement honnêtes, on ne peut qu'être foncièrement déçu à l'idée de ce que cela aurait pu devenir. De ce fait, commençons par la bande-sonore, seule détentrice d'une réelle qualité indubitable. Vos pas dans la jungle sont en effet rythmés par les bruits ambiants de ce type d'écosystème, composé de chants d'oiseux fluets et de craquements insistants et trahissant votre position. De plus, les hélicoptères passant au loin, les avions rasant les basses collines prennent une part non négligeable dans la mise en place d'une atmosphère particulière. En pleine action, les hurlements de votre troupe, les explosions désagrégeant vos vains espoirs en une fraction de seconde, les tirs nourris vous rendant sourd à toute intervention de votre conscience, et les ordres communiqués vous englobent dans une sorte de situation où vous n'êtes plus vraiment le centre des regards. Un soldat comme un autre. Malheureusement, on ne peut pas dire que les composantes restantes permettent de pousser plus en avant cette expérience prenante.

ShellShock : Nam '67
Vous pouvez visiter votre camp de base après chaque mission
Tout d'abord, le côté graphique n'a pas été mis du tout en avant, et même si les intervenants demeurent relativement soignés dans leur modélisation et les textures de leurs vêtements, on ne peut pas dire qu'ils font honneur à la PS2 . S'il est en soit difficile de retranscrire fidèlement le chaos apparent de la forêt vierge, arborant une végétation modifiée par les plus simples bourrasques et mouvements, on ne peut que regretter le clipping très présent, et surtout la distance d'affichage vraiment faible, plongeant les plans trop lointains dans un brouillard typiquement londonien. Par ce fait, s'il reste sincèrement passionnant de fureter dans les basses herbes afin de contourner une colonne de soldats en profitant de cette même flore, il est très dommageable de se trouver stoppé dans l'impact que l'on ressent par une réalisation moyenne, mais convenable pour une vieille boîte noire estampillée Sony. Ensuite, pour une production ayant bénéficié d'une telle mise en avant il apparaît également étrange de se trouver confronté à une i.a aussi détestable. Le fait que vos "équipiers" passent devant vous alors que vous faîtes feu est encore acceptable (manque d'attention), mais leur réaction de tirer gaiement alors qu'ils se rendent compte que vous vous trouvez devant eux l'est déjà beaucoup moins. Dans un registre similaire, les guerriers opposés à vous se comportent souvent de manière irréaliste, mais surtout déséquilibrée. Il est toujours aussi surprenant de se voir pris au piège dans une cavité au sein de laquelle viennent atterrir trois grenades, lancées par deux Vietcongs ne désirant qu'une chose, que vous sortiez afin de vous abattre, ou de subir des plans d'attaques originaux, mais il est vraiment moins époustouflant de neutraliser un homme au sein d'un groupe de quatre personnes sans que l'une d'elles n'ait l'idée de se mettre à couvert. De même, vos opposants ne connaissent pas visiblement le principe de la précaution. Vous ne les verrez jamais se cacher ou tenter de sortir d'un bunker alors que du napalm y coule à flot. Lorsqu'en plus tout cela répond à un ensemble de scripts au classicisme effarant, on se demande longuement pourquoi les développeurs ont entaché un soft avec un potentiel incontestable.

ShellShock : Nam '67
Je préfère les garder dans mon viseur... au cas où
De plus, ce qui nuit également sensiblement à l'implication, n'est autre que le côté un peu Tintin au Congo du jeu. En effet, l'accent est clairement mis sur les souffrances inhumaines infligées aux militaires américains, les plaçant au rang de héros intemporels, ce qui est assez dérangeant. Je ne renie pas le fait que ce conflit fut un calvaire pour ces jeunes soldats enrôlés sans bien savoir pourquoi, mais cela me gêne que les infamies infligées au peuple Vietnamien subissent une occultation volontaire. Surtout que l'Occident n'est pas étranger à la mise en place de cette guerre, loin s'en faut. Il aurait été peut-être plus intéressant, de proposer une vision non manichéenne, et avant tout une explication impartiale des tenants et des aboutissants de manière didactique. Cela reste un jeu vidéo, bien évidemment, mais cela n'empêche aucunement de ne pas laisser les personnes s'y essayant dans l'ignorance. Tout le monde n'est pas forcément au courant de cette partie de l'histoire qui reste d'ailleurs relativement sombre même aux U.S.A. Eidos laisse un peu l'acheteur se débrouiller tout seul avec ses interrogations. Et puis le "pas tuer moi monsieur américain", répété par les paysans vietnamiens pouvait facilement être mis à la trappe.

ShellShock : Nam '67
La traversée de rivière est toujours un moment risqué pour les soldats
Cependant comme Shellshock est avant tout un produit de divertissement, il est de bon ton de mentionner le soin apporté au gameplay, qui s'il reste classique dans la forme, permet tout de même de mettre en avant quelques innovations dignes d'intérêt. Tout d'abord et comme évoqué précédemment, vous rencontrerez de nombreux pièges dans la forêt, qu'il faudra savoir désamorcer préventivement. Si le système peut paraître un peu obscur au début, tout s'arrange avec l'expérience. D'autant que plusieurs types de traquenards existent et qu'il vous faudra vous adapter suivant la situation. Une idée ingénieuse qui permet de varier un tantinet les phases de jeu "effectives". De plus, le nombre d'actions à votre disposition se révèle assez important. Se baisser, ramper, courir, s'agripper, vous devrez réveiller le soldat qui dort en vous, et profiter de toutes ces possibilités pour survivre à l'enfer vert.

ShellShock : Nam '67
Sortez de là ! Normalement ils vont commencer à se fatiguer. Ca fait déjà trois heures
Mis à part cela, les interactions possibles sont relativement fréquentes et permettent de ne pas isoler le héros de son environnement, surtout dans le cadre du camp retranché. A l'intérieur de celui-ci, le pouvoir vous sera octroyé de discuter avec chaque intervenant que vous rencontrerez, de demander des conseils sur vos armes, de vous renseigner sur la prochaine mission, etc. Il est donc évident que les développeurs ont désiré mettre en place un certain sentiment de vie, ce qui est louable. A noter enfin dans ce paragraphe concernant le gameplay, que la prise en main ne pose aucun problème, et que les joysticks de la manette PS2 se révèlent une nouvelle fois bien adaptés au FPS console, bien que moins précis que sur Xbox (du moins dans le principe comme c'est le cas ici). Au final, donc, Shellshock n'est pas un mauvais jeu, mais ne dispose pas d'une finition suffisante pour prétendre au statut qu'il s'est fixé. Si seulement la qualité graphique et surtout le message de fond n'avaient pas été si discutables, nous aurions pu bénéficier d'un bon produit. Espérons que la prochaine fois sera la bonne.

Les notes
  • Graphismes 11 /20

    Affichant des personnages à la modélisation convenable, toutefois un peu cubique, Shellshock pèche surtout au niveau des environnements. Une distance d'affichage peu convaincante, un clipping très présent, une utilisation des textures pour la végétation douteuse, rien ne semble pouvoir sauver l'univers végétal de ce soft. Toutefois le level design reste sympathique, permettant des embuscades tactiques. Mais c'est bien tout.

  • Jouabilité 12 /20

    Les commandes se prennent en main rapidement, et s'il est vrai que les nombreuses possibilités ne participent pas à une révolution totale du genre, loin de là, il n'empêche que l'on prend du plaisir à diriger son Marine sur les tapis mousseux de la jungle. Le gameplay quant à lui propose des innovations relativement intéressantes, mais ne parvient pas à masquer une i.a catastrophique et l'utilisation exacerbée de scripts sans originalité. Toutefois on peut se réjouir du système de visée, dont la précision est relayée par une bonne utilisation de la manette PS2.

  • Durée de vie 14 /20

    Les missions sont assez longues et surtout peu linéaires dans leur ensemble. De plus si vous vous décidez à participer à ce conflit par le biais d'un mode de difficulté axé sur "normal", il vous faudra parfois posséder le courage d'un vrai soldat. Il est pourtant dommage de ne pas avoir implémenté de modes multijoueurs. Méfiez-vous tout de même de l'aspect scripté qui ne vous poussera pas forcément à recommencer le titre.

  • Bande son 14 /20

    Les ambiances sonores distillées lors de vos pérégrinations dans la jungle s'avèrent sincèrement crédibles, vous plongeant au coeur de la moiteur lourde de la forêt, et vous obligeant à tendre l'oreille à chaque bruit suspect. Le doublage, un peu en manque d'inspiration, permet tout de même de poser un caractère sur chaque personnage ami rencontré, sans pour autant le crédibiliser. Ce qui est tout le contraire pour les Vietnamiens qui semblent sortis d'un nid de clichés, ou d'une pub pour du riz des années 60.

  • Scénario /

    Les séquences sont bien amenées, et la construction se révèlent convenable, mettant en exergue au bon moment les passages "forts". Mais de là à parler de trame scénaristique.

On ne peut pas vraiment dire que Shellshock soit un mauvais jeu, mais il possède trop de lacunes pour dépasser le marasme ambiant des soft sans réel caractère et dépositaire d'une volonté marketing aboutissant au vite fait, pas très bien fait. Manquant d'assise, laissant passer de grossières erreurs, et ne se focalisant que d'une manière monoculaire sur une partie de l'histoire complexe, le titre de Guerrilla rate le tournant de la qualité sincère. Possédant un véritable potentiel, dû à une immersion passionnante, ce jeu ne connaîtra pas sa destinée rêvée. Nous sommes encerclés.

Profil de Killy
L'avis de Killy
MP
Journaliste jeuxvideo.com
06 septembre 2004 à 18:00:00
11/20
Lecteurs Jeuxvideo.com
L'avis des lecteurs (16)
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16.6/20
Mis à jour le 06/09/2004
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