The Suffering
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Test The Suffering sur PS2 du 17/05/2004

Test : The Suffering
PS2
The Suffering
AvantArrière
Appréciations du jeu
Profil de Killy
L'avis de Killy
MP
Journaliste jeuxvideo.com
17 mai 2004 à 18:00:00
14/20

Lecteurs Jeuxvideo.com
L'avis des lecteurs (25)
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17/20
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L'objectif premier de The Suffering est de personnifier la douleur, l'effroi, la souffrance, de les rendre palpables, s'accrochant à vous, se nourrissant de vos peurs les plus profondes. Votre sueur, vos grelottements et pertes de repères sont leur nectar. Vous n'échapperez pas à cette immense vague s'abattant sur votre être. Rampant sur un sol jonché de cadavres, votre seul échappatoire serait de vous donner la mort. Toutefois, en tant que détenu condamné à une peine létale et baptisé du doux sobriquet de Torque, ce n'est pas cet Enfer qui pourra percer votre carapace. Mais chacun a une faille...

The Suffering

Avant d'en venir aux considérations "bassement" mécaniques de jouabilité de graphismes et d'intérêt, il est bon de s'arrêter quelques instants sur le corps, l'âme du titre. Car s'il y a bien une chose qui émane de ce soft, et se place comme véritable pierre de voûte, c'est l'ambiance. Néanmoins, il ne s'agit pas ici d'un contexte simplement horrifique, noyé dans des flots de sang, simplistes de par le dégoût ainsi créé. Non, ici l'atmosphère s'attaque directement à votre réflexion, votre aptitude à appréhender l'inconnu, à vos réactions face à des situations mettant en péril votre équilibre psychologique. Elle s'insinue dans les méandres de vos tourments, s'installant comme un parasite sur votre vision du monde, déformant chaque réalité en un élément fantastique, vous coupant complètement des environnements pourtant communs à vos sens. En cela, le parti-pris général se rapproche un tant soit peu de Silent Hill, en toutefois beaucoup moins malsain émotivement parlant. En effet, alors que la série de Konami se focalise sur la claustrophobie, l'absence d'une once d'espoir dans une terre en déliquescence, et sur la confrontation de l'innocence face à l'incarnation d'une attitude viciée, le jeu de Midway se concentre quant à lui sur une interprétation immorale de l'ensemble des tabous liés à la mort et à la manière de la faire subir. Chaque créature immonde que Torque rencontre sur sa route semée d'agonie semble exister en tant que parangon décharné d'une exécution précise. Portant en elles la douleur d'un morne calvaire, celles-ci, par le biais de leurs corps désarticulés et tordus, renvoient parfaitement au mécanisme intellectuel relatif à l'imagination de ce que sont l'angoisse et la déchirure mentale d'être le témoin de la fin de sa vie. Vides de conscience et de but véritable, enfermés dans un carcan d'innocence morbide, ces humanoïdes torturés répercutent totalement le message véhiculé par l'un des pensionnaires d'un centre très étrange, paraissant être un athlète et dont la tête se meut à une vitesse inhumaine, dans des spasmes nerveux, tandis que celui-ci se trouve immobilisé par un enchevêtrement de barres métalliques dans un film dont je ne me rappelle plus le nom (désolé). C'est donc ici que naît la peur, dans la confrontation avec l'humain lui-même, et ses errances.

The Suffering
Je ne sais pas ce qui s'est passé, mais je n'y suis pour rien

Devenir le témoin d'atrocités commises par des "monstres", se servant des moyens que nous employons pour priver de la vie d'autres hommes révolte alors qu'il s'agit d'un spectacle nous conviant devant nos démons, ici incarnés. Vous entrez par conséquent en une espèce de marche accusatrice tombant de plus en plus profondément dans les abysses de l'horreur, tentant vainement de lutter contre des visions qui vous accablent, d'anciens crimes ressurgissant du passé, comme ramené par les nouveaux habitants des lieux. Le fait que l'action se passe dans une prison semble donc logique si l'on se place du point de vue de l'enfermement d'un être humain dans sa nature et ses contradictions. Cette impossibilité de se sortir de ce cauchemar sans fin. Vous avancez parmi les cris, les appels au secours, mais choisirez-vous de venir en aide aux malheureux apeurés, ou bien préférerez-vous ne pas sacrifier de très précieuses balles ? Un choix libre, qui, tout en changeant l'évènement survenant dans la continuité de votre rencontre, n'a aucune véritable incidence sur le jeu en général, mais pourra tout de même proposer une fin alternative. Dommage. D'autant plus qu'une fois les premières heures passées à détester et plaindre à la fois vos ennemis, vous aurez plus tendance à vider chargeurs sur chargeurs sur des hordes de "bêtes" peu amicales, qu'à chercher une solution à la situation comme dans Silent Hill par exemple. Voilà pourquoi The Suffering ne peut décemment pas soutenir la comparaison. Il aborde de nouveaux horizons, ou thèmes de manière intelligente, mais sombre un tantinet dans la gratuité et la violence pure, là ou SH fait intervenir le doute et la force de comprendre les évènements. Ce qui n'empêche pas de découvrir une atmosphère véritablement immersive et passionnante, relayée par les décors.

The Suffering
La première fois que vous en rencontrerez un, vous ne ferez pas le fier

Déambulant dans de sombres couloirs aux murs décrépis et atteint par une rouille tenace et corrosive, vous n'observerez le plus souvent votre environnement qu'à la lueur d'une lampe torche vacillante. Néanmoins il convient de remarquer le fait que la qualité générale ne fait pas honneur à la PS2, affichant un aliasing assez prononcé. Délibérément noircies et arborant des teintes d'un ocre dégoulinant et altéré, les textures intérieures demeurent convaincantes si l'on se place du point de vue de la recherche d'un cachet particulier mais manquent singulièrement de finesse, faisant fi de toute volonté de représenter du volume. Toutefois, il faut avouer que les décors et l'architecture des différentes portions de la prison de haute-sécurité, restent soignés et bénéficient d'une gestion de la lumière et des contrastes vraiment séduisante. Dans le même état d'esprit, les personnages humains se trouvent, bien malgré eux, modélisés grossièrement et accusant quelques angles disgracieux. Lorsque l'on voit le rendu de peau de certaines créatures et l'impression de "flasque" qui s'en dégage, on se demande pourquoi le héros n'a pas bénéficié de plus d'attention.

The Suffering
Votre futur repaire ?

De même, les rares environnements extérieurs se révèlent assez décevant, car proposant une nature trop peu diversifiée, d'une absence de densité flagrante et pour le coup difficilement crédible. Mais que ces griefs n'enlèvent pas à The Suffering la qualité de son animation, réellement travaillée et octroyant aux divers individus une présence non feinte. Je vous assure que la vision d'un "Toxico" se jetant sur vous après avoir couru sur le sol fort rapidement est impressionnante de "réalisme", du moins dans la décomposition des mouvements. De plus les différentes actions qu'il vous est donné de réaliser, à savoir tirer, faire une roulade, grimper sur des caisses, jusqu'au fait de recharger font preuve d'une volonté évidente de transmettre une idée de la force et de la vigueur de ce bon vieux Torque. Un travail sérieux et apportant beaucoup au charisme du pourtant peu loquace prisonnier. Ce que la jouabilité hésitante décrédibilise quelque peu.

The Suffering
Un design malsain et macabre

Se jouant à la manière d'un FPS console (une vue à la première personne est d'ailleurs proposée), et bien que l'on puisse modifier les commandes, la gestion des mouvements acrobatiques de notre héros ne s'avère pas aussi précise qu'on aurait souhaité. Néanmoins, et après une bonne heure d'entraînement, on commence à pouvoir se déplacer de manière optimale et à tirer relativement souvent dans la partie du corps que l'on vise. Cependant ne vous attendez pas à éviter les attaques des monstres ou encore à esquiver promptement une balle. Lent et pataud, Torque ne peut excuser ce flagrant défaut par sa musculature plus qu'imposante. A l'aise dans des situations de massacre massif, celui-ci se trouve handicapé lors d'affrontements au corps à corps ou lorsqu'un ennemi l'attaque de dos. En effet, bien que la caméra soit repositionnable à volonté, elle ne se prive pas pour vous rendre la vie impossible près d'un mur ou d'une porte et se place insidieusement au dessus de vous lors d'un choc dorsal, filmant devant vous, alors que ce n'est pas, mais alors pas du tout ce que vous souhaitez. Fort heureusement, le gameplay général atténue un tant soit peu ces défauts. Proposant une progression à la Half-Life, c'est à dire par le biais de rencontres avec des PNJ qui vous aiguilleront, vous accompagneront ou vous ouvriront des portes closes, il s'exhale une "vie" de ce pandémonium désespérant.

The Suffering
Le jeu des lumières est très convaincant

Même si l'interaction se limite à des situations scriptées et que vous ne pouvez donner d'ordres à vos nouveaux amis, leur présence rajoute un intérêt et de la cohérence au soft. De même, de nombreux éléments sont destructibles au sein des quartiers du pénitencier, et il faudra parfois vous servir de ces derniers pour résoudre une ou deux "énigmes". L'accès aux diverses armes et torches se fait d'une manière très simple via la croix directionnelle, et ne pose aucun problème, même en plein affrontement sanglant. Deux touches sont d'ailleurs affiliés à la prise de médicaments de soin (Xombium) et au rechargement des armes à feu. Des raccourcis faciles d'accès qui vous sauveront la vie dans bien des situations données comme désespérées. Pour finir, la possibilité plus que mystérieuse de pouvoir vous métamorphoser en un monstre surpuissant est un idée sympathique, certes peu originale, mais qui a le mérite d'être époustouflante et plus qu'utile dans les scénarios délicats.

The Suffering
Quelques phrases s'inscrivent au détour d'une cellule

Enfin, l'ambiance sonore, véritable deuxième personnage du jeu, vous accompagne au gré de vos pérégrinations cadavériques, emplissant l'air irrespirable de cris et de plaintes déchirées retentissant sans cesses sur les murs témoins d'atrocités. Un gros travail a été réalisé en outre sur le bruit des lames de certains ennemis ressemblant à des insectes. Vous ne vous basez plus sur la vue alors, mais sur l'ouïe. Ils peuvent être partout. Au-dessus de vous, derrière, l'angoisse se créée ainsi très rapidement et intelligemment. Le doute naît de l'absence de vision, de confirmation. Je ne sais pas si vous avez déjà entendu une araignée fuir sur un poster ou sur un mur, laissant s'échapper de multiples et vifs petits bruits de pattes, mais si cela vous est arrivé par le passé vous trouverez la ressemblance frappante. La bande sonore quant à elle est assez absente, bien qu'arrivant subrepticement lors des batailles que vous devez livrer corps et âmes contres les nouveaux locataires de la prison. Exhalant des sons sourds et angoissants, elle meuble l'espace vide auquel vous pouviez encore vous raccrocher. Vous êtes seul face à votre destin et à vos peurs. Saurez-vous trouver la force de continuer à vous plonger dans les tréfonds de l'horreur ?

Les notes
  • Graphismes 13 /20

    Loin de la magnificence délabrée d'un Silent Hill troisième du nom, The Suffering subit la présence de textures de faible qualité et d'une modélisation de la majeure partie des personnages relativement décevante. Si l'on ajoute à cela une caméra assez instable, le tableau ne trouvera pas forcément acquéreur. Néanmoins la gestion des sources lumineuses et l'ambiance manifeste qui se dégage des sombres couloirs auréolés de sang vous plongent dans un contentement malsain mais sincèrement immersif. Notez que cette version PS2 subit un aliasing n'existant pas sur Xbox.

  • Jouabilité 13 /20

    S'il apparaît que la prise en main de l'interface de sélection des objets est intuitive et bien pensée (bien que classique), la maniabilité de notre cher ami et prisonnier Torque demande plus de concentration et possède la capacité d'énerver parfois, lorsqu'au détour d'un couloir un ennemi vous agresse, et qu'il faut 2 secondes pour vous retourner. Dommage. Fort heureusement ce cas de figure n'est pas aussi fréquent que l'on pense. La manette PS2 s'avère davantage adaptée et plus agréable.

  • Durée de vie 13 /20

    Le jeu peut se révéler assez difficile suivant la manière dont on le traite, et offre un réel challenge qui ne dégoûtera pas les néophytes. Proposant d'autre part des fins multiples et une collecte de documents racontant l'histoire de la prison, vous passerez une dizaines d'heures à fouiller de fond en comble le pénitencier. Et vous y reviendrez peut-être.

  • Bande son 14 /20

    S'inscrivant comme personnage à part entière, la bande sonore parvient, malgré le peu de morceaux distillés dans le jeu à imposer une ambiance lourde et oppressante. Et que dire des petits bruits métalliques soumis à l'écho, annonçant l'arrivée de vos pires ennemis ? Intimidant, tout simplement.

  • Scénario 12 /20

    Étant détenu dans une prison de haute-sécurité pour le meurtre de votre femme et de votre fils, vous serez rapidement confronté à une incarnation de vos démons personnels, assailli de visions macabres et de réminiscences du passé. Qu'est ce que tout ça peut bien vouloir dire ? La réponse se cache dans l'histoire de votre lieu de détention...

Dès votre plongeon initial dans cette mare poisseuse et infestée de miasmes macabres, vous serez happé par l'ambiance immersive et malsaine se dégageant de ce titre, et à juste raison. Évènements bien amenés, tension décantée patiemment et intelligemment, progression incertaine, tout est mis en place pour vous plonger dans un ravissement horrifique. Cependant cette dimension change quelque peu avec l'arrivée d'armes lourdes et fort meurtrières, accompagnées d'une maniabilité parfois hésitante, faisant balancer le soft du côté des jeux d'actions nerveux. Un petit revirement dommageable, mais qui ne doit pas occulter le fond intéressant. Un dernier détail, un remake de la Vache et le Prisonnier à cette sauce serait le bienvenu.

Profil de Killy
L'avis de Killy
MP
Journaliste jeuxvideo.com
17 mai 2004 à 18:00:00
14/ 20
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