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Test R : Racing sur Xbox du 05/04/2004

Test : R : Racing
Xbox

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A bien y regarder, la série des Ridge Racer semble être apparentée de façon subtile au vecteur de stress le plus probant des débuts de la Playstation, j'ai nommé V-Rally. Non que ces deux titres se ressemblent fondamentalement dans leur principe (ce qui n'est d'ailleurs pas le cas), mais ce sont les seuls où une maxime propre à la bande dessinée "Joe Bar Team" semble s'appliquer. Cette dernière est la légendaire : "Ca va passer !" En effet, misant tout sur la prise de risque inconsidérée, ces softs détenteurs de l'esprit arcade pur semblaient propices à apeurer même les plus valeureux des pilotes. Mais c'était sans compter sur Mr Marketing.

R : Racing, est en fait l'histoire d'un remaniement au plus profond des entrailles gorgées d'adrénaline d'un dynamique concept, icône de la série estampillée Namco. Basant la physique et la gestion des masses des modèles physiques sur leur propre vision de la vitesse et du spectaculaire, les développeurs japonais, sans tenir un seul moment compte de la réalité des comportements automobiles, mirent au point un gameplay fascinant, essentiellement focalisé sur les dérapages. Étonnamment précis malgré l'inertie effarante, ces derniers se devaient d'être maîtrisés à la perfection dans le but non feint de remporter de valorisantes victoires.

On pourrait se croire dans Need For Speed Underground, mais sans la vitesse

Décrié par nombre de personnes, cet aspect surréaliste et à des lieux de la conduite millimétrée de Gran Turismo, apportait pourtant un vent de fraîcheur et de renouveau dans un genre en pleine explosion avec l'avènement d'une 3D honorable. Recyclant ce substrat aux accents à la fois agressifs et enivrants jusqu'au cinquième épisode, porte drapeau de la PS2 à ses débuts, Namco s'est sans doute persuadé que sa saga fétiche méritait une évolution notable. Ou peut être est-ce tout simplement les reliques d'une jalousie maladive envers certains concurrents. Il n'en demeure pas moins que la face, que dis-je l'esprit de Ridge Racer s'est vu métamorphoser contre son gré. Les concepteurs ont-ils donné naissance à un agrégat parfait à la manière d'alchimistes savants, ou bien à un monstre juste digne d'un docteur Frankenstein désabusé ?

Le célèbre virage en épingle de Monaco ne vous épargnera pas

Étrange. Tel est le terme que l'on met involontairement en avant dans ses pensées lors des premières sensations ressenties via l'extension du corps qu'est la manette. Se trouvant devant l'hybride difficilement crédible d'une simulation pointilleuse et d'un jeu d'arcade aux libertés évidentes, il apparaît fort problématique de fournir un dénomination précise à celui-ci. D'un côté, il est vital, lors des courses se déroulant sur circuits fermés d'appliquer les règles inhérentes à Toca Touring Car. Bien freiner avant chaque courbe, accélérer en sortie, et de préférence vers l'extérieur de façon à éviter une sortie de route inopinée, sera le leitmotiv de votre progression au sein de l'échelle sociale des pilotes émérites. Tandis que d'un autre point de vue, les collisions avec vos opposants ne vous pénalisent pas, les propulsant même violemment dans le bas-côté sans dommage, et que les traversées de bacs à gravier en ligne droite ne vous ralentissent pratiquement pas. Mais, chose tenant du paranormal, il arrive parfois soudainement que le gameplay propre aux épisodes antérieurs surgisse cruellement lors d'une tentative désespérée de remise dans le droit chemin d'un bolide capricieux, ne vous laissant aucune chance quant à une survie potentielle. Ce qui amène de fait à observer un pilotage soigné et quasi ascétique tout en sachant pertinemment qu'il faudra gérer à un moment ou à un autre un dérapage impromptu.

Le nom des pilotes s'affiche au-dessus de leur véhicule. Un bon moyen d'exercer sa vengeance

On ne sait du coup pas sur quel pied danser, ce qui aboutit forcément à la désagréable sensation de ne pas parvenir à se fixer une véritable stratégie de course. Il est quand même bien plus agréable de savoir à quoi s'attendre, et d'adapter ses réflexes et son apprentissage dans une optique particulière, que de partir à l'aventure d'un gameplay à l'équilibre mal assuré. S'il est avéré que cet état de fait s'améliore légèrement lorsque l'on commence à manier les divers monstres mécaniques correctement, le plaisir jouissif attenant à toute virtuosité de conduite s'avère malheureusement absent. Le seul mode qui pourrait obtenir l'honneur de bénéficier de ce que l'on attend d'un Ridge Racer, concernant la maniabilité du moins, est celui désigné Rallye. Comment ça rallye ? Me direz-vous.

Ce mode est assez peu développé, mais l'effet des phares sur les obstacles est convaincant

Non content de retravailler les lignes intrinsèques de sa production aux voitures félines, Namco, bien décidé à couper les derniers ponts avec le passé propose dès l'entrée en matière du jeu un choix assez conséquent. Tout d'abord, fidèle à une tradition mise en place avec l'opus 4, une somptueuse nymphette aux formes avantageuses vous accompagnera durant votre périple. Mais à la différence de ses consoeurs Nagase Reiko et Fukami Ai, elle n'a pas été retenue pour le rôle convoité du pot de fleur, mais pour celui bien plus enviable d'héroïne. Pilier du mode Carrière, elle incarne un avatar de charme, qu'il faudra mener à la victoire au travers de différents "scénarios" autant insipides que risibles. Je vous laisse découvrir comment cette petite infirmière (Hayami Rena de son prénom) voit sa destinée se traduire par le monde macho des circuits à l'asphalte bouillonnant. Intéressant dans le fond, car permettant de débloquer de nouvelles automobiles via des points de courses engrangés (suivant énormément de critères, allant de la qualité du freinage, à la position dans les virages), il demeure peu immersif dans la forme, bien que poussant le joueur sous le charme de Rena et de sa rivale Cavalli Gina, à tenter de devenir la nouvelle égérie internationale de la course professionnelle.

Ah les rues ombragées de Monaco, à la douceur méridionale, et à la Mafia roulant en Lotus Elise

Le mode défi quant à lui permet d'acheter des affrontements "à thème". En fait chaque circuit que vous vous offrez comporte une close de réussite propre, terminer premier, s'arrêter avant la limite, etc... vous donnant l'occasion de vous entraîner pour votre histoire personnelle. Très nombreux, mais pas fort coûteux, ils interviennent en temps que support du mode principal. C'est également en ce lieu que vous avez accès au garage et à l'atelier performance, vous octroyant respectivement le pouvoir d'acquérir des véhicules relativement chers, et de les améliorer (moteur et poids) moyennant également finance. Un monde capitaliste, mais qui récompense vos efforts. Le Rallye quant à lui, reprenant le principe de spéciales chronométrées, est le seul permettant de retrouver un petit peu les réflexes associés au monument de l'arcade qu'est Ridge Racer, dispensant un flux de sensations que l'on croyaient enfouies à jamais. Les autres possibilités demeurent anecdotiques car classiques et n'apportant rien de novateur (Arcade, Time Trial, et Multijoueur).

Rouler dans les couloirs de bus est interdit, ce qui n'empêche pas de profiter de ralentis à la mise en scène soignée

Graphiquement, cet épisode Xbox, s'il s'avère bien mieux réalisé que sur PS2, ne fait pas pour autant oublier la vacuité des décors et la modélisation un petit peu simpliste de certains modèles de voiture. Non que le soft en lui-même soit une horreur sans nom, mais un travail axé sur d'une part les environnements extérieurs et d'autre part sur les carrosseries des automobiles aurait fourni une bien meilleure preuve de sérieux que l'achat de licences coûteuses et inutiles. A croire que l'argent du développement s'est écoulé dans ce gouffre profond. En effet, voilà que surgissent Fiat, Peugeot, et autres marques célèbres oeuvrant sur des circuits réputés tels que Monaco ou encore Suzuka, alimentant la thèse d'une vulgaire opération marketing à la FIFA Football (du moins avant). Outsider reconnu et méritant de l'être, la série de Namco tente de devenir une paisible franchise se reposant sur un nom. Décevant. Surtout que pour une fois au sein d'un titre plongé dans le royaume grisant de la course automobile, les farouches concurrents ont une "personnalité propre", influant un tant soit peu leur attitude lors de batailles sans merci pour une première place rêvée, retranscrite par l'intermédiaire de petites phrases ironiques, ou respectueuses. Cela adjoint une vie palpable, neutralisant l'impression de courir contre des androïdes, à la façon d'un Gran Turismo.

Certaines automobiles font appel à la nostalgie des monstres de mécanique d'antan

De même, une jauge d'inquiétude apparaît derrière chaque concurrent à votre approche, vous indiquant sa propension à commettre une faute. Il vous est donc recommandé d'exercer une pression psychologique et physique constante, afin de parvenir à vos fins. Original et divertissant. Vous ressortirez de cette expérience un goût amer en bouche, vous disant nonchalamment que ce titre aurait du bénéficier des égards lui étant dûs. La volonté d'innovation et de rénovation est une composante essentielle dans le monde de plus en plus stagnant du jeu vidéo. Mais encore faut-il exécuter cette dernière dans le bon sens.

Les notes
  • Graphique 14 /20

    Doté d'un design général intéressant et original, et de replay filmés de manière dynamique, intelligente et bénéficiant d'effets impressionnants, R : Racing peut paraître sans accrocs. Pourtant lorsque l'on se penche sur les décors dépouillés et la réalisation lacunaire des véhicules, il en est tout autrement. Pas catastrophique, mais très décevant.

  • Jouabilté 10 /20

    Les commandes répondent parfaitement, et la direction à l'aide du joystick est relativement bien dosée. Maintenant que dire du gameplay en lui-même. Croisement incertain entre arcade et simulation, il peut se laisser dompter et révéler un visage un peu moins ingrat, avec du courage. Néanmoins, il demeure trop approximatif pour espérer contenter le joueur lambda. Dommage.

  • Duree 14 /20

    Le mode carrière demeure suffisamment long pour vous tenir en haleine quelque temps, et la possibilité de gagner des véhicules et d'acheter de nouvelles pistes vous poussera à engloutir le bitume. Après, tout dépend du plaisir de jeu ressenti. Ne vous attendez pas à l'exhaustivité d'un Project Gotham Racing 2, vous seriez déçu.

  • Son 12 /20

    Des compositions nerveuses aux rythmes entraînants, ne bénéficiant cependant pas d'une grande originalité. De plus, assez courtes elles se répètent relativement souvent. Une bonne qualité générale cependant. Les effets sonores quant à eux sont crédibles et suffisamment travaillés.

  • Scénario /

    Je vous laisse la surprise. Cela vous rappellera une publicité pour un organisme livrant des colis, commençant par Fed, et finissant par Ex.

La déprime arrive. Symbole de toute une génération de titres de course automobile arcade, Ridge Racer se voit dénaturé par une politique que certains qualifieront d'innovante et d'autres de marketing. Heureusement, suite à l'écroulement commercial de cette version, Namco a décidé de développer un nouvel opus, arguant que celui-ci n'est pas vraiment un épisode de la série. Souhaitons qu'ils choisissent une ligne de travail précise et qu'il nous redonne l'immersion émotionnelle des autres volets. Ridge City nous attend.

Profil de Killy
L'avis de Killy
MP
Journaliste de jeuxvideo.com
05 avril 2004 à 18:00:00
12/ 20
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L'avis des lecteurs (2)
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12/ 20
Mis à jour le 05/04/2004 Voir l'historique
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