(Assault + Grobda) ÷ 2, voici par quelle formule l'un des développeurs de Granada résume à l'époque l'héritage de son jeu ! Inspiré par ces titres issus du monde de l'arcade, Granada s'inscrit en effet dans le vénérable sous-genre du tank shooter, et le Granada est en fait le nom du char de combat futuriste ici au centre de l'action. C'est donc à bord de cet engin et à l'aide de son gros canon que l'on vous demande une fois de plus de sauv... euh, de tout détruire, oui, voilà.

Avant de se séparer et de prendre des chemins désormais bien connus (Namco Tales Studio avec la série Tales of, Tri-Ace avec les séries Star Ocean et Valkyrie Profile), le studio Wolf Team a d'abord fait ses armes pendant près d'une décennie sur d'obscurs ordinateurs japonais. Une partie de ses expérimentations s'est vue portée sur diverses consoles plus accessibles au public occidental, notamment la Mega Drive et le Mega-CD. D'abord conçu pour le Sharp X68000, Granada fut ainsi le deuxième titre (après Final Zone, avec qui il partage des similitudes) à sortir sur la 16-bit de Sega.
Contrairement à la plupart des jeux de la firme, Granada ne fait partie d'aucune série. L'équipe en charge de ce shoot 'em up multidirectionnel n'a pas non plus connu une grande fortune en dehors de cette première période du studio (à l'exception d'un certain Motoi Sakuraba, compositeur de son état). Toutefois, il est intéressant de noter que Granada a été dirigé par Toshio Toyota, que l'on retrouvera au game design pour Ranger X et Soleil, deux exclusivités Mega Drive particulièrement ambitieuses.








Les différentes versions du jeu
Si l'édition Mega Drive est naturellement beaucoup plus accessible, il reste intéressant de la comparer (en détail ci-dessous) avec l'original sorti sur l'ordinateur japonais Sharp X68000.

Si l'original Sharp X68000 remporte la bataille de la réalisation (graphismes, musiques, framerate plus stable aussi), le portage Mega Drive gagne la guerre du gameplay (niveau supplémentaire, et surtout une maniabilité enrichie). Pour autant, la version MD s'en tire avec les honneurs sur tous les fronts. Le contenu inédit et les options qu'elle propose compensent voire surpassent les quelques éléments de jeu exclusifs à la version X68k (des ennemis ou pièges assagis, voire absents du portage, et surtout des attaques plus variées pour certains boss). Pour peu que l'on ne soit pas rebuté par la touche visuelle et sonore Mega Drive, plus dense et sale à la fois dans son homogénéité, ce portage constitue une édition alternative tout à fait valable et intéressante de Granada.

Points forts
- Allier puissance, vitesse et précision aux commandes du Granada !
- Le renouvellement du level design, associé à la découverte des modules (un par niveau).
- Une réalisation graphique convaincante à l'époque, toujours cohérente aujourd'hui.
- Ce côté épique insufflé par la bande son !
- Accessible voire facile pour un shoot 'em up, avec une excellente rejouabilité derrière.
Points faibles
- Framerate sensible, donnant ralentissements et clignotements dès que l'on fonce dans le tas (overclock possible et recommandé).
- Des modules efficaces mais un peu fades, et parfois distraits (petits soucis de pathfinding).
- Un scénario qui essaye quelque chose... mais en fait non. Amusant, décevant, c'est selon.
Granada est l'exemple par excellence de la bonne surprise. Sous des dehors austères – voire pauvres pour un regard actuel – se cache un jeu vidéo qui mise l'essentiel sur son gameplay, tout en affichant une réalisation honorable pour la jeune Mega Drive. Le soft de Wolf Team procure les sensations attendues dans un jeu de char d'assaut (typé arcade) grâce à ses bruitages et à de bonnes idées telles que l'étonnant recul causé par le blaster, ou le tremblement de l'écran lorsque notre véhicule est ralenti par un terrain accidenté. Sur cette base le studio a élaboré un système de cibles à traquer et éliminer tout simplement fun et régulièrement rafraîchi de diverses façons. Accompagné par une bande son décisive et inspirée, on s'émerveille de voir que nos efforts sont récompensés niveau après niveau par de nouvelles trouvailles ! S'il est regrettable que tout ceci soit plus ou moins gâché par une technique et notamment un framerate délicat, cette tache de rouille ne doit pas vous retenir de faire parler la poudre et le canon du légendaire Granada.
















