
Contemplant les arbres, et les différents décors véritablement fins et détaillés, bien que parfois trop semblables, il va néanmoins falloir rapidement vous recentrer sur les salves d'adversaires en tout genre qui se jettent sur vous nerveusement. La survie est votre unique but. Pour ce faire, vous disposez d'un ensemble de coups relativement limités, ne pouvant subir aucune évolution. Il faudra donc vous contenter d'enchaînements semblables tout au long de l'aventure, ce qui à l'époque n'était pas forcement gênant, car commun à ce que les jeux de ce type proposaient. Cependant une petite touche de finesse émergeait de ce monde de brutes épaisses. Il vous était en effet possible d'invoquer des magies à la portée et à la vigueur conséquentes, détruisant tout sur l'aire de combat, grâce à des potions que vous trouviez après le décès de vos opposants. Plus vous en possédiez, dans une limite de 4, et plus leurs effets s'avéraient dévastateurs. De même, et dans un souci de gestion tactique de votre barre de vie, vous pouviez projeter une salve d'énergie fatale à vos adversaires en sacrifiant une partie de votre santé. Intéressant et rompant un tant soit peu la monotonie du gameplay. Cependant, il était sincèrement jouissif de pourfendre des chevaliers, mages et autres figures médiévales dans des duels violents et épiques. C'est d'ailleurs de ce côté-là qu'il faut chercher le véritable intérêt du soft. Ce dernier vous entraîne dans une aventure pétrie de hauts faits d'armes à la portée homérique, sorte de mélange savant avec la puissante essence d'un Conan, et l'aspect "voyage" d'un J.R.R Tolkien. On ressent vraiment le destin qui nous pèse sur les bras, le désir d'annihiler le danger par la force, de faire régner la justice du bout d'un glaive farouche. Un récit quasiment arthurien dans le sens furieux du terme.
Poussé par une bande sonore de grande qualité, bien que dépositaire des sonorités limitées du midi, que l'on croirait écrite avant le jeu, de sorte que celui-ci découle naturellement de ces partitions rappelant parfois la fabuleuse B.O de Basile Pouledouris accompagnant les massacres et les somptueux environnements présents dans Conan, on se trouve donc projeté dans une espèce d'élan conduisant à demeurer accroché émotionnellement à cette quête sans pouvoir se défaire des liens que l'on tisse en fredonnant les airs épiques. Alors, oui, le titre est limité, les personnages sont trop lourds, la difficulté est éreintante, la durée de vie n'est pas vraiment étendue, mais il ressort que l'on plonge dans ce jeu de manière idéale, sans accroc ni appréhension, pour peu que l'on apprécie le genre héroic-fantasy. Certains argueront également que c'est un plagiat manifeste de Golden Axe, mais l'ambiance n'est pas du tout identique, même si quelques aspects rapprochent les deux jeux. Pour finir, et malgré ses défauts inhérents au genre, Legend méritait et mérite toujours toute votre attention, si tant est que vous désiriez retrouver le sens même du mot aventure. Et si la peur vous surprend seul, il vous est possible d'emmener un compagnon, muni d'une hache. A vous de sauver votre contrée. J'y retourne.
Killy



















