Si l’objectif principal d’un jeu vidéo consiste surtout à en terminer l’histoire principale, ou à gagner la partie, son évolution fait qu’aujourd’hui, certains joueurs repoussent encore plus loin les limites en tentant de finir le jeu à 100%. Un défi qui passe très souvent par la réalisation d’objectifs supplémentaires précisément définis en dehors de la complétion du jeu en lui-même, ce sont les succès ou les trophées si on lorgne du côté de PlayStation. Inutiles ou indispensables, certains joueurs ont carrément choisi leur camp, voici le portrait d’une fonctionnalité qui captive autant qu’elle exaspère.
Succès ou trophée, les deux termes sont désormais bien ancrés dans le jargon vidéoludique et d’autant plus connus par les amateurs de ce concept basé sur l’achèvement d’objectifs additionnels, indépendamment du jeu lui-même, et valorisé par une simple notification à titre honorifique.
Xbox, PlayStation, Steam... Les succès ont leur histoire
Historiquement parlant, si l’origine des succès pourrait remonter à l’époque des Badges Activision en 1982, c’est surtout la septième génération de consoles qui a marqué ses débuts et notamment Microsoft qui innove avec la Xbox 360 en 2005. Le principe est relativement simple, il suffit de s’attarder sur une liste de défis à réaliser pour engranger des points, le but étant d’afficher le meilleur GamerScore possible sur son profil. C’est alors que la compétition fait vite rage et l’engouement monte rapidement auprès des joueurs, à tel point que face à cette véritable réussite, Sony riposte et calque le système avec l’ajout des trophées sur la PlayStation 3. Un terme différent pour un principe identique si ce n’est que les points sont remplacés par des trophées de bronze, d’argent, d’or et de platine, ce dernier indiquant que vous avez obtenu tous les trophées d’un jeu. Super Stardust HD est donc le premier titre à bénéficier d’une liste de trophées en 2008, en attendant une implémentation sur la totalité des jeux dès 2009. Véritable phénomène de mode, le système s’étend également sur PC avec les succès sur Steam ou Epic Games, ou même les haut-faits spécifiquement dédiés aux jeux de Blizzard tels que World of Warcraft, Diablo III ou encore Hearthstone. De son côté, Nintendo n’a pas adopté ce système dans une telle configuration et préfère laisser la liberté aux studios d’intégrer (ou non) des succès directement en jeu.
En bref, quel que soit le nom qu’on leur donne, les succès sont désormais légion dans le jeu vidéo. Divers et variés, certains sont directement liés à l’histoire principale ou nécessitent de terminer une mission ou une quête annexe, tandis que d’autres demandent de réaliser des actions particulières en jeu ou de récolter des collectibles. Des exemples parmi tant d’autres mais c'était sans compter sur certains jeux qui proposent des succès complètement fous pour un concept qui a de quoi diviser : d’un côté, les chasseurs et de l’autre, les détracteurs.
Quand les succès deviennent l'objet d'une chasse indispensable
Une addiction ou presque… Derrière ce terme de "chasseurs" se cachent les joueurs les plus acharnés. Au-delà d’apporter de la rejouabilité, un angle différent, de donner un sens aux activités annexes ou d’augmenter la durée de vie du jeu, les chasseurs de succès ou de trophées vont encore plus loin.
On l’évoquait justement ci-dessus, dès leur arrivée sur Xbox 360, les succès suscitent un véritable engouement chez les joueurs, à tel point que certains d’entre eux se mettent à acheter davantage de jeux pour obtenir un maximum de succès. Un effet de mode qui persiste aujourd’hui avec la multiplication de "petits" jeux disponibles et disposant de succès simples et rapides à obtenir, en témoigne My Name is Mayo par exemple, un jeu à base de clics où une seule heure vous suffira à venir à bout de l’intégralité des succès.
Puis il y a aussi certains joueurs, de nature peut-être plus téméraire (ou plus folle, allez savoir), qui utilisent les succès pour mettre leurs nerfs à rude épreuve. Un bon moyen pour eux de relever des défis, histoire de titiller leur fierté en parvenant à terminer le jeu dans sa difficulté maximale ou sans améliorer ses compétences. Vous voulez un bon exemple ? The Evil Within qui réunit justement les deux contraintes précitées, ou encore Dead Space 2 dont un succès demande de terminer le jeu en mode Fou furieux. Ici, si la difficulté est équivalente au mode normal, les ressources sont réduites et surtout, le joueur est limité à trois sauvegardes au maximum.
Vous l’aurez compris, des plus simples aux plus difficiles, tous les succès sont convoités et il y en a pour tous les goûts ! Mais à long terme, cette addiction n’entache-t-elle pas le plaisir de jouer ?
Mais que le côté inutile gâche l'expérience de jeu
C’est en tout cas ce que pensent d’autres joueurs, des détracteurs qui préfèrent profiter du scénario et mettre en avant l’intérêt du jeu en lui-même. Jugeant ce système de récompenses comme un allongement artificiel de la durée de vie du jeu, selon eux, les succès n’apportent rien de plus que de se forcer à passer du temps sur un jeu, sans parler des heures à errer sur les modes multijoueur en abusant des techniques de boost. De même, la difficulté maximale requise pour obtenir certains succès relève plus de la frustration que de la satisfaction, sans oublier que la rejouabilité devient parfois trop fastidieuse avec la nécessité de recommencer plusieurs fois le jeu dans des difficultés différentes. On pense notamment à Zombi ou Bioshock dont les succès liés aux difficultés sont indépendants. Et les exemples ne manquent pas quand il s’agit d’évoquer la lassitude provoquée par certains succès, à l’image du trophée de Dead Nation, un jeu exclusif PlayStation, où il faut tuer précisément 53 597 zombies, ce qui nécessite de terminer l’aventure au moins 4 fois en plus du DLC pour finir par jouer une mission en boucle.
A l’inverse, certains jeux regorgent de trophées simples et rapides à obtenir, tel My Name is Mayo que nous avons évoqué plus tôt dans cet article. Ici, c’est l’inutilité qui prend le dessus, tout comme les succès nécessitant de rester immobile (à l’instar de cette minute de réflexion dans Prince of Persia) ou de regarder les crédits jusqu’au bout (comme dans Call of Duty : Vanguard ou Guitar Hero Live qui demande même de les visionner deux fois). Quoi qu’il en soit, ces joueurs sont plus réticents à l'égard de ce système de succès et loin d’être convaincus en n’y voyant qu’une perte de temps, voire une forme de frustration au détriment du plaisir de jouer le jeu, uniquement pour le jeu.
Mais pas besoin non plus de choisir son camp, l’équilibre existe. Sans s’y intéresser plus que ça, cela peut toujours faire plaisir de débloquer un succès tout comme il est possible de les chasser, sans extrême, tout en profitant du jeu en lui-même et sans donner la priorité aux listes de succès. Alors… Indispensable ? Inutile ? Inutile et indispensable à la fois ? N’hésitez pas à nous donner votre avis sur la question dans les commentaires.