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News jeu Les centres de désintox pour gamers ça existe, et ça peut faire peur
Profil de Tiraxa,  Jeuxvideo.com
Tiraxa - Journaliste jeuxvideo.com

Entre la Chine et les Etats-Unis, le boot camp de désintox pour jeunes gamers affiche une culture bien différente. Mais vous n'aimeriez probablement vous retrouver dans aucun des deux.

121 380 vues

Sommaire

  • Les dérives mortelles du boot camp sud-asiatique
  • Le business des gens heureux
  • Le dialogue familial à l'épreuve de la communication de masse

On les imagine surtout en Chine : des boot camps bourrés d’enfants larmoyants forcés de suivre des mécanismes militaires, tenues assorties, dans le but de s’émanciper d’addictions repérées par des parents très consciencieux. Une scène déjà observée quelques dizaines de fois dans les papiers et reportages de grands médias anglophones. On dit que l’Empire du milieu compte plus de joueurs en ligne que les États-Unis n'ont d'habitants. Ils seraient environ 368 millions, parmi lesquels 24 millions souffriraient d'un usage pathologique de ce qui est parfois rebaptisé localement “héroïne numérique”. Ici, la pratique est fermement surveillée ; en 2021, l'administration générale chinoise restreignait le temps de jeu en ligne chez les mineurs tout en solidifiant les systèmes d'authentification. Une manière de protéger la jeune population d'un "opium spirituel" qu’il censure à tour de bras. Une terminologie bien ciblée qui a encouragé l'avènement de centres très spéciaux. 13 ans plus tôt, la Chine devenait à ce propos le premier pays à reconnaître le trouble de dépendance à Internet comme une maladie mentale.

En 2015, le journal Mother Jones s’intéresse au centre d’une banlieue de Pékin qui supervise 70 patients menés à la baguette par un ancien colonel, Tao Ran, lequel affirme que ses méthodes renferment un taux de réussite de 75%. Clichés à l’appui, l’homme circule entre les rangs parfaitement alignés d’élèves aux visages fermés, tous affublés de t-shirts aux motifs camouflages. Au programme de l’Internet Addiction Treatment Center : scanner du cerveau, traitement médicamenteux, conférences sur les méfaits d'Internet et exercices physiques dès 6h30 du matin. Sur leur temps libre, à l’intérieur du dortoir, les enfants peuvent jouer aux cartes ou consulter des livres sur les troubles de l'internet écrits par le directeur du centre. Des camps de la sorte, il en existerait environ 300 en Chine ; Certains sont gérés par des hôpitaux publics, d'autres par des écoles privées. Tao Ran raconte que sa formation, elle, existe depuis 2003.


Les dérives mortelles du boot camp sud-asiatique

Jamie Fullerton, journaliste pour The Sun, s’est déjà rendu dans l’un de ces camps en 2014, alors dirigé par Tao Ran. Les premières phrases de son papier racontent le coup de poing au ventre asséné à un garçon dégingandé un peu trop rieur au goût de son responsable. Pendant ce temps, à l’extérieur des murs, la réputation de ces structures s’effrite. Li Ao, 18 ans, a perdu la vie en 2017 après avoir passé moins de deux jours dans le centre d'éducation Hefei Zhengneng, dans une province chinoise de l'est. Son corps présentait des traces de blessures multiples. Outre la violence présumée qui sévirait quotidiennement, on dit aussi que certains patients seraient parfois drogués, escortés contre leur gré dans l’enceinte de l'établissement. Xiong, 16 ans, racontera à un journaliste de The Guardian comment ses parents l’ont “piégé” en lui faisant croire à une sortie familiale alors qu’ils le conduisaient à l’un de ces camps situé à plus de 600 km de chez eux, où l’attendait un "parrain maléfique", un ancien soldat de l'Armée populaire de libération appelé Xu Xiangyang.

Les centres de désintox pour gamers ça existe, et ça peut faire peur

Leur couverture médiatique ne leur font pas honneur et pourtant, les camps se démultiplient. A l'adresse des journalistes de la BBC, Trent Bax, chercheur sur la dépendance chinoise à l'égard d'Internet, raconte que la plupart des centres ont recours à une "publicité émotive" adressée à des parents qui “agissent en réponse à une peur très réelle que l'avenir réussi de leur enfant unique ne se réalise jamais parce qu'ils refusent d'arrêter de jouer et de commencer à étudier".

Parallèlement, au sein du gouvernement, on tire un constat positif des dernières réglementations strictes qui limitent le temps de jeu des mineurs en semaine comme en week-end. En fin d’année dernière, l'Institut chinois de recherche sur l'industrie du jeu publiait un rapport annuel baptisé "2022 China Game Industry Progress Report on the Protection of Minors", affirmant que le problème de l'addiction des mineurs aux jeux était “largement résolu. La proportion de mineurs qui consacrent moins de trois heures par semaine aux jeux en ligne serait passée à plus de 75 %.


Le business des gens heureux

À quelques dizaines de milliers de kilomètres de là, aux États-Unis, la culture du camp de désintox dégage une atmosphère de façade déjà bien plus chaleureuse. Une simple recherche de mots-clés sur le moteur Google laisse émerger une poignée de sites arborant, en bannière, des clichés de touristes pieds nus flânant à la plage ou s’adonnant à des embrassades amicales ; une sorte de reconnexion avec la nature encouragée par un numéro de téléphone à contacter, toujours affiché en très grande taille sur la page d’accueil d’un site à l'interface quelque peu vétuste. Family Bootcamp par exemple, propose une thérapie familiale dans un cadre “inestimable”, là où l'adolescent est complètement débranché de la technologie et "ne peut pas s'échapper sur Internet pour éviter de faire face à ce problème familial”. Les frais d'inscription s’élèvent à 2500 $ par foyer et comprennent une expédition de cinq jours dans la nature pour les jeunes, des séances de thérapie individuelle et de groupe, un séminaire de deux jours pour les parents ainsi que deux séances de thérapie familiale post-voyage. Sur un autre onglet, la page de Summerland propose une quête plus spirituelle (repéré sur la chaîne de Curiosiatae).

Nous n'aimons vraiment pas le terme "camp d'entraînement" car un camp d'entraînement est généralement quelque chose de plus punitif par nature. Ce que nous faisons, c'est aider les jeunes à compter les coûts liés à des heures interminables de jeux vidéo pour développer le désir de changer.

Le site, cette fois plutôt bien entretenu, affiche une série d’études sur le jeu pathologique entre une poignée de photos d’adolescents souriants prenant du bon temps à Camp Pocono Trails, à 90 minutes de New York City, où se déroulent parallèlement des programmes de perte de poids et d’estime de soi. Les activités en plein air semblent aussi considérables que les tarifs, dont la fourchette est située entre 2000 et 11 000 euros pour une à sept semaines de thérapie avec, à la clé, un enfant à la maison qui comprend enfin “ce qu'il faut faire pour que ses rêves deviennent réalité” ; “Le prix de ne rien faire”, est-il promis sur la page.

La plupart des sites web spécialisés trouvés affirmeront les mêmes valeurs, listeront plus ou moins les mêmes signaux à ne pas ignorer chez l’enfant sur des bases plus ou moins documentées et s’accompagneront d’une grille de tarifs semblable à celle que vous dénicherez en recherchant un voyage organisé à Bali. Un business bien huilé donc, centré cette fois sur une certaine forme de volontariat et de développement personnel à la cool, dans ce qui est ni plus ni moins un summer camp. Néanmoins, le public cible reste le même qu’ailleurs : des parents alarmés, peut-être au bout du rouleau, sans solution palpable. Et la réputation des sites est là aussi médiocre ; car oui, si le camp américain ou même européen mise sur une thérapie bienveillante, il ne peut se défaire, lui aussi, de son lot de décès par noyade, étranglement, ou encore par maltraitance, qui font les grands titres chaque année. Hilary Levey Friedman, sociologue à Harvard, accuse un manque de qualification au sein des équipes, justifiant dans les colonnes du Huffington Post que contrairement aux enseignants, les moniteurs de colonie de vacances ne sont pas tenus d'être certifiés pour travailler avec de jeunes enfants ni d'être considérés comme des experts dans un domaine donné”. Un peu comme Tao Ran, cet ancien colonel chinois devenu moniteur de camp.

La facilité avec laquelle quelqu'un peut prétendre être un conseiller de camp spécialisé qualifié m'est apparue clairement lorsque j'ai participé à un camp de football d'une semaine pendant le processus de recherche pour ma thèse de doctorat et mon livre, Playing to Win : Raising Children in a Competitive Culture. J'ai rencontré le propriétaire du "Northeastern States Soccer Camp" (le nom a été changé) lors d'une exposition de football d'État. Il m'a demandé si j'envisageais de devenir entraîneur dans son camp d'été. J'ai expliqué à plusieurs reprises que je n'étais pas doué pour le football mais que je pourrais être conseiller, vivre avec les enfants dans leur dortoir et les superviser. Lorsque je suis arrivé au camp, j'ai découvert que j'étais censé être chargé d'entraîner un groupe de participants - dont les parents avaient payé près de 700 dollars pour la semaine en pensant que leurs enfants recevraient un entraînement et une formation de haut niveau.


Le dialogue familial à l'épreuve de la communication de masse

La médiatisation de la violence et de l’addiction aux jeux vidéo initiait dès les années 1990, lors de l'avènement de Mortal Kombat ou de Doom, une rupture entre les joueurs et les autres. On estime qu’elle prendra une nouvelle ampleur à la suite du massacre de Littleton, le 20 avril 1999, lorsque deux élèves du lycée Columbine ouvrent le feu sur leurs camarades et leurs professeurs. Eric Harris, l’un des auteurs de la tuerie, était un grand consommateur de jeux vidéo. En seulement sept jours, le chercheur Olivier Maco note que le New York Times aura publié seize articles consacrés à la responsabilité du jeu vidéo dans la tuerie. Bill Clinton, alors président, déclarait : “Protéger nos enfants des armes est important, mais c’est juste une étape. Les industries des médias et du divertissement ont un pouvoir énorme sur la vie de nos enfants aussi doivent-elles prendre leur responsabilité”. Puis les débats sur la violence déboucheront bientôt sur celui de l’addiction. Phénomène individualisant, associabilisant, générant chez les plus jeunes un comportement violent, le jeu inquiète ceux qui ne le connaissent pas. En janvier 2018, l’Organisation mondiale de la santé préfère définir leur usage à risque comme un “trouble”. Et on estime que seul 1 % des joueurs correspondrait à cette définition. L’Association américaine de psychologie déclarera estimer que la classification de l’OMS est plus “le résultat d’une panique morale que d’une bonne science”

Aujourd’hui, la plupart des psychologues s’étant penchés sur le cas du jeu pathologique affirment qu’il ne s’agit pas d’un processus indépendant mais plutôt du symptôme d’un plus grand mal-être au sein de la famille. Michael Stora, psychologue et psychanalyste, suggérait alors : “Au lieu de les envoyer remplir les files actives de certains services d’addictologie, pourquoi ne pas ouvrir des espaces de créativité numérique où on les aiderait à déployer leurs dons ?”. Frédéric Berben, psychologue clinicien et thérapeute familial, lui, combat justement le feu par le feu. Dans son cabinet, le jeu est devenu un outil de thérapie à long terme, comme moteur d’une meilleure communication familiale. Il publie en 2014 Les jeux vidéo multijoueurs, une opportunité en thérapie familiale, un ouvrage dans lequel il raconte que World of Warcraft est un moyen "d’harmoniser un mode de fonctionnement autant centré sur soi-même que sur la relation aux autres“. Une méthode encore rare en France, où il est encore de coutume d’avoir recours aux consultations spécialisées d’hôpitaux, souvent habitués à traiter le jeu pathologique comme une addiction, au même titre que la drogue et l’alcool.

Commentaires
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Gary190 Gary190
MP
le 24 janv. à 18:26

imagine ce genre de centre de désintox en occident, ils seraient obliger de diviser le centre en 4 pour séparer les différent fanboy (proM, proS, ProN, Pcistes) au risque qu'ils brûlent tout l'établissement en se mettant sur la tronche. :rire:

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