Donkey Kong Bananza est un jeu de plateforme remarquable.
Son gameplay basé sur le voxel est une idée brillante : il permet d’explorer dans toutes les directions, de creuser, modeler, transformer le monde de façon dynamique, en jouant avec la nature des matériaux (sols mous, blocs friables, surfaces glissantes, etc.).
Le level design est d’une intelligence rare. Il est construit tout en verticalité et en profondeur, avec des zones empilées qui donnent littéralement du relief à l’exploration. Chaque strate forme un monde à part entière, structuré autour d’une idée de gameplay forte, toujours bien intégrée à l’environnement. Le scénario, à la fois original et parfaitement progressif dans les strates et sous-strates, accompagne cette architecture avec cohérence. On découvre des environnements et des mécaniques jamais vues dans un plateformer 3D, avec une liberté d’exploration à la fois maîtrisée et grisante.
Mais malgré toute l’ingéniosité, la créativité et l’extrême générosité en contenu, le jeu laisse une vraie impression d’inachevé sur la fin.
On sent que des Bananza girafe et lion ont été conçues, sans doute avec des pouvoirs liés à l’allongement du cou pour la girafe, et à la gloutonnerie pour le lion, mais que tout cela a été supprimé en cours de développement.
Du contenu a donc clairement été enlevé, et l’ensemble perd beaucoup en cohérence.
Le décor et le lore préparent à ces rencontres, mais elles n’arrivent jamais. Cela donne une sensation de vide et casse la promesse d’excellence que le jeu tenait jusque-là.
Il semble clair que l’objectif initial était une structure cohérente et ambitieuse, avec pour chaque strate une association claire entre un peuple et une transformation Bananza dédiée :
Strate du lagon : singes pêcheurs et Bananza Kong
Strate du canyon : girafes ouvrières et Bananza girafe (tout suggère la présence d’un peuple de girafes : architecture élancée, plateformes verticales, lore explicite… mais aucun PNJ girafe à l’horizon)
Strate du glacier : zèbres glaciers et Bananza zèbre
Strate de la forêt : autruches hôtelières et Bananza autruche
Strate de la tempête : éléphants météorologues et Bananza éléphant
Strate du désert : serpents joailliers et Bananza serpent (qui semble non finalisée par ailleurs, avec un plus faible niveau de détail que les autres)
Strate du festin : lions employés de fast-food et Bananza lion (Statues, têtes sculptées, enseignes... mais aucun lion vivant ni Bananza associée. La strate semble aussi incomplète : on dirait que le burger aurait dû être préparé dans des sous-strates supprimées, par exemple dans des cuisines, et pas simplement déposé via interrupteurs.)
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Le jeu est clairement pas finalisé.
Je visais un 19/20. Finalement, ce sera 16.
Avec un développement abouti, Donkey Kong Bananza aurait pu prétendre au rang de chef-d’œuvre, à la hauteur d’un Breath of the Wild. Nintendo est passé tout près de l’un des plus grands jeux de tous les temps, mais a raté l’occasion. Tant pis pour eux et pour nous...
Ils devraient vraiment apprendre à mieux gérer leurs plannings et leur développement de projets : c’est fou qu’un jeu aussi ambitieux ne sorte pas terminé.