Sorti sur Super Nintendo alors que la Saturn et la PlayStation étaient déjà arrivées en Europe, Final Fight 3 se veut tout aussi discret que son aîné mais vaut le détour pour un certain nombre d'innovations appréciables. Toujours aussi peu original, le scénario nous emmène dans une ville toujours aussi dévastée, non plus par le gang Mad Gear qui semble définitivement anéanti, mais par un nouveau gang nommé Skull Cross, qui a pris le dessus sur tous les autres. L'introduction est toujours aussi travaillée et marque le retour de Guy, qui vient montrer ses nouveaux coups à Haggar. Mais alors qu'une émeute éclate en plein centre, une flic nommée Lucia vient se joindre à eux pour en finir, ainsi qu'un loubard nommé Dean qui sait où se cachent les membres du gang. Le joueur a le choix entre non pas trois, mais bel et bien quatre personnages, plus différents que jamais grâce à des coups spéciaux à effectuer avec des quarts de tour et même des furies via une jauge rappelant celle de Super Street Fighter II Turbo. Lucia se bat avec ses pieds et peut effectuer une toupie vers les airs, un coup de pied aérien enflammé et sa super attaque consiste en un puissant combo ; Guy peut envoyer une flamme en avant et sa super est également un puissant combo, que l'on retrouve à partir de Street Fighter Alpha 2 Gold ; Dean est assez baraqué et possède une choppe qui électrocute, un uppercut et sa super est une autre choppe plus puissante ; Haggar peut porter un violent coup vers l'avant et sa super est une double prise surpuissante.
Le joueur peut désormais courir en appuyant deux fois sur avant, et même reculer en vitesse grâce au bouton L ou R qui, maintenu, permet de rester dans la même direction tout en bougeant. L'autre gros point positif reste qu'un joueur seul peut se faire accompagner d'une IA partenaire, ce qui reste une bonne alternative au mode deux joueurs. Toujours composé de six niveaux, le jeu a une avancée toujours très classique, même si on peut parfois casser des ouvertures en arrière-plan, amenant dans de petites pièces pour récupérer des objets comme de la viande, ce qui s'avère assez inutile étant donné que le jeu est encore plus simple d'accès que Final Fight 2. Les zones traversées manquent d'originalité malgré la présence d'une petite prison, d'un bar, d'un pont suspendu, d'un bateau, d'une fonderie et d'un immeuble, l'esprit de la série étant moins présent malgré des graphismes encore plus affinés et des musiques assez sympathiques (mais qui reviennent trop) ; il y a aussi de quoi s'étonner du niveau 3, qui se plie en deux minutes avec ses deux tableaux et son absence de boss. On trouve toujours le même type d'ennemis en plus faibles : des classiques, des balèzes qui foncent, des lanceurs de grenade à portée ridicule, des Andore, des nains qui courent partout et des femmes moins agiles que Poison et Roxy.
Le premier stage bonus consiste à arrêter un camion en frappant le pare-brise avant qu'il nous fasse tomber dans le vide, et le second à éviter plusieurs barils roulants pour casser un ordinateur au bout d'un couloir. Les boss sont pas mal entre un nouveau flic ripoux, une sorte de videur, un marin, un type chelou aux cheveux violets et aux lunettes de soleil qui saute partout, et leur chef charismatique habillé en soldat au béret rouge, muni d'épaulettes, d'un monocle noir et d'une machette. Dommage qu'on le voie juste descendre de son hélicoptère sans plus de contexte et de lien avec les précédents épisodes car d'autres cutscenes sont présentes entre certains niveaux. Passé encore plus inaperçu que son prédécesseur, Final Fight 3 ne brille pas par son originalité et manque d'identité dans le contexte de son époque, ce qui est d'autant plus dommage étant donné les efforts de gameplay de Capcom, qui n'en font qu'un simple bon beat'em all parmi tant d'autres.