Quatre ans après le premier épisode, Street Fighter II est passé par là et a fait des ravages dans les salles d'arcade et sur console. Mais les bons beat'em all se sont aussi enchaînés avec de multiples apports et Capcom ne compte pas en rester là pour sa série phare. Final Fight 2 sort donc en 1993 directement sur Super Nintendo en mettant en scène deux nouveaux personnages aux côtés d'Haggar. Alors que Cody et Jessica prennent des vacances et que Guy repart au Japon poursuivre son entraînement, le clan Mad Gear renaît de ses cendres à Hong-Kong et enlève cette fois-ci Rena, la petite amie de ce dernier, ainsi que son maître et père de Rena, le vénéré Genryusai, histoire de bien mettre Guy en rogne. Pas de bol, celui-ci ne semble même pas se tenir au courant, et c'est la superbe Maki, petite sœur de Rena et également élève de son père aux côté de Guy, qui va appeler Haggar pour le prévenir et l'accompagner. Le troisième personnage est un ami d'Haggar sud-américain formé aux arts martiaux japonais, qui agite son épée dans tous les sens lors de son attaque spéciale ; contrairement au premier jeu sur la même console, on peut enfin jouer à deux. Le jeu se compose de six niveaux qui nous font traverser une partie du monde comme ça arrive souvent chez Capcom. On commence ainsi à Hong-Kong pour apprendre que le reste du gang sévit en Europe : c'est ainsi qu'on passe en France (directement reconnaissable avec la Tour Effel en fond), en Hollande, en Angleterre et en Italie pour finalement en découdre avec le nouveau chef au Japon.
Les graphismes sont bien plus détaillés qu'auparavant, offrant de jolis décors et des sprites bien animés. Les musiques sont un peu moins marquantes mais restent de qualité ; elles reviennent également plusieurs fois. La jouabilité est surtout plus fluide et les ennemis plus faciles à toucher sans s'en prendre plein la figure, ce qui rend le soft bien plus agréable à jouer, même s'il reste globalement trop facile avec ses nombreux continues et ses nombreuses vies dont celles qu'on gagne en marquant des points. Les armes sont assez rares et peu puissantes mais peuvent être utiles entre les couteaux, les matraques et le morceaux de bois. Le système de jeu reste le même avec un bouton pour frapper, un autre pour sauter et le coup spécial auquel on peut en assigner un troisième. Maki est très charismatique avec son style rapide, son coup de pied aérien et sa toupie ravageuse, Haggar envoie toujours du lourd même si sa prise spéciale tape à peine plus fort que la simple (alors qu'elle devrait être plus puissante en étant devenue comme la grosse prise de Zangief) et Carlos fait l'intermédiaire avec ses coups standards et son coup spécial à l'épée. On trouve toujours de la nourriture pour se recharger, notamment des morceaux de viande étrangement nommés « barbecue », ainsi que des poupées Genryusai qui rendent momentanément invincibles et des poupées Guy qui octroient une vie. Le level design reste assez plat mais des destructions de barrière, du scrolling en diagonal et quelques passages comme le bateau et le train font varier les plaisirs.
On trouve de nouveaux ennemis, moins marquants mais toujours variés entre ceux qui nous tombent dessus et ceux qui foncent avec leur appareil électrique (une décharge provoque la même animation que celle de Blanka), mais aussi des classiques et des connus comme les pyromanes (des mines sont également présentes sur le sol de certains niveaux) et les fameux Andore, moins nombreux et plus faciles à appréhender. Le stage bonus de la voiture est toujours présent (pour une voiture plus haute et avec des armes à disposition), et le deuxième consiste à détruire des barils en avançant, en frappant quand ils ne sont pas enflammés. On reconnaît direct les boss avec leurs gros gabarit, excepté Philippe le clown très rapide qui fait des balayages et tape avec une baguette et Rolento de retour plus rapide que jamais et qui nous mitraille de grenades quand il ne lui reste plus que sa dernière barre de vie. La fin se limite à un clin d’œil du premier opus car on balance également le boss final par la fenêtre, la reste ne se résumant qu'à se simples retrouvailles dans le sourire.
Très bon au demeurant, il est surtout dommage que Final Fight 2 n'ait pas fait évoluer sa formule en proposant davantage de coups, des précipices et des points d'expérience comme c'est le cas dans Mighty Final Fight, sorti au même moment sur NES. A ce titre, il reste assez anecdotique comparé au premier et se fait voler la vedette par la concurrence avec Turtles in Time, ou encore Streets of Rage 2 chez Sega.