Ah, Ys 7... Que dire de ce jeu ? Que c'est une pure tuerie ? Oui. Que c'est un des meilleurs action-RPG sortis depuis 10 ans ? Oui. Mais il est plus que ça, pour moi. (Je suis obligé de résumer, la limite de caractères sur JVC étant toujours aussi agaçante.)
Ys 7 mérite au moins 17 selon moi : 18 ne serait pas volé, mais j'en reste à 17.5 pour "sanctionner" un certain classicisme (pas désagréable, par ailleurs). Ys 7 est en fait le jeu qui m'a réconcilié avec les JRPG (ou A-JRPG), et leurs codes (graphismes mangas, narration pas très adulte, utilisation du farming et du levelling comme mécaniques de jeu principales, etc.), parce que tout est fait à la perfection. Alors, rien n'y est vraiment surprenant, mais le tout est extrêmement plaisant, addictif, et amusant. Une fois que vous avez lancé une partie de Ys 7, bon courage pour en décrocher...
J'ai adoré : le système de combat, la direction artistique (le jeu n'est pas le plus beau jeu PSP, et de loin, mais il reste malgré tout très agréable à regarder), le système de soin (limité et donc à gérer avec stratégie), l'univers -pas très original, mais bien fait-, le déroulement de l'histoire -pas si classique, notamment parce qu'on est loin du manichéisme Bien vs Mal-, les persos qui nous accompagnent, bien distincts les uns des autres (et donc marquants), les mini-énigmes pas prises de tête mais bien présentes, la possibilité de faire du levelling et du farming si besoin, le côté "open-world" du jeu, qui permet, assez rapidement dans l'aventure, de parcourir librement le monde d'Altago pour effectuer des quêtes secondaires ou farmer les matériaux qui nous intéressent, et enfin la possibilité de choisir son propre niveau de difficulté. J'ignore comment on fait pour finir ce jeu en 20h ; moi j'ai environ 60 heures de jeu au compteur (dont pas mal en farming, juste pour le plaisir), et je l'ai fini avec toutes les armes ultimes, sauf une.
Et puis l'impression permanente de fluidité dans la progression du joueur de Ys 7 rend l'expérience de jeu très grisante et fun, et participe énormément au plaisir qu'on prend à y jouer. Fluidité dans le système de déplacement et de combat, qui est nerveux et dynamique ; fluidité dans l'exploration (il est très rare, même pour un handicapé comme moi, de se perdre ou tourner en rond, grâce à la mini-carte très pratique et au fait -trop rare dans un RPG- que les environnements sont suffisamment différents les uns des autres pour que vous ne les confondiez pas entre eux) ; fluidité dans l'avancement des quêtes (les énigmes sont bien équilibrées et suffisamment intéressantes sans être jamais bloquantes ou décourageantes) ; et enfin, fluidité dans les affrontements contre les boss, qui constituent toujours de réels défis, sans être pour autant insurmontables une fois qu'on a bien analysé leurs attaques (en tout cas en mode normal ; bonne chance pour le mode "nightmare" !).
On peut par contre regretter que le jeu soit en anglais et pas en français, mais pas maudire son éditeur pour ça. Ce qu'il faut maudire, en fait, ce sont les goûts de la majorité des joueurs de notre beau pays : c'est ça qui dissuade les éditeurs de traduire certains jeux (Ys 7 et d'autres, comme Valkyria Chronicles 2) en français, une telle traduction n'étant pas rentable pour un jeu qui ne trouve pas son public...
Pour finir, on a beaucoup comparé la série des Ys à "l'étalon" Zelda, mais moi j'ai plus pris mon pied sur ce Ys 7 que sur les Zelda auxquels j'ai joué (ALTTP, Link's Awakening, et The Minish Cap). En effet, dans Ys 7, les énigmes, bien qu'intéressantes, sont plus simples (et donc on n'est jamais en train de tourner en rond), et le système de combat est bien plus fun et stimulant (car plus proche de celui d'un hack and slash). En fait, moi je le comparerais plutôt à Key of Heaven (même si lui se déroule dans une sorte de Chine légendaire), toujours sur PSP et que j'ai également adoré, pour son système de combat mais aussi les éléments intervenant dans l'histoire (des "tribus", chacune associée à un élément, doivent se liguer contre un ennemi commun). Bref, c'est pour ça que j'aime la PSP : cette "petite" console un peu dépassée nous offre pourtant des perles comme ce Ys 7, pour à peine 10 euros, pendant que les coûteuses consoles new gen nous offrent des jeux à l'intérêt douteux pour six fois ce prix... C'est ça, aussi, qui fait que la PSP est et restera la "best console ever", à mes yeux, et ce magnifique Ys 7 un de ses meilleurs jeux. Tout simplement magique.