Loin des univers persistants nous retenant jusqu'à plus soif, et nous noyant sous une surcouche rpg faite d'innombrables statistiques, Neva revient à l'essence de ce qu'est une expérience vidéoludique sous sa forme la plus pure.
Car épurée justement, de tous ces systèmes certes évolutifs, mais ô combien récurrents et intrusifs, auquels nous sommes habitués sans pour autant oser les imaginer s'évanouir dans la nature.
Cette même nature étourdissante de beauté mais corrompue par un mal insidieux, tient le rôle principal d'une intense quête initiatique chargée d'émotions.
La sidérante réalisation de Nomada Studio stimule les sens (et les glandes lacrymales) à travers chaque détail mûrement réfléchi de son gameplay, couplée à un délicat festin audiovisuel, pour un résultat délectable et enchanteur.
Les grands peintres d'antant, non contents d'être stupéfaits par tant de technologie au service de l'art, en feraient probablement usage à leur tour s'ils étaient vivants. En leur absence, des développeurs tels que les géniaux espagnols de Nomada, revendiquent cet héritage spirituel.
Deux choix s'offrent alors aux chanceux joueurs que nous sommes : celui d'étaler son incompétence par la médisance, ou celui de se satisfaire dans le silence et la béatitude, d'une œuvre majeure et exemplaire à bien des égards ; là où la poésie se vit et se voit.