Disons-le de suite : Chamber of Time n’est pas un bon jeu. L’idée de base est excellente, mais le titre souffre de tellement de défauts que l’expérience s’en retrouve gâchée. Dommage car j’attendais ce titre avec curiosité.
Je ne connais pas l’animé (et malgré les défauts du titre, j’ai envie d’essayer) mais après recherches, j’ai pu voir que le jeu se déroule juste avant les vacances d’été, entre les épisodes 7 et 8 de l’animé. On y incarne donc Akko dans la célèbre académie de Luna Nova. Juste derrière la bibliothèque, Akko découvre une horloge géante et s’aperçoit rapidement que la journée recommence à zéro une fois minuit passé. Vous allez donc enquêter pour découvrir pourquoi. Chic ! On se retrouve avec un jeu où on explore une espèce de Poudlard, avec un Gameplay à la Majora’s Mask… Que demander de mieux ?
Certes, l’académie est belle : bibliothèque, dortoir, etc. Les effets de lumière sont saisissants, surtout au crépuscule, et en fonction de l’heure de la journée, les personnages bougent et les missions se rendent (in)disponibles. Plutôt pas mal. Hélas, chaque zone a droit à son temps de chargement, et les éléments du décor sont recyclés à outrance, on a donc l’impression d’en avoir fait le tour au bout de 2 heures. Pire : ça manque de vie : les personnages sont fixes, ça manque cruellement d’animation ou de sentiment d’immersion (le lycée dans Persona 5 regorgeait de petits riens qui, mis bout à bout, donnaient réellement l’impression d’y être). Mais le plus pénible reste le système de jeu en lui-même : outre les donjons, les seules activités dans l’Académie restent des quêtes Fedex qui nécessitent, pour les mener à bien dans la journée (sinon elles sont remises à zéro) de courir entre les différentes zones à l’aide d’une mini-map confusante. Et il n’existe aucun moyen de se déplacer rapidement, à part vous téléporter, mais vous devrez pour cela trouver des save-spots, les activer, et acheter des potions de téléportation. Oui : dans l’académie, chaque sort vous demandera une potion différente ! Sorcière de pacotille !
Niveau histoire et narration, outre de rares scène animées plutôt correctes, on se retrouve avec des dialogues figés, certes intégralement doublés, mais plutôt poussifs. Tantôt rigolotes, tantôt longues, surtout longues, elles n’ont même pas le mérite d’étoffer le background ! Ceci dit, peut-être que les fans de l’animé y trouveront leur compte.
Mais là où le bât blesse, c’est dans les combats : d’une, vous n’avez que 7 donjons, à faire et refaire lors de la trame principale. Ils ne sont guère passionnant et plutôt oubliable malgré une DA appréciable. Vous y incarnez toujours Akko, accompagnée de 2 héroïnes de votre choix, gérées par l’IA. Si elle n’est pas chaotique, elle est pénible : elle spam des attaques même quand les ennemis ne peuvent être touchés, elles n’auront de cesse de vous pousser dans les pièges ou vous gêner dans vos attaques… Heureusement : pas de tir ami ! Quant aux boss, ils sont beaux, impressionnants, mais tellement pénibles ! Première phase : le rouer de coup. Deuxième phase : attendre le moment opportun pour contrer une attaque, l’affaiblir et le rouer de coups. Répétitif ! Et pour ne rien arranger, vos héroïnes sont bruyantes !! Toujours les mêmes sons lors de leurs attaques, c’est à vous coller la migraine ! Dommage car les effets de lumières, les sorts sont réussis.
Enfin, vous avez un côté RPG : levelling, gestion de votre équipement, possibilité de fusionner des items pour créer des accessoires puissants (n’espérez pas un système d’alchimie aussi poussé que la saga Atelier, ci, c’est : élément A + élément B = nouvel équipement !). Classique et peu inspiré.
Bref, même s’il n’est pas le pire jeu qui soit, ses bonnes idées et son matériau de base sont gâchés par une réalisation imparfaite et un sentiment d’inachevé. Je mets 11 pour l'idée et parce que ce n'est pas non-plus injouable, seulement décevant et frustrant.