Développé par le studio lyonnais Gloomywood, 2Dark mêle infiltration et survival horror dans un jeu très à l’ancienne où l’on incarne Smith, un inspecteur dont les deux enfants ont été kidnappés et qui continue de traquer les criminels sept ans plus tard alors qu’il a été destitué de ses fonctions suite à des actes de violence. Frédérick Raynal revient à ses premières amours vingt-cinq ans après le premier Alone in the Dark et semble s’identifier au personnage principal, auquel il ressemble comme deux gouttes d’eau. Après une introduction poignante où on retrouve notre femme assassinée avant d’assister au kidnapping de nos enfants, on retrouve Smith à son domicile, suivant une piste qui l’emmènerait à des ravisseurs. Comme son nom l’indique, 2Dark est en deux dimensions, avec une vue aérienne et une belle esthétique qui sait se montrer glauque, les personnages étant quant à eux créés en pâte à modeler. Le sound design de folie est d’entrée annoncé par un thème principal frémissant, plusieurs fois remixé durant le jeu, avec sa voix d’enfant qui n’est pas sans rappeler les chœurs de la série ObsCure. Souvent calmes et discrets, les six niveaux du jeu conservent les meilleurs moments pour introduire leurs musiques horrifiques et mélancoliques, souvent lors de trouvailles d’enfants dans des pièces particulièrement sordides
Chaque niveau a de quoi tenir en haleine deux bonnes heures, l’infiltration étant difficile aussi bien au niveau des recoins à trouver qu’en ce qui concerne la quantité des ennemis. Commençant toujours en extérieur, il faut trouver quelle entrée est la plus ingénieuse et comment éviter de se faire repérer, les personnages inoffensifs pouvant parfois enclencher une alarme ou directement alerter les autres. Chaque PNJ a une zone circulaire d’une certaine largeur correspondant à leur capacité auditive : si on marche trop près d’un garde, il entend nos pas et vient vers nous, c’est pourquoi le maintien de la touche L2 permet de marcher sans bruit. L’inventaire est toujours composé d’un revolver à cinq coups, d’une lampe de poche utile dans les lieux sombres, ainsi que d’un briquet et d’un paquet de cigarettes qui, combinés entre eux, permettent de sauvegarder à tout moment en une poignée de secondes ; il s’étoffe ensuite d’armes blanches, de clés, d’autres moyens d’éclairage et de nombreux documents comme des photos glauques et des textes constituant des preuves d’incrimination et des indices pour trouver notre prochaine cible.
Si la prise en main peut s’avérer difficile avec la jouabilité datée et le menu qui devient vite fouillis avec l’accumulation des objets, le jeu devient succulent dès lors que l’on maîtrise les commandes et qu’on se plaît à avancer dans ces lieux sombres truffés de pièges mortels et de psychopathes en tout genre, la sauvegarde illimitée étant d’autant plus pratique qu’on est souvent amené à mourir. Les ennemis étant difficiles à esquiver, il est souvent préférable d’en venir à bout mais les munitions sont très limitées et tirer s’avère être très brillant. Parvenir à les assommer par derrière grâce à une arme blanche est une solution non négligeable mais les frapper sur le côté a le simple effet de leur faire subir quelques dégâts, il faut donc anticiper leurs déplacements et être très précis, leur surbrillance en jaune indiquant qu’on peut les assommer, à l’inverse du rouge. Les blessures sont comiquement représentées par une partie du personnage arrachée avec du rouge bien cru à la place, voire par du sang qui coagule pour imiter un saignement lorsqu’on a pris beaucoup de dégâts. L’IA très basique est clairement un des points faibles du jeu, tout comme les combats à l’arme blanche ou au poing deviennent vite impossibles, mais 2Dark se rattrape par ses astuces d’infiltration et ses combats de boss à l’arme à feu et avec l’utilisation du décor, comme des trous ou des barrières électriques.
Le level design est ingénieux avec ses extérieurs, ses couloirs et ses pièces à explorer à la recherche d’enfants et d’indices. Les dialogues des PNJ sont écrits au fur et à mesure, avec un langage souvent grossier et décalé qui convient parfaitement à leur identité malsaine. Dès qu’on trouve un enfant, on peut lui demander de nous suivre ou au contraire de s’arrêter, sachant que plusieurs peuvent le faire à la fois ; on peut également le porter pour l’amener à la sortie, l’objectif étant de tous les sauver ainsi que de trouver tous les indices avant de repartir. Non sans rappeler d’autres survivals horror en deux dimensions comme Lone survivor et Claire, 2Dark est une grande réussite dans le genre rétro, notamment grâce à son ambiance et à son univers de folie !